Immunité de groupe d’ici Pessah ? La vaccination israélienne démarre fort
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Immunité de groupe d’ici Pessah ? La vaccination israélienne démarre fort

Israël a réussi en seulement trois jours à vacciner en termes de pourcentage plus d'individus que la Grande-Bretagne n'en a vacciné en deux semaines

Yuli Edelstein applaudit alors qu'un homme est vacciné dans un centre de soins pour personnes âgées à Shaarei Tikva, le 22 décembre 2020. (Ministère de la Santé)
Yuli Edelstein applaudit alors qu'un homme est vacciné dans un centre de soins pour personnes âgées à Shaarei Tikva, le 22 décembre 2020. (Ministère de la Santé)

La campagne de vaccination en Israël a démarré sur les chapeaux de roue et la population israélienne est déjà davantage vaccinée que la population britannique, premier pays occidental à demander à ses citoyens de se faire vacciner.

Israël a administré 71 876 doses entre dimanche et mardi, selon le ministère de la Santé, ce qui correspond à 0,77 % de la population.

Le Royaume-Uni vient de franchir le cap des 500 000 vaccinations, soit 0,74 % de la population, ce qui signifie qu’il a fallu environ deux semaines aux médecins et aux infirmières pour atteindre le même niveau de vaccination qu’Israël a réussi à obtenir depuis dimanche.

Des chercheurs de l’université d’Oxford, travaillant avec Our World In Data, ont calculé les chiffres et publié un graphique qui place Israël en deuxième position dans le classement mondial des vaccinations.

Les statistiques – qui ne comptabilisent que la première des deux doses nécessaires à la protection – sont publiées alors que la communauté sanitaire israélienne jongle avec des émotions mitigées liées à la pandémie. La hausse des niveaux d’infection, qui vient de déclencher un nouveau confinement, suscite des inquiétudes, parallèlement à une vague d’optimisme quant à la vaccination.

Un homme hospitalisé à l’hôpital Shaare Zedek pour cause de coronavirus reçoit la visite de ses deux filles à Jérusalem, le 17 décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Pessa’h est dans presque trois mois et demi et je suis convaincu que nous pourrons célébrer le Seder avec nos familles grâce au vaccin », a déclaré Jonathan Halevy, président du centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, lors d’un point de presse cette semaine.

Le directeur général de l’hôpital Shaare Tzedek, Jonathan Halevy, à la Cour suprême de Jérusalem, le 28 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Avant la mi-avril, une masse importante de la population israélienne sera vaccinée, ce qui conduira à une immunité collective », a-t-il prédit.

La dernière fête de Pessah a été célébrée sous haute surveillance et il a été interdit aux gens de se regrouper en famille – ce que de nombreux Israéliens ont considéré comme le moment le plus critique de la pandémie sur le plan psychologique.

Après la Grande-Bretagne et Israël viennent les Etats-Unis, qui ont commencé à vacciner lundi, touchant 0,19 % de la population.

La Russie a vacciné environ 0,14 % de sa population. Les deux seuls autres pays à figurer au classement, la Chine et le Canada, ont respectivement injecté des vaccins à 0,07 % et 0,06 % de leur population.

Israël a pris un bon départ malgré le fait que les infirmières ne travaillent pas encore à plein régime. Jusqu’à présent, elles ont administré 30 000 vaccins, soit une moyenne de 10 000 par jour, mais elles espèrent atteindre l’objectif de 60 000 vaccins par jour à partir de la semaine prochaine.

« Nous commençons très bien, et nous avons effectué 2 000 injections en seulement 24 heures dans deux cliniques de Jérusalem », a déclaré mercredi une porte-parole de la caisse de santé Clalit au Times of Israël. « C’est très prometteur étant donné que nous allons ouvrir beaucoup plus d’installations dans les prochains jours. »

Eran Segal. (Autorisation)

L’expert en statistiques sur les coronavirus, Eran Segal, s’est montré optimiste.

« Nous venons de commencer et nous sommes déjà en seconde position dans le monde », a-t-il noté dans un tweet, en précisant que tout le groupe à risque âgé de plus de 60 ans, qui compte environ 1,4 million de personnes en Israël, pourrait recevoir les premières injections dans les trois prochaines semaines.

Mais s’il est estimé qu’Israël a assez de vaccins – ou qu’il en aura bientôt – pour les personnes âgées et à risque, ainsi que pour les travailleurs de la santé et les personnes immunodéprimées, il y a encore des interrogations concernant l’approvisionnement.

Israël devrait disposer de suffisamment de vaccins pour l’ensemble de la population, mais les calendriers de livraison sont incertains, ce qui, entre autres facteurs, conduit certains experts à mettre en garde contre la lenteur du déploiement des vaccins. L’éminent épidémiologiste Michael Edelstein a insisté, dans une récente interview au Times of Israël, sur le fait que même un an après l’arrivée des premiers vaccins COVID-19 en Israël, tous les citoyens seront « loin d’être immunisés ».

Mais d’autres affirment qu’ils s’attendent à ce que les entreprises livrent rapidement, et que les Israéliens pourraient être en mesure de se débarrasser des masques et d’alléger les restrictions de distanciation sociale dans quelques mois, grâce à la vaccination en cours. Selon Halevy, cela dépendra de la capacité des personnes vaccinées, qui ont très peu de chances de contracter la maladie, à la propager. Il s’attend à ce qu’on lui confirme bientôt qu’elles ne le pourront pas, et a déclaré que, dans ce cas, un grand mouvement vers la normalité était à l’horizon.

« Les pessimistes parmi nous parlent de 2022 », a-t-il dit. « Je ne suis pas si pessimiste et ma prévision est que, durant la première moitié de 2021, nous pourrons assouplir les règles de distanciation sociale. »

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