Israël agira partout où ce sera nécessaire contre l’Iran, dit Benny Gantz
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Israël agira partout où ce sera nécessaire contre l’Iran, dit Benny Gantz

Dans un entretien télévisé, le ministre de la Défense a averti qu'il pouvait y avoir encore un conflit à Gaza et il a offert de venir en aide au Liban

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz (au centre) et le chef d'État-major Aviv Kohavi (à gauche) inaugurent un monument en mémoire des soldats de l'armée du sud-Liban tombés au combat, à Metulla, le 4 juillet 2021. (Crédit :  Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (au centre) et le chef d'État-major Aviv Kohavi (à gauche) inaugurent un monument en mémoire des soldats de l'armée du sud-Liban tombés au combat, à Metulla, le 4 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué dimanche qu’Israël agira quand et partout où ce sera nécessaire de manière à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, quelques jours après une frappe présumée de l’Iran contre un cargo appartenant à une compagnie israélienne – un acte apparent de représailles suite à une attaque qui avait pris pour cible une usine nucléaire de la république islamique, le mois dernier.

« Nous sommes en conflit avec l’Iran. Nous devons nous défendre. Nous sommes déterminés à empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire et nous sommes également déterminés à mettre un terme au comportement et aux activités négatives de l’Iran dans notre région. Les Iraniens savent très bien que nous saurons comment nous y prendre », a déclaré Gantz lors d’un entretien accordé à la Treizième chaîne.

Dimanche, dans la matinée, le Premier ministre Naftali Bennett aurait convoqué une réunion de haut-niveau en présence de responsables de la diplomatie et de la défense concernant l’Iran, son programme nucléaire et les négociations en cours entre Téhéran et Washington sur une réintégration des deux parties dans l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015 – connu sous le nom de JCPOA – une perspective à laquelle Israël s’oppose avec force. En 2018, le président américain Donald Trump avait abrogé l’accord, imposant de fortes sanctions à la République islamique. L’Iran a suivi l’exemple américain, un an après, procédant à un enrichissement de son uranium bien plus important et à un degré de pureté nettement supérieur que ce que le pacte autorisait.

Selon le site d’information Walla, les personnes présentes – Bennett, Gantz, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et les chefs du Conseil de sécurité nationale, de l’armée ou du Mossad, aux côtés d’autres hauts responsables – ont surtout tenté d’en savoir davantage sur les négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran, s’interrogeant mutuellement.

Même si Washington et Téhéran ont indiqué que les pourparlers avaient progressé, un certain nombre de problèmes ont jusqu’à présent empêché une réintégration dans l’accord des deux parties.

Plus tard dans la soirée, le ministre de la Défense a réaffirmé la détermination d’Israël à agir contre l’Iran au cours d’un discours qui a été prononcé lors d’une cérémonie qui avait été organisée pour l’inauguration d’un monument érigé à la mémoire des soldats tombés au combat appartenant à l’armée du sud-Liban, qui avait combattu aux côtés de Tsahal quand l’État juif avait occupé le sud du Liban, de 1982 à l’an 2000.

« Israël va continuer à agir avec tous les moyens mis à sa disposition pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et pour prévenir ses initiatives visant à réarmer, à s’ancrer ou à nuire à Israël – attaques aériennes, attaques terrestres, terrorisme informatique ou attaques maritimes. Nous passerons à l’action au bon moment et au bon endroit pour nous et nous préserverons notre supériorité militaire pour assurer la stabilité de la région et la sécurité de la région », a continué Gantz.

Samedi, un cargo qui naviguait à destination des Émirats arabes unies aurait été attaqué alors qu’il se trouvait dans l’océan Indien, une attaque qui aurait entraîné un incendie sur le navire. Ce dernier avait appartenu, dans le passé, à un propriétaire israélien mais il avait été revendu depuis à une compagnie maritime britannique. Les responsables israéliens ont attribué cette agression à l’Iran.

Cette attaque semble avoir été commise en représailles à une frappe au drone récente qui avait pris pour cible une usine de fabrication de centrifugeuses, le mois dernier, aux abords de Téhéran.

Dans son discours prononcé pendant l’inauguration du monument, Gantz a fait une rare offre d’assistance au Liban. Le pays est en proie à une crise économique sans précédent et des produits de base – comme le carburant – sont devenus inaccessibles pour de nombreux Libanais.

« Israël a offert d’aider le Liban dans le passé et nous sommes prêts aujourd’hui à travailler avec le pays, à l’aider à croître et à s’extraire de cette crise », a dit Gantz.

Évoquant la bande de Gaza, le ministre de la Défense a mis en garde sur un potentiel conflit susceptible d’éclater au sein de l’enclave palestinienne à n’importe quel moment, malgré les combats qui ont eu lieu au mois de mai contre le Hamas et le Jihad islamique – des raids qu’il a qualifiés de « campagne militaire réussie. »

Les pompiers tentent d’éteindre un incendie dans le sud d’Israël qui a été déclenché par un dispositif incendiaire accroché à un ballon lancé par les Palestiniens dans la bande de Gaza, le 15 juin 2021. (Crédit : Flash90)

« Gaza est un site très sensible. Nous savons qu’un événement tactique peut se détériorer très rapidement », a indiqué Gantz lors de son entretien avec la Treizième chaîne.

« Nous sommes prêts à agir, bien entendu. Nous identifions des dizaines de cibles et nous en avons déjà identifié des centaines. Je ne recommande réellement pas au Hamas de tester les capacités de l’armée israélienne », a-t-il ajouté.

Il y a eu, ces dernières semaines, une reprise des attaques au ballon incendiaire lancées depuis Gaza, qui ont entraîné la destruction de terres privées et publiques dans le sud du pays mais qui n’ont, pour le moment, fait aucun blessé du côté israélien.

Gantz a noté que malgré ces attaques incendiaires, il pensait encore que l’opération militaire Gardien des murs a été un succès car elle a permis de donner un coup significatif aux capacités du Hamas et du Jihad islamique.

« L’opération a atteint son objectif », a affirmé Gantz, qui a ajouté que l’État juif avait frappé « des cibles de haute qualité » en réponse aux attaques au ballon.

Le ministre de la Défense a aussi évoqué un accord récent conclu entre le gouvernement et un groupe d’habitants d’implantation qui avaient établi un avant-poste illégal dans le nord de la Cisjordanie connu sous le nom d’Evyatar au début du mois de mai, pendant le conflit à Gaza – un accord que lui même a approuvé. Sous les termes de l’accord, et en échange d’un départ pacifique des habitants d’implantation, le gouvernement a accepté de ne pas détruire les structures qui y ont été construites et de déterminer si l’avant-poste a été édifié sur des terres appartenant à des Palestiniens ou sur des parcelles appartenant à l’État. Si elles appartiennent à l’État, alors l’avant-poste pourra être approuvé de manière rétroactive.

PHOTO Des habitants israéliens d’implantations marchent avec des drapeaux à l’avant-poste illégal d’Evyatar en Cisjordanie, le 21 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Gantz a expliqué que les habitants d’implantation qui avaient établi sans autorisation Evyatar « ont cyniquement profité de la situation » dans laquelle se trouvait le pays pendant le conflit à Gaza, une période qui a été aussi marquée par d’importantes émeutes dans les villes israéliennes.

« C’est un endroit illégal et ils savaient très bien qu’ils devraient partir ou être évacués. Je suis heureux qu’ils aient décidé de partir », a continué le ministre de la Défense.

L’accord a été âprement critiqué par les politiciens de gauche et par les responsables de la Défense qui ont accusé Gantz d’avoir cédé aux pressions exercées par la droite. Ils ont par ailleurs affirmé que cet arrangement ne ferait qu’encourager les partisans du mouvement pro-implantation à mettre en place des avant-postes supplémentaires de cette façon, en menaçant de s’opposer avec violence aux ordonnances d’expulsion pour obtenir l’approbation rétroactive de constructions non-autorisées en Cisjordanie.

L’accord a aussi été critiqué par la droite parce que le processus qui permettra de déterminer le statut de ces terres prendra probablement des années.

Gantz, pour sa part, a défendu l’accord et son approche politique centriste, de manière plus générale.

« Je suis au milieu de ce gouvernement. Il y a des gens, à ma droite, qui ne sont pas satisfaits. Je le comprends. Il y a des gens, à ma gauche, qui ne sont pas satisfaits. Je le comprends. Je fais ce qui est juste », a-t-il dit à la Treizième chaîne.

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