Israël dit avoir frappé des cibles du régime syrien et de l’Iran en Syrie
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Israël dit avoir frappé des cibles du régime syrien et de l’Iran en Syrie

Ces bombardements ont touché des dépôts d'armes vraisemblablement iraniens et appartenant au Hezbollah

Illustration : Explosions en Syrie dans la région el-Kisweh, au sud de Damas, le 8 mai 2018. (Crédit : . (SANA via AP)
Illustration : Explosions en Syrie dans la région el-Kisweh, au sud de Damas, le 8 mai 2018. (Crédit : . (SANA via AP)

Israël a indiqué avoir frappé tôt lundi des positions du régime syrien et de l’Iran en Syrie, en « réponse » à un missile sol-sol tiré par les Iraniens, des bombardements qui ont tué onze combattants dont deux Syriens, selon une ONG.

De son côté, l’agence de presse officielle syrienne Sana, citant une « source militaire », a indiqué que la défense anti-aérienne syrienne avait riposté dans la nuit de dimanche à lundi à des tirs de missiles contre la Syrie, après des frappes israéliennes menées dimanche dans la journée dans le sud du pays. L’armée russe, alliée du régime syrien, a aussi confirmé que des frappes israéliennes avaient touché la Syrie.

Selon elle, quatre soldats syriens ont été tués et six blessés. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui dispose d’un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, a donné un bilan de 11 combattants tués dont au moins deux syriens.

Les Israéliens ont accusé l’Iran, allié du pouvoir de Bachar al-Assad, d’avoir tiré dimanche un missile sol-sol depuis la Syrie vers la partie israélienne du plateau du Golan. Ce missile a été intercepté par le système de défense aérien du Dôme de fer, selon l’armée israélienne.

« Hier (dimanche), la force iranienne Qods (des Gardiens de la révolution iranienne, une unité d’élite de l’armée iranienne) opérant en territoire syrien a lancé un missile sol-sol depuis le territoire syrien » vers le Golan, a affirmé l’armée israélienne dans un communiqué.

Avec ce tir, l’Iran « offre de nouveau une preuve irréfutable de ses intentions réelles de s’enraciner en Syrie, ce qui menace l’Etat d’Israël et la stabilité régionale », ajoute l’armée.

« En réponse à l’attaque, pendant la nuit, les avions de combat de l’armée ont attaqué des sites militaires de la force iranienne Qods en Syrie et des batteries syriennes de défense aériennes », poursuit-elle.

Parmi les objectifs visés selon l’armée israélienne, des « sites de stockage de munitions, un site situé sur l’aéroport international de Damas, un site de renseignement iranien et un camp d’entraînement militaire iranien » de la force Qods en Syrie.

Pendant les frappes israéliennes, « des dizaines de missiles syriens sol-air ont été lancés (…), en réponse plusieurs batteries de défense aériennes des forces armées syriennes ont été attaquées », a ajouté l’armée.

« Saper l’enracinement de l’Iran »

L’OSDH, a fait état de frappes de missiles israéliens dans le secteur de l’aéroport de Damas et les environs de la capitale.

Ces bombardements ont touché des dépôts d’armes vraisemblablement iraniens et appartenant au Hezbollah, le groupe terroriste chiite libanais soutenu par Téhéran, et qui intervient également en appui au président Assad dans la guerre en Syrie, selon cette ONG.

L’agence Sana cite par ailleurs une « source militaire » qui évoque des « frappes soutenues » avec « des salves successives de missiles guidés ». La défense anti-aérienne a réussi à intercepter « les missiles ennemis et détruit la plupart avant qu’ils ne touchent leurs cibles », selon Sana.

Au cours des derniers mois, l’armée israélienne a déjà effectué en Syrie des centaines de frappes aériennes contre des objectifs militaires iraniens et contre des armements devant être livrés au Hezbollah. Mais il est rare qu’Israël confirme publiquement avoir mené des frappes en Syrie.

Benjamin Netanyahu parle aux journalistes à l’aéroport Ben-Gurion, le 20 janvier 2019 (Crédit :Raphael Ahren/Times of Israel)

« Nous avons une politique bien établie : saper l’enracinement de l’Iran en Syrie et nuire à quiconque tente de nous nuire », a déclaré dimanche aux journalistes le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’un déplacement au Tchad.

Une semaine auparavant, M. Netanyahu avait reconnu que l’aviation israélienne avait effectué deux jours plus tôt un raid contre des « entrepôts d’armes » iraniens dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas, une rare confirmation de la part d’un responsable israélien.

Rôle russe

Certains analystes estiment que le Premier ministre et d’autres responsables israéliens s’expriment plus ouvertement à propos du théâtre syrien afin d’accroître la crédibilité de M. Netanyahu sur le plan sécuritaire à l’approche des élections législatives du 9 avril.

Mais ce faisant, Israël risque cependant de s’engager dans une escalade militaire avec la Syrie et l’Iran, mais aussi d’irriter la Russie, un autre soutien important du régime Assad.

La coopération militaire entre l’Etat hébreu et Moscou s’est compliquée depuis un incident en septembre, lorsque la défense anti-aérienne syrienne a par erreur abattu un avion russe lors d’une frappe israélienne. Les quinze militaires russes qui se trouvaient à bord avaient été tués.

Capture d’écran d’une vidéo montrant la livraison de missiles de défense aérienne russes S-300 à la Syrie. (YouTube)

Moscou a alors équipé Damas du système anti-aérien S-300, plus avancé, ce qui a rendu les opérations israéliennes plus difficiles.

Israël essaie depuis de maintenir une coordination avec la Russie tout en conservant toute latitude pour effectuer des bombardements sur le territoire syrien.

Jeudi, des responsables militaires des deux pays ont conclu une série de pourparlers destinés à améliorer leur coordination sur le théâtre syrien déchiré par les conflits.

Déclenché en 2011 par la répression sanglante de manifestations pro-démocratie par le régime Assad, le conflit syrien s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances régionales et étrangères et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.

Il a fait plus de 360 000 morts, des millions de déplacés et de réfugiés, et a bousculé l’équilibre géopolitique régional.

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