Il y a urgence sur l’antisémitisme, selon une étude du Congrès juif européen
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Il y a urgence sur l’antisémitisme, selon une étude du Congrès juif européen

Bond de 13 % des incidents "graves et violents" ; La France a enregistré 35 cas de violences mais compte la plus forte hausse tous types d'incidents antisémites confondus

Viatcheslav Moshe Kantor, homme d'affaires et philanthrope russe, en juin 2009. (Crédit : Acvec/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Viatcheslav Moshe Kantor, homme d'affaires et philanthrope russe, en juin 2009. (Crédit : Acvec/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

L’antisémitisme progresse dans des régions d’Amérique du nord et d’Europe où les Juifs se sentaient pourtant protégés, selon un rapport publié mercredi par le Congrès juif européen qui avertit d’un « sentiment croissant d’urgence ».

Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, sonne l’alarme dans ce rapport annuel du Centre Kantor qui se fonde sur des statistiques officielles.

L’étude sort quatre jours après une fusillade dans une synagogue aux Etats-Unis près de San Diego (sud-ouest) qui a fait un mort, Lori Gilbert-Kaye et trois blessés, dont une enfant israélienne, et six mois après la mort de 11 personnes dans une attaque similaire à Pittsburgh (est).

« En 2018, nous avons assisté au plus grand nombre de juifs tués en un an (13) depuis des décennies » dans des attentats antisémites, affirme M. Kantor qui déplore également un bond de 13 % des incidents « graves et violents ».

L’augmentation de la violence antisémite, des menaces et du harcèlement a été relevée par de multiples études, notamment de l’Agence européenne des droits fondamentaux et de l’Anti-Defamation League (ADL) américaine.

Le rapport combine leurs chiffres avec des témoignages d’experts issus de la recherche et de responsables de communautés. Il dépeint une situation alarmante.

« L’antisémitisme n’est plus limité à l’extrême gauche, l’extrême droite et aux islamistes radicaux, il se répand et est souvent accepté par la société civile », explique Moshe Kantor.

« Il représente un danger clair non seulement pour les juifs mais pour la société toute entière », met-il en garde, dans un texte préparé pour un discours donné mercredi à l’Université de Tel Aviv.

Selon le rapport, les Etats-Unis ont enregistré le plus de cas de violences majeures contre les juifs, plus de 100, suivis par le Royaume-Uni (68).

La France a enregistré 35 cas de violences mais compte la plus forte hausse tous types d’incidents antisémites confondus, y compris des menaces non suivies de violences et du harcèlement.

En Allemagne, 35 cas d’incidents violents ont été rapportés en 2018, soit une hausse de 70% depuis 2017.

« Le développement le plus perturbant, qui se poursuit et s’intensifie depuis 2016, est que les juifs dans certains pays se sentent comme dans un état d’urgence, à cause de la hausse continue, plus particulièrement en Europe de l’ouest et en Amérique du nord, des manifestations antisémites », indique le rapport.

« En conséquence, les juifs ont commencé à questionner et à douter de leur association avec des lieux et des sociétés dans lesquels ils vivent depuis longtemps, parfois des siècles », poursuit-il.

Malgré tout, le Centre Kantor note certains progrès. Les gouvernements européens, selon lui, prennent de plus en plus le problème au sérieux et arrêtent des mesures.

Et le nombre de pays ayant adopté la définition de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste est en hausse.

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