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Idit Silman : ma décision de quitter la coalition est définitive

La parlementaire a appelé les autres membres du parti de Bennett à suivre son exemple et à aider à former un gouvernement alternatif "nationaliste sioniste"

Idit Silman, à la tête de la Commission de la Santé, à la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Idit Silman, à la tête de la Commission de la Santé, à la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La députée Idit Silman du parti Yamina a précisé dimanche qu’elle n’avait pas l’intention de revenir sur sa décision dramatique de la semaine dernière de quitter la coalition, une décision qui mettait fin à la majorité très mince du gouvernement à la Knesset, paralysant sa capacité à adopter des lois et le mettant au bord de l’effondrement potentiel.

« Ma décision de quitter la coalition est fondée sur certaines valeurs et elle est donc définitive », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La députée renégate a appelé ses collègues de la coalition et de la faction de droite Yamina dirigée par le Premier ministre Naftali Bennett « à faire entendre la voix de la majorité du public israélien et à établir un gouvernement nationaliste sioniste au sein de cette Knesset. »

Sa déclaration est intervenue un jour après qu’un autre membre de Yamina, le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, a déclaré qu’il espérait que Silman revienne sur sa décision.

La semaine dernière, Silman avait annoncé son départ surprise de la coalition, mais pas de la Knesset, en déclarant que le gouvernement « nuisait » à l’identité juive d’Israël.

Le ministre de la Santé et dirigeant du parti du Meretz de gauche, Nitzan Horowitz, dirige une réunion de faction à la Knesset, le 3 janvier 2021. (Crédit : Yonatan SindelFlash90)

Sa démission est intervenue quelques jours après ses critiques publiques à l’encontre du ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, qui insistait pour que les hôpitaux respectent les règles autorisant l’introduction de hametz – des aliments au levain interdits aux Juifs pratiquants pendant la Pâque juive – dans les établissements.

Ces derniers jours, Horowitz aurait cherché à rencontrer Silman afin de parvenir à un accord sur la question du hametz dans les hôpitaux, selon la chaîne de radio Kan. Toujours selon Kan, le chef du Meretz a précisé dans une lettre adressée à Silman qu’il serait prêt à aller loin pour parvenir à un compromis sur cette question.

Kan a également indiqué que le ministre de la Santé aurait rencontré un haut responsable politique de Yamina et lui aurait dit que son parti Meretz était prêt à faire tout son possible pour que la coalition ne s’effondre pas.

Cependant, les observateurs politiques et Silman elle-même ont déclaré que son départ n’était pas dû à la question du hametz en soi, mais à ce qu’elle représentait – son sentiment que Yamina ne représentait plus ses valeurs fondamentales. Les pressions intenses exercées par la droite sur Silman et sa famille auraient également joué un rôle.

A LIRE : La guerre annuelle du « Hametz » au cœur d’une crise mortelle pour le gouvernement

La défection de Silman a laissé le gouvernement au bord de l’effondrement avec seulement 60 sièges sur 120. Dans l’opposition, il y a 54 parlementaires dirigés par Benjamin Netanyahu et 6 autres parlementaires de la Liste arabe unie, composée principalement de partis arabes, qui sont opposés à Netanyahu. Ainsi, bien que le gouvernement n’ait pas de majorité, une majorité pour le renverser n’est pas évidente dans l’immédiat.

L’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’un rassemblement de droite à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Le leader de la Liste arabe unie a déclaré qu’il ne s’engagerait pas à se joindre à un vote de défiance car cela aiderait Netanyahu dans son objectif de revenir au pouvoir en tant que Premier ministre.

Pour former un nouveau gouvernement au sein de la Knesset actuelle, comme le propose Silman, il faudrait que plusieurs autres membres de Yamina ainsi que d’autres factions de droite de la coalition, telles que Tikva Hadasha, quittent la coalition et rejoignent les partis d’opposition de droite afin d’atteindre la majorité de 61 sièges nécessaire.

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