Iran: Une Australienne révèle comment elle a été utilisée pour piéger son mari
Rechercher

Iran: Une Australienne révèle comment elle a été utilisée pour piéger son mari

Dans une lettre écrite en 2019, Kylie Moore-Gilbert, emprisonnée, avait raconté au Premier ministre australien le "complot diabolique" de Téhéran pour piéger son époux israélien

Kylie Moore-Gilbert (Capture d'écran YouTube)
Kylie Moore-Gilbert (Capture d'écran YouTube)

Les Gardiens de la révolution iraniens ont utilisé une universitaire britannico-australienne pour tenter de faire venir son mari israélien à Téhéran, a fait savoir dimanche l‘Australian Herald Sun.

Lorsque les autorités iraniennes avaient découvert que Kylie Moore-Gilbert était mariée à un Israélien, elles avaient décidé de l’arrêter à l’aéroport de Téhéran, en 2018, alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays après avoir participé à une conférence. Elle avait été condamnée à dix années d’emprisonnement pour espionnage.

Dans un courrier écrit par Moore-Gilbert au Premier ministre australien – une lettre qui avait été sortie clandestinement de la prison d’Evin, en Iran, à la fin de l’année 2019 – l’universitaire avait révélé comment les Gardiens de la révolution islamique avaient tenté, à l’époque, d’attirer dans un piège son mari, Ruslan Dodorov, à la double nationalité russe et israélienne, a noté l’Australian Herald Sun.

« Les Gardiens de la révolution m’ont emprisonnée dans ces conditions terribles pendant plus de neuf mois pour m’extorquer personnellement, et faire chanter mon gouvernement », avait écrit Moore-Gilbert au Premier ministre Scott Morrison.

L’universitaire britanno-australienne Kylie Moore-Gilbert est vue à Téhéran, en Iran. (Télévision d’État iranienne via AP)

« On a essayé également de m’utiliser comme otage dans un complot diabolique visant à tromper mon mari, un résident permanent australien, pour qu’il me rejoigne dans une prison iranienne », a-t-elle ajouté.

Moore-Gilbert a été libérée au mois de décembre 2020 après avoir passé 804 jours derrière les barreaux pour espionnage. Cette libération aurait eu lieu en échange de celle de trois ressortissants iraniens qui étaient emprisonnés en Thaïlande.

Selon Fairfax Media, le gouvernement australien aurait tenu un rôle crucial, en coulisses, pour faire venir la Thaïlande à la table de négociations et pour mettre en place cet échange de détenus.

Des passagers – parmi lesquels l’universitaire britannico-australienne Kylie Moore-Gilbert – débarquent d’un avion du gouvernement australien après leur arrivée à l’aéroport de Canberra, en Australie, le 27 novembre 2020. (Crédit :Lukas Coch/AAP Image via AP)

Fairfax a cité des sources gouvernementales non-identifiées en Australie qui auraient dit que ces négociations par moment délicates auraient duré six mois.

A Bangkok, les responsables thaïs avaient indiqué qu’ils avaient transféré à Téhéran trois Iraniens impliqués dans une tentative d’attentat à la bombe manquée en 2012. S’ils s’étaient refusé à évoquer un échange de prisonniers et que l’Iran avait déclaré que les trois individus étaient des « activistes économiques », l’accord avait entraîné la libération de Moore-Gilbert et lors de leur retour au sein de la république islamique, les trois hommes – qui étaient liés à la préparation d’un attentat à la bombe plus important qui aurait pris pour cible des diplomates israéliens – avaient été accueillis en héros.

Moore-Gilbert avait épousé Hodorov en 2017. Elle a demandé le divorce depuis son retour en Australie parce qu’il l’aurait trompée avec l’une de ses collègues, a indiqué le Herald Sun.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...