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Israël devrait superviser le poste-frontière de Rafah, dont la réouverture est imminente

Selon la presse, Israël mettra en place une surveillance à distance et approuvera à l’avance les voyageurs ; Tsahal sera déployée près de la frontière entre Gaza et l’Égypte

Des ambulances égyptiennes, transportant des patients palestiniens hors de la bande de Gaza, après la réouverture de ce point de passage clé dans le cadre d'un accord de prise d'otages et de cessez-le-feu avec le groupe terroriste Hamas, traversent le poste frontière de Rafah en direction de Gaza, le 1er février 2025. (Crédit : Kerolos Salah/AFP)
Des ambulances égyptiennes, transportant des patients palestiniens hors de la bande de Gaza, après la réouverture de ce point de passage clé dans le cadre d'un accord de prise d'otages et de cessez-le-feu avec le groupe terroriste Hamas, traversent le poste frontière de Rafah en direction de Gaza, le 1er février 2025. (Crédit : Kerolos Salah/AFP)

Israël devrait maintenir un contrôle étroit sur le point de passage de Rafah, même en cas de réouverture complète entre l’Égypte et Gaza dès la semaine prochaine, suite aux pressions internationales.

La chaîne publique a indiqué jeudi qu’Israël exploitera un système de surveillance à distance au poste-frontière. Le pays sera chargé d’accorder une autorisation préalable aux voyageurs entrant et sortant de la bande de Gaza, et il pourra contrôler les ordinateurs ou autres appareils électroniques transitant par le poste-frontière.

Même sans présence physique de l’armée israélienne au point de passage lui-même, des troupes de Tsahal seront déployées à proximité et exploiteront leur propre poste de contrôle afin d’empêcher la contrebande d’armes.

Le passage serait opéré par des agents de la mission d’assistance frontalière de l’Union européenne, créée en 2005 pour superviser Rafah, ainsi que par des membres non armés des services de renseignement de l’Autorité palestinienne, a précisé Kan. Le média a ajouté que ce même dispositif avait été appliqué lors du précédent cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas en janvier 2025. Le passage a été fermé environ deux mois plus tard et demeure clos à ce jour.

Israël avait proposé de rouvrir Rafah à la fin de l’an dernier, mais uniquement pour permettre la sortie de Gazaouis, alimentant les craintes dans le monde arabe que Jérusalem cherche à réduire la population de la bande de Gaza. L’Égypte avait refusé cette réouverture à sens unique, laissant le passage fermé, en contradiction avec le plan en 20 points du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza, qui prévoyait une réouverture immédiate de Rafah selon les modalités du cessez-le-feu de janvier 2025.

Ces dernières semaines, alors que Trump a lancé la deuxième phase du cessez-le-feu et que les pressions américaines sur Israël pour qu’il rouvre complètement Rafah se sont intensifiées, Washington a soulevé la question avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la visite de ce dernier en Floride à la fin du mois dernier, a indiqué un responsable américain au Times of Israel. Selon ce dernier, l’administration était sortie de ces réunions très optimiste et pensait que le passage serait rouvert dans les jours suivants, ce qui n’a néanmoins pas eu lieu.

Dimanche, le cabinet de sécurité aurait décidé de maintenir Rafah fermé, en raison de la colère suscitée par la présence de hauts représentants de la Turquie et du Qatar au sein du Conseil exécutif de Gaza, chargé de superviser l’après-guerre à Gaza sous l’égide du Conseil de paix de Trump. Israël a également exigé que la réouverture de Rafah soit conditionnée au retour de la dépouille du dernier otage décédé, Ran Gvili, et au désarmement du Hamas, deux conditions qui n’ont pas encore été remplies.

Mais lors de la cérémonie de signature du Conseil de paix jeudi à Davos, le chef du nouveau panel technocratique chargé de gouverner Gaza a annoncé que Rafah rouvrirait dans les deux sens la semaine prochaine.

Le haut représentant du Conseil de paix, Nickolay Mladenov, a ensuite déclaré « qu’un accord avait été trouvé », indiquant qu’Israël avait été consulté et avait donné son feu vert en privé.

Le bureau de Netanyahu n’a pas démenti ces informations, publiant un communiqué attribué à un responsable israélien anonyme, affirmant « qu’un effort particulier est en cours pour ramener la dépouille du défunt Ran Gvili, sur la base des renseignements en notre possession », et que le cabinet de sécurité devait rouvrir Rafah au début de la semaine prochaine.

Le président paraguayen Santiago Peña (deuxième à partir de gauche), le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (cinquième à partir de gauche), le président du Kosovo Vjosa Osmani (centre à droite), le président argentin Javier Milei (sixième à partir de droite), le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan (quatrième à partir de droite), l’ancien Premier ministre bulgare Rosen Zhelyazkov (troisième à partir de droite), le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan (deuxième à partir de la droite) et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev posent avec le président américain Donald Trump (au centre) autour de la charte fondatrice signée lors de la réunion du « Conseil de la Paix » lors du Forum économique mondial de Davos, le 22 janvier 2026. (Fabrice Coffrini / AFP)

Les technocrates de Gaza ont un budget pour les salaires du secteur public

Jeudi également, le nouveau gouvernement technocratique palestinien de Gaza, officiellement connu sous le nom de Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), a annoncé que son budget mensuel pour les salaires des employés du secteur public s’élèverait à 100 millions de dollars.

Dans un communiqué, ce panel de 12 technocrates a déclaré œuvrer en faveur de « la stabilité économique, à l’abri des pressions de l’occupation [israélienne] ».

Ce communiqué visait manifestement à démontrer sa transparence financière auprès du public et de la communauté internationale.

Le NCAG dépendra toutefois de la capacité des États-Unis à lever des fonds pour le Conseil de paix, qui supervise le travail du comité technocratique. Lors de la cérémonie de signature à Davos, le conseiller américain Jared Kushner a annoncé qu’une conférence se tiendrait dans deux semaines afin de présenter les contributions des différents pays. Kushner a révélé lors de sa présentation PowerPoint que Washington cherchait à réunir 25 milliards de dollars d’investissements étrangers pour couvrir les coûts du secteur public à Gaza.

Quels employés le NCAG pourra recruter reste inconnu à ce stade. Israël bloque jusqu’à présent l’embauche de fonctionnaires rémunérés par le groupe terroriste palestinien du Hamas ou l’Autorité palestinienne (AP), laissant peu d’alternatives.

Ali Shaath, haut responsable du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), signant la déclaration de mission du NCAG, sur une photo publiée sur son compte X le 17 janvier 2026. (Crédit : Ali Shaath/X)

De son côté, la Treizième chaîne a rapporté qu’Israël autoriserait les Palestiniens qui étaient sur la liste de paie du Hamas à travailler pour le NCAG, ce qui a conduit un haut responsable israélien à avertir le gouvernement que le groupe terroriste conserverait une influence significative à Gaza dans le cadre du plan de Trump.

La chaîne n’a pas divulgué l’identité du haut responsable israélien et l’information n’a pas été confirmée.

Média : les États-Unis et les médiateurs tiennent des pourparlers sur le désarmement

La chaîne N12 a, par ailleurs, affirmé jeudi que les États-Unis et des médiateurs clés avaient entamé des discussions discrètes avec le Hamas sur un plan de désarmement progressif et de démantèlement de son infrastructure militaire dans la bande de Gaza.

Selon le reportage, des discussions impliquant les États-Unis, le Qatar, la Turquie et l’Égypte seraient en cours depuis deux à trois semaines. Le plan présenté au Hamas prévoirait la destruction immédiate des armes lourdes, des tunnels, des sites de production d’armes et des infrastructures terroristes, suivie d’un processus prolongé et progressif de démantèlement et de collecte des armes personnelles détenues par les membres du Hamas et d’autres groupes terroristes.

Selon la proposition, les terroristes qui accepteraient de remettre leurs armes se verraient proposer soit un passage sûr hors de Gaza, soit une intégration dans les forces de sécurité du gouvernement technocratique palestinien chargé d’administrer le territoire. En parallèle, les États-Unis chercheraient à établir une force de police palestinienne placée sous l’autorité exclusive de cette administration, seule habilitée à recourir à la force.

N12 a ajouté que le plan prévoyait également un retrait progressif de Tsahal de positions à l’intérieur de Gaza, y compris un repli par étapes de la Ligne jaune marquant la frontière entre les zones contrôlées par le Hamas et Israël, conditionné aux avancées en matière de désarmement. Les efforts de reconstruction, tels que présentés par Kushner à Davos, seraient également liés au respect de ces engagements.

Une fillette gazaouie se tenant au milieu d’un camp provisoire pour personnes déplacées, à Gaza-City, le 28 décembre 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Le reportage de N12 a été diffusé deux jours après la publication d’un article dans le journal saoudien Asharq Al-Awsat, selon lequel plusieurs hauts commandants du Hamas devraient quitter la bande de Gaza dans le cadre de la prochaine phase du cessez-le-feu et de l’installation de l’administration technocratique.

Cette information, rapidement démentie par le Hamas, évoquait un départ parallèle des cadres du mouvement et la prise de contrôle par le comité technocratique, sous médiation égyptienne. La Turquie serait la principale destination envisagée, bien qu’aucune décision définitive n’ait été prise et que certains commandants du Hamas auraient refusé de quitter le territoire.

Plus tôt ce mois-ci, un responsable américain et deux diplomates arabes ont indiqué au Times of Israel que Washington menait des discussions avec l’Égypte, le Qatar et la Turquie, lesquels auraient assuré aux États-Unis que le Hamas accepterait un plan de désarmement progressif. Celui-ci débuterait par l’abandon de ses armes lourdes par le groupe terroriste, ainsi que par le lancement d’un programme de « rachat » des armes légères.

À l’époque, les trois sources avaient précisé que l’objectif était d’entamer la mise en œuvre de ce programme dans les semaines à venir.

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