Israël à Biden : attention aux critiques de l’Égypte et de l’Arabie saoudite
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Israël à Biden : attention aux critiques de l’Égypte et de l’Arabie saoudite

Jérusalem craint que le fait de pointer du doigt Sissi et MBS pour des violations des droits de l'Homme n'envoie leurs pays dans les bras de l'Iran, de la Chine et de la Russie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, à droite, rencontre le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman au Caire, en Égypte, le 4 mars 2018. (Mohammed Samaha/Agence de presse de l'État égyptien, MENA via AP/File)
Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, à droite, rencontre le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman au Caire, en Égypte, le 4 mars 2018. (Mohammed Samaha/Agence de presse de l'État égyptien, MENA via AP/File)

NEW YORK – Les responsables israéliens ont à plusieurs reprises mis en garde leurs homologues de l’administration Biden contre le fait de trop critiquer les gouvernements saoudien et égyptien. Ils craignent qu’une telle critique ne conduise Ryad et Le Caire à se tourner vers des pays comme l’Iran, la Chine et la Russie pour obtenir un soutien, a déclaré une source familière avec la question au Times of Israel mercredi.

M. Biden est entré en fonctions en promettant de mettre l’accent sur les droits de l’Homme dans l’élaboration de sa politique étrangère, avertissant que des pays comme l’Arabie saoudite et l’Égypte devraient se réformer s’ils voulaient maintenir leurs relations de longue date avec les États-Unis.

Mais cette approche inquiète Jérusalem, qui estime qu’elle pourrait aliéner le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammad bin Salman, et le président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi, et les inciter à chercher du soutien ailleurs, notamment en Iran, mais aussi auprès des adversaires des États-Unis, la Chine et la Russie. Ces préoccupations ont été transmises aux responsables de l’administration à de multiples occasions, a déclaré la source, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat.

Toutefois, la question n’a pas été soulevée lors de la rencontre entre Biden et le Premier ministre Naftali Bennett la semaine dernière, a appris le Times of Israel.

La source a exprimé sa satisfaction quant au fait que, si l’administration Biden a maintenu sa rhétorique en faveur du respect des droits de l’Homme à l’étranger, elle a « jusqu’à présent évité de bouleverser complètement les relations américaines avec [Le Caire et Ryad] ».

Israël considère l’Arabie saoudite et l’Égypte comme faisant partie d’un axe plus modéré de pays arabes dans la région, avec lequel il cherche à coopérer contre l’Iran, et il a été signalé dans le passé qu’il faisait pression sur les États-Unis en faveur d’une aide économique pour les deux pays.

Israël et l’Égypte ont signé un traité de paix en 1979, mettant fin à des décennies de conflit et établissant des relations diplomatiques complètes. Ces dernières années, les deux pays ont coopéré étroitement en matière de sécurité, principalement autour de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï.

L’Arabie saoudite, quant à elle, s’est rapprochée d’Israël dans le cadre des efforts déployés par les deux pays pour contrecarrer les aspirations régionales de l’Iran ; toutefois, elle a jusqu’à présent résisté à l’établissement de liens diplomatiques avec l’État juif.

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