Hidai Zilberman, nouveau porte-parole de Tsahal
Rechercher

Hidai Zilberman, nouveau porte-parole de Tsahal

La cérémonie a été reportée en raison des craintes des représailles du Hezbollah ; le candidat précédent s'était retiré à la suite de son rôle dans une enquête pour corruption

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de brigade Hidai Zilberman, porte-parole entrant, lors d'une cérémonie pour son successeur et homologue Ronen Manelis, le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)
Le général de brigade Hidai Zilberman, porte-parole entrant, lors d'une cérémonie pour son successeur et homologue Ronen Manelis, le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)

Le général de brigade Hidai Zilberman est devenu dimanche le nouveau porte-parole de l’armée israélienne et succède à Ronen Manelis, qui a été en poste pendant plus de deux ans.

Zilberman devait succéder à Manelis au début du mois, mais la promotion a été reportée au 31 août, par crainte des attaques de représailles par le groupe du Hezbollah.

La cérémonie a eu lieu dans la base militaire Aviv, au nord de Tel Aviv, qui abritera prochainement l’unité du porte-parolat de l’armée israélienne. Elle a été présidée par le chef des Opérations de Tsahal, le général de division Aharon Haliva.

Zilberman, qui travaillait auparavant dans le Directorat de la planification, a été désigné porte-parole en juin, après que le précédent candidat, Gil Messing, a refusé la nomination sur fond de controverse sur son rôle auprès de la police dans une enquête pour corruption visant le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman en 2015.

Au-delà de son jeune âge et de son manque relatif d’expérience militaire, Gil Messing, qui est proche du chef d’état-major, le général Aviv Kochavi, était déjà un choix polémique pour ce poste, car il avait un passé politique, ayant travaillé comme porte-parole de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, pendant plusieurs années. En général, l’armée cherche à éviter le moindre soupçon de prise de position politique.

Le général de brigade Hidai Zilberman, à gauche, serre la main du chef de l’unité des Opérations de l’armée, le général de division Aharon Haliva lors d’une cérémonie le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)

Zilberman, un militaire de carrière, était un choix plus conventionnel pour ce poste.

Messing n’était pas un suspect de l’affaire et n’a été accusé d’aucun délit. Lors de l’enquête, il a enregistré un ami et collègue, Moshe Ronen, suspect dans l’affaire, ce qui a conduit à sa condamnation. Il a déclaré avoir travaillé au nom de la police par sens du devoir civique. Le bureau du procureur d’État a déclaré que son aide dans l’affaire « mérite d’être appréciée ».

Pourtant, quand le journal Haaretz a fait état de sa responsabilité, jusqu’alors inconnu dans l’affaire de corruption, sa nomination déjà polémique pour le poste très sensible et important a rapidement été remise en question.

Le 12 mai, Messing a envoyé une lettre à Kochavi pour l’informer qu’il ne souhaitait plus être candidat au poste de porte-parole afin que son histoire personnelle ne « soit pas utilisée comme un outil de pression contre le chef d’état-major ou Tsahal ».

Le général de brigade Ronen Manelis porte-parole sortant, s’exprime lors de la cérémonie où le général de brigade Hidai Zilberman lui succède, le 15 septembre 2019. (ICrédit : armée israélienne)

Manelis, qui était assistant de l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot, est devenu porte-parole de l’armée en mai 2017.

Son mandat a été marqué par les émeutes hebdomadaires de la marche du retour le long de barrière avec Gaza, qui ont commencé en mars 2018. Des dizaines de milliers de Palestiniens prennent part à ces affrontements contre les troupes israéliennes.

Plus de 200 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et des dizaines d’autres ont été blessés. L’armée israélienne a été vivement critiquée à l’international pour ce qui a été perçu comme un usage abusif de la force contre des manifestants non armés. Manelis, qui était chargé de défendre le point de vue israélien dans le monde, a été critiqué par les responsables politiques israéliens et les commentateurs pour n’avoir pas obtenu suffisamment de soutien international pour les actions de l’armée israélienne. Le porte-parole a toutefois été défendu par de nombreux responsables politiques, qui jugent que ses efforts ont porté leurs fruits au regard de la complexité de la situation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...