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Iquioussen compte sur la Belgique pour résister aux « pressions » de Paris – avocate

Mis en cause pour des propos jugés "contraires aux valeurs de la République", cet imam est sous le coup d'un arrêté d'expulsion signé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin

Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’imam marocain Hassan Iquioussen, arrêté vendredi en Belgique en vertu d’un mandat d’arrêt européen (MAE) émis par Paris, compte sur la justice belge pour résister « aux pressions » de la France, qui réclame sa remise afin de pouvoir l’expulser, a indiqué lundi son avocate à l’AFP.

« Hassan Iquioussen fait confiance en la justice belge pour ne pas céder aux pressions d’un exécutif français avide d’un trophée médiatique pour servir un agenda législatif funeste », écrit son conseil, Me Lucie Simon, dans un communiqué.

Mis en cause pour des propos jugés « contraires aux valeurs de la République », cet imam du Nord est sous le coup d’un arrêté d’expulsion signé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Il était introuvable en France au moment où cet arrêté, qu’il avait contesté devant la justice, avait été définitivement validé par le Conseil d’Etat le 31 août.

Les autorités françaises avaient alors émis un MAE à son encontre pour « soustraction à une mesure d’éloignement ».

Son avocate conteste la validité ce MAE, l’infraction le justifiant n’étant selon elle pas caractérisée, son client ayant de lui-même quitté le territoire français.

En outre, son départ, a, selon elle, eu lieu avant que le Conseil d’Etat ne valide l’arrêté d’expulsion, à un moment où cette décision « était suspendue » et où aucune mesure d’éloignement ne pouvait donc « lui être opposée ».

« En définitive, Hassan Iquioussen a respecté purement et simplement la loi française en quittant l’Hexagone pour la Wallonie », écrit-elle, regrettant « un dédain inquiétant de l’exécutif » pour les « normes juridiques ».

La justice belge devrait statuer dans les prochains jours sur l’exécution du MAE, en examinant notamment si l’infraction poursuivie en France possède un équivalent en Belgique.

La question « du respect des droits fondamentaux de l’imam en cas de retour en France » se posera également, prévient Me Simon, « dans un contexte de politique spectacle indigne de notre Etat de droit ».

La procédure de remise à la France pourrait prendre plusieurs semaines.

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin enlève son masque facial après avoir participé à la réunion hebdomadaire du cabinet à l’Elysée Présidentiel à Paris, le 15 septembre 2021. (Crédit : Thomas COEX / AFP)

Gérald Darmanin avait annoncé fin juillet l’expulsion de ce prédicateur, fiché S (pour sûreté de l’Etat) par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), depuis 18 mois, selon lui.

L’arrêté lui reprochait « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraires aux valeurs de la République ».

L’homme né en France et de nationalité marocaine, a été placé en détention vendredi soir à Tournai après qu’un juge d’instruction saisi par le parquet de Mons lui a signifié le mandat d’arrêt.

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