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Israël dément avoir frappé une synagogue à Téhéran

Selon les médias d'État iraniens, la synagogue Rafi Niya aurait été endommagée par l'armée israélienne ; le ministère des Affaires étrangères dit enquêter sur l'incident ; pas de réaction immédiate de Tsahal

Des pompiers et des secouristes interviennent sur le site de l'attaque qui, selon un responsable de la sécurité présent sur place, a détruit la moitié d'une synagogue et des immeubles résidentiels voisins à Téhéran, en Iran, le mardi 7 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)
Des pompiers et des secouristes interviennent sur le site de l'attaque qui, selon un responsable de la sécurité présent sur place, a détruit la moitié d'une synagogue et des immeubles résidentiels voisins à Téhéran, en Iran, le mardi 7 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Mardi, les médias iraniens ont rapporté qu’une synagogue située dans le centre de Téhéran avait subi d’importants dégâts suite à ce qu’ils ont déclaré être une attaque menée par des avions de combat israéliens.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé qu’il enquêtait sur cette affaire. L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire. Un responsable israélien a quant à lui affirmé au Times of Israel qu’Israël ne visait pas les synagogues.

De nombreuses sources d’information iraniennes ont fait état de cette frappe présumée sur la synagogue Rafi Niya. Dans un communiqué interne, le ministère israélien des Affaires de la diaspora a mentionné des images prétendument prises sur place montrant des équipes de secours travaillant au milieu de tas de gravats et de décombres, ainsi que des photos de livres religieux éparpillés et d’éléments d’intérieur endommagés. Selon ce communiqué interne, l’affirmation selon laquelle la synagogue a été endommagée est corroborée « par plusieurs sources – qui sont toutes iraniennes ».

L’agence de presse AP, quant à elle, a fait savoir que « des images filmées sur place laissent voir des équipes de secours à l’œuvre et ce qui semble être un livre de textes sacrés hébraïques parmi les décombres ».

Les médias iraniens ont pour leur part assuré qu’Israël s’était « délibérément attaqué » à ce lieu de culte. L’agence de presse officielle IRNA a d’abord laissé entendre que la synagogue avait pu être prise dans le rayon d’action d’une frappe qui visait un bâtiment adjacent, près de Palestine Street. La violence de la déflagration « a entraîné des dégâts considérables dans au moins cinq immeubles résidentiels voisins », a ajouté l’IRNA.

L’agence a toutefois fait valoir que le lieu avait été « pris pour cible par des avions de combat israéliens », et a diffusé des images de ce qu’elle a présenté comme ledit lieu « endommagé par l’ennemi ».

Le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem examine actuellement ces informations, a annoncé un responsable au Times of Israel. L’armée israélienne n’a encore formulé aucun commentaire.

« Israël ne vise pas les synagogues. Affirmer le contraire serait faire preuve de naïveté », a confié un responsable israélien au Times of Israel. Ce responsable s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat. Israël n’a pour l’instant fait aucun commentaire officiel sur cet incident.

Un secouriste près du site d’une frappe qui, selon un responsable iranien de la sécurité présent sur place, a détruit la moitié d’une synagogue et des immeubles résidentiels voisins à Téhéran, en Iran, le 7 avril 2026. Les médias d’État iraniens ont indiqué qu’une synagogue avait été gravement endommagée lors de ce qu’ils ont présenté comme une frappe israélienne. Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré qu’il enquêtait sur cet incident. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Suite à une demande du Times of Israel, le cabinet du Premier ministre a répondu : « L’Iran tire des missiles sur des civils, Israël frappe des infrastructures terroristes. Des missiles contre des civils par opposition à des frappes de précision contre des cibles terroristes. Voilà la différence. »

D’après l’IRNA, c’est une « grande partie » de la synagogue qui a été détruite lors de cette attaque, qui aurait eu lieu vers 4 heures, mardi matin.

D’autres sources, parmi lesquelles le quotidien Shargh et Al Jazeera, ont fait état d’une « destruction totale » du bâtiment, a rapporté un communiqué interne du ministère des Affaires de la diaspora, qui a toutefois fait remarquer que ces informations étaient très probablement diffusées à des fins de propagande.

Homayoun Sameh, représentant de la communauté juive au Parlement iranien et président de l’Association juive de Téhéran, a imputé la responsabilité de l’attaque à Israël lors d’une interview accordée à la presse officielle.

« Hélas, alors que nous célébrions les fêtes juives, Israël nous a pris pour cible, n’épargnant même pas les Juifs d’Iran, et a frappé l’une de nos synagogues les plus anciennes et sacrées », a-t-il déclaré. À l’issue de l’attaque, la synagogue a été complètement détruite et les rouleaux de la Torah ont été enfouis sous les décombres, a-t-il ajouté.

Selon certains analystes, les Juifs d’Iran sont régulièrement utilisés comme porte-parole par le régime iranien. Il est par conséquent délicat d’évaluer les véritables sentiments de cette communauté.

Par ailleurs, une source proche de la communauté iranienne a confié au Times of Israel que plusieurs personnes pensaient que la synagogue avait été délibérément visée par la république islamique elle-même, dans le cadre d’une campagne de propagande intérieure.

« De telles actions cadrent avec les méthodes qui visent à semer la peur et la confusion au sein de la population », a indiqué cette source, selon laquelle l’État mettrait en scène des actes de sabotage pour entretenir l’hostilité envers Israël et les États-Unis.

La communauté juive d’Iran compterait entre 8 000 et 15 000 membres, pour la plupart installés à Téhéran, Ispahan et Shiraz. Avant la révolution islamique de 1979, le pays accueillait quelque 100 000 Juifs. À ce jour, l’Iran abrite toujours la deuxième plus importante population juive du Moyen-Orient, après Israël.

Selon certaines sources, l’Iran abriterait encore environ 25 synagogues, ainsi que plusieurs restaurants casher, une maison de retraite, un cimetière et une bibliothèque juive.

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