Incertitudes et confusion avec la rentrée de 250 000 élèves ultra-orthodoxes
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Incertitudes et confusion avec la rentrée de 250 000 élèves ultra-orthodoxes

Les directeurs des établissements disent ne pas savoir si les enfants seront testés à la COVID dans le cadre du programme-pilote ; le ministère accepte les vaccins extra-scolaires

Des enfants Haredim de l'école ultra-orthodoxe Bnei Moshe Kretchnif portent des masques dans leur école de la ville de Rehovot, le 24 mai 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)
Des enfants Haredim de l'école ultra-orthodoxe Bnei Moshe Kretchnif portent des masques dans leur école de la ville de Rehovot, le 24 mai 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Plus de 250 000 petits Israéliens sont retournés lundi à l’école avec la rentrée scolaire des établissements ultra-orthodoxes, après les vacances d’été, dans un contexte d’incertitude et de confusion concernant les règles en termes de dépistage à la COVID pour les élèves.

Tandis que la majorité des écoles israéliennes rouvriront leurs portes le 1er septembre, les établissements, dans le secteur haredi, commencent habituellement l’année dès le début du mois juif d’Eloul, un mois avant le début des Grandes fêtes.

Dimanche, le Premier ministre Naftali Bennett a donné son approbation à un plan préparé par les ministères de l’Éducation, de la Santé, de la Défense et par le bureau du Premier ministre pour le lancement de la rentrée scolaire le mois prochain, dans l’ombre de l’épidémie de coronavirus.

Selon le plan, les 1,6 million d’enfants fréquentant les crèches et les élèves des classes de CP et jusqu’à la Sixième devront se soumettre à un test sérologique pour dépister la présence éventuelle d’anticorps à la COVID-19.

De plus, les familles des 1,9 millions d’enfants fréquentant les crèches et jusqu’à la Troisième vont recevoir un kit de dépistage rapide au coronavirus chez elles, dans les 48 heures qui précèderont le début de l’année scolaire, et ils devront tester leurs enfants avant leur entrée en classe.

Un programme-pilote de dépistage devait commencer dans plusieurs villes haredim, lundi, avant d’être étendu au reste du territoire en amont du 1er septembre.

Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre des responsables à son bureau de Jérusalem pour évoquer les plans de réouverture des écoles, le 25 juillet 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Mais tandis que les villes d’Elad, de Bnei Brak, de Modiin Illit et de Beit Shemesh devaient prendre part au pilote, plusieurs directeurs d’écoles de ces municipalités ont confié à la station de radio Kan qu’ils n’avaient pas reçu d’information sur le sujet.

« J’ai lu ça dans la presse. Je n’ai reçu aucune instruction supplémentaire depuis. Personne ne nous a parlé », a déclaré Yaron Fuchs, principal de l’école Darchei Noam à Beit Shemesh, au micro de Kan.

Et quelques heures seulement avant la rentrée des élèves, certains n’étaient même pas sûrs de pouvoir ouvrir leurs établissements dans le cadre de cette confusion entraînée, selon eux, par le plan gouvernemental. D’autres ont indiqué ignorer si le port du masque était requis dans les classes.

« Il n’y a pas de procédure exigeant le port du masque pendant les cours et ce port sera donc une mesure de bonne volonté. Ceux qui ne veulent pas porter le masque – nous n’aurons aucune capacité de le leur imposer », a dit Fuchs.

En fait, le port du masque est à nouveau obligatoire dans tous les espaces clos depuis le mois de juin.

La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, avait suscité la controverse lorsqu’elle avait qualifié l’idée de vacciner les enfants dans les écoles de « crime ». Et pourtant, le directeur-général de son ministère, Yigal Slovik, a expliqué lundi que les injections pourraient être faites dans les écoles mais pas pendant les heures de cours.

« Nous sommes favorables au vaccin et nous autoriserons les vaccins dans les écoles, nous n’avons aucun problème avec ça », a-t-il dit au micro de la station Radio 103. « Mais ce n’est pas une bonne chose de s’engager dans une campagne de vaccination pendant les heures de cours après une année très difficile aux niveaux émotionnel, social et pédagogique ».

« Ceux qui demanderont que les écoles soient utilisées de manière à ce que les gens puissent se faire vacciner auront la permission de le faire. Mais le rôle des directeurs et des enseignants est d’éduquer, pas de vacciner », a continué Slovik.

Dimanche, le ministre de la Santé Nachman a déclaré qu’il était « impossible de dire avec certitude » si la rentrée scolaire aurait bien lieu comme prévu au 1er septembre, laissant entendre qu’un confinement pourrait être appliqué pendant les Grandes fêtes qui couvrent une grande partie de ce mois.

Mais alors qu’il s’exprimait au micro de Kan, lundi matin, Ran Balicer, président du panel d’experts national sur la COVID-19, a indiqué que sur la base des données actuelles, « je ne vois aucune raison de ne pas lancer l’année scolaire. Je ne pense pas que nous apprendrons quoi que ce soit de nouveau, ce mois-ci. Nous voulons faire tout ce qui est possible pour éviter les dégâts potentiels qui pourraient être entraînés par la perturbation du programme scolaire ».

Le professeur Ran Balicer, responsable de l’innovation chez Clalit, le plus grand kupat holim d’Israël, à Tel Aviv, le 10 juin 2020. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

Depuis dimanche, les regroupements de toute taille, qu’ils soient organisés en espace clos ou à l’extérieur, sont limités aux seules personnes vaccinées, en rémission de coronavirus ou présentant un test négatif. Tandis que le plan, à l’origine, comprenait les synagogues et autres lieux de culte, les regroupements de moins de 50 personnes sont dorénavant dispensés de restriction concernant les offices de prière.

Lundi matin, il y avait 31 393 cas actifs de coronavirus dans le pays en Israël avec 618 personnes hospitalisées. 360 sont dans un état grave et 57 sont placées sous respirateur.

3 772 personnes ont été dépistées positives à la COVID-19, samedi, avec un taux de positivité de 3,87 % – ce qui amène le nombre total de cas depuis l’apparition de l’épidémie dans le pays à 902 148 personnes.

Le bilan des personnes décédées des suites du coronavirus est dorénavant de 6 542. Sept personnes ont succombé dimanche à une forme grave de la maladie.

Le ministère de la Santé a ajouté que plus de 5,8 millions de personnes, au sein de l’État juif, avaient reçu une première dose de vaccin au moins, que 5,4 millions de personnes avaient terminé leur parcours vaccinal et 420 000 personnes avaient d’ores et déjà bénéficié d’une piqûre de rappel. La population israélienne est constituée de 9,3 millions de personnes.

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