Israel Chemicals envisage de construire une centrale solaire dans le sud du pays
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Israel Chemicals envisage de construire une centrale solaire dans le sud du pays

La société affirme qu'un site de 5,5 mégawatts pour alimenter Dead Sea Periclase Ltd, fabricant de produits à base de magnésium, fait partie du plan d’amélioration de la durabilité

Dead Sea Periclase Ltd. (Shira Sal Webshat, via Israel Chemicals Ltd)
Dead Sea Periclase Ltd. (Shira Sal Webshat, via Israel Chemicals Ltd)

Dans un geste écologique, Israel Chemicals Ltd, qui exploite des installations parmi les plus polluantes du pays, va construire une centrale solaire de 5,5 MW à Mishor Rotem, une zone industrielle à l’est de Dimona dans le désert du Néguev, dans les mois à venir.

Le projet fait partie d’un plan plus large visant à ajouter des dizaines de mégawatts d’énergie solaire à ses opérations dans le monde entier d’ici 2030, a déclaré la société.

L’usine solaire photovoltaïque d’environ 15 acres (6 hectares), couvrira tous les besoins énergétiques de Dead Sea Periclase Ltd, une usine qui fabrique des produits à base de magnésium sur le site.

La centrale solaire prévue fournira une petite partie de la consommation d’énergie d’ICL : dans le monde entier, ICL a besoin de 300 MW d’énergie à tout moment, dont 200 MW rien qu’en Israël.

L’entreprise mènera une expérience de stockage d’énergie solaire dans des batteries à base de brome, actuellement utilisées pour stocker l’électricité du réseau électrique ordinaire.

Elle prévoit également des installations solaires sur les toits de différents sites de production ainsi que sur les réservoirs d’eau dont il est propriétaire.

Nitzan Moshe, vice-président exécutif des opérations mondiales, a déclaré qu’ICL était résolue à intégrer les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance des entreprises (ESG) dans ses opérations et à rendre les activités de la compagnie aussi durables que possible avant même d’y être obligée par la loi.

« Il y a dix ans, personne ne parlait de durabilité », a-t-il déclaré au Times of Israel. « Mais les gens ont fait le lien entre le COVID-19 et l’environnement, et maintenant, lors de conférences, ils parlent de durabilité tout le temps. »

Dead Sea Works d’Israël Chemicals, quatrième producteur et fournisseur mondial de produits à base de potasse. (Yossi Zamir / Flash90)

ICL, dont les installations se situent principalement dans le sud d’Israël, extrait une gamme de minéraux de la mer Morte et des mines du désert du Néguev, et les traite pour obtenir les produits utilisés dans les engrais et les industries électroniques et de la santé.

À l’échelle mondiale, elle compte 42 sites industriels dans 13 pays et compte quelque 11 000 employés.

L’an dernier, ICL a effectué une transition au gaz naturel pour la plupart de ses installations de production, réduisant ainsi d’un quart ses émissions annuelles mondiales de dioxyde de carbone et équivalents, de 4 millions de tonnes métriques (soit plus de 53 000 camions-citernes d’essence) à un peu plus de 3 millions, avec l’objectif d’atteindre 2,3 millions de tonnes (un peu moins de 31 000 camions-citernes) d’ici 2030.

Le gaz naturel est beaucoup moins polluant que les autres combustibles fossiles, mais semble contribuer tout autant au réchauffement climatique, en raison du processus de production qui libère beaucoup de méthane, un puissant gaz à effet de serre, dans l’atmosphère. L’entreprise n’a pas été en mesure de fournir des détails sur les émissions de méthane.

Selon son rapport sur la responsabilité d’entreprise publié en août, ICL envisage d’augmenter son utilisation des énergies renouvelables de 20 % chaque année.

L’entreprise s’est également fixée comme objectif de réduire ses émissions totales de 45 % d’ici 2030, par rapport à l’année 2008 choisie comme référence (et affirme avoir déjà réduit de 24 % grâce à sa transition au gaz naturel), d’augmenter l’utilisation des énergies renouvelables à l’étranger, de réduire les émissions de processus chimiques, et d’atteindre une meilleure efficacité énergétique.

Autres initiatives en faveur du développement durable, l’entreprise produit des fibres destinées à l’industrie de la viande artificielle végétale et possède une entreprise britannique qui produit des engrais avec des quantités de produits chimiques inférieures à la normale.

ICL, qui appartient à 45,86 à la Israel Corporation, se voit attribuer des permis de polluer par le ministère de la Protection de l’environnement et fait partie des centaines d’entreprises préoccupantes d’Israël, tenues par la loi de faire chaque année un rapport au ministère sur la quantité de dizaines de types différents de gaz émis par ses usines. Sur cette base, le ministère publie une fois par an un registre des émissions industrielles.

Dans le registre 2019 publié en septembre, le ministère de la Protection de l’environnement a classé Rotem Amfert d’ICL, qui exploite des mines de phosphate à ciel ouvert, comme la quatrième entreprise la plus dispendieuse du pays en termes d’impact de sa pollution atmosphérique.

Rotem Amfert Negev. (Capture d’écran)

Il y a trois ans et demi, la même entreprise a causé des dommages environnementaux permanents lorsqu’un bassin de stockage s’est partiellement effondré, envoyant entre 100 000 et 250 000 mètres cubes de liquide acide de phospho-gypse dans l’Ashalim, un ruisseau voisin au lit asséché, détruisant tout dans son sillage et empoisonnant un tiers des bouquetins locaux ainsi que d’autres animaux et plantes.

Sa filiale Dead Sea Periclase Ltd fait également l’objet du plus grand recours collectif de l’histoire d’Israël en termes d’environnement, accusée de pollution des eaux souterraines ainsi que d’une source et d’un ruisseau populaires dans la réserve naturelle d’Ein Bokek près de la mer Morte.

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