Iran : 8 soufis détenus en grève de la faim pour dénoncer des tortures
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Iran : 8 soufis détenus en grève de la faim pour dénoncer des tortures

Plus de 300 personnes ont été arrêtées durant les affrontements de février dernier

Une vue de Téhéran (Crédit : CC BY Kamyar Adl/Flickr)
Une vue de Téhéran (Crédit : CC BY Kamyar Adl/Flickr)

Huit membres d’une confrérie soufie détenus en Iran sont en grève de la faim, dénonçant des actes de torture qu’ils auraient subis en prison après des manifestations ayant coûté la vie à des policiers, a indiqué vendredi Amnesty International.

« L’un de ces hommes, Abbas Dehghan, aurait été menacé de voir sa femme violée devant lui s’il n’avouait pas », a affirmé l’organisation de défense des droits de l’homme dans un communiqué.

Selon Amnesty, les huit grévistes de la faim ont besoin de soins médicaux pour des blessures liées à leur arrestation lors d’affrontements avec les forces de l’ordre le 19 février.

Les violences avaient éclaté à l’occasion d’une manifestation de derviches de la confrérie Gonabadi pour protester contre l’arrestation de plusieurs de leurs coreligionnaires et la rumeur selon laquelle leur chef allait être arrêté.

L’un des hommes de la confrérie a été condamné à mort pour avoir tué trois policiers en les renversant avec un autobus.

Deux « bassidji » – membres d’une milice islamique chargée d’un certain nombre de tâches liées au maintien de l’ordre – avaient également été tués lors de ces heurts.

Les huit hommes en grève de la faim sont emprisonnés dans le centre de détention de Chapour à Téhéran, a indiqué Amnesty, évoquant un lieu tristement « célèbre en raison des +confessions » extorquées sous la torture ».

L’organisation cite diverses méthodes de torture, comme les coups de pieds, de poing ou de fouet, différentes formes de supplices, dont celui connu comme le « kebab au poulet » où la personne est suspendue à un poteau, les bras pliés vers l’arrière et attachés aux chevilles, puis flagellée.

Plus de 300 personnes ont été arrêtées durant les affrontements de février.

Selon Amnesty, certaines familles n’ont pas de nouvelles de leurs proches, et les détenus n’ont pas eu accès à des avocats avant la fin de leur interrogatoire.

Au moins 20 membres de la confrérie Gonabadi ont été inculpés à ce jour, affirme l’ONG.

Amnesty précise aussi qu’un des manifestants arrêté avait succombé à une blessure à la tête, contractée pendant les affrontements selon la police. Sa famille affirme qu’elle a été informée seulement deux semaines après sa mort.

Apparue au XIXe siècle, la confrérie Gonabadi est l’un des ordres soufis les plus importants d’Iran. Ses adeptes se plaignent régulièrement d’être harcelés par le pouvoir et de faire l’objet de discriminations de la part de la République islamique.

Voie mystique dans l’islam, le soufisme est toléré en Iran, mais est perçu comme une « déviance » par nombre de membres conservateurs du clergé chiite.

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