Israël enseigne aux Américains « l’art perdu » des combats dans les tunnels
Rechercher

Israël enseigne aux Américains « l’art perdu » des combats dans les tunnels

En marge de Juniper Cobra, les deux forces ont échangé leur savoir-faire et se sont essayées à des débarquements sur les plages, au combat urbain ou à la guerre dans le désert

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un Osprey V-22 américain participe à un entraînement dans le cadre de de l'exercice militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzéélim, dans le sud d'Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)
Un Osprey V-22 américain participe à un entraînement dans le cadre de de l'exercice militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzéélim, dans le sud d'Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les parachutistes israéliens et les marines américains ont terminé une série d’exercices organisés au cours des dix derniers jours visant à partager des techniques et leur savoir-faire dans différents types de pratiques : Débarquements sur les plages et méthodes de combat en milieu urbain, le tout dans le cadre d’un entraînement conjoint qui porte le nom de Juniper Cobra, ont expliqué les officiers.

Pour les Américains – et spécifiquement pour le deuxième bataillon des marines et le 6ème Régiment du même corps – les exercices ont consisté à apprendre comment se battre dans des tunnels, ce que ce corps de l’armée n’a plus jamais eu à faire depuis la guerre du Vietnam, a commenté le commandant de l’un des bataillons, le lieutenant-colonel Marcuz Mainz.

« C’est un art perdu pour nous », a-t-il dit.

Pour les Israéliens – le bataillon de reconnaissance de la brigade des parachutistes – cela a signifié observer comment les marines utilisent des véhicules blindés durant les combats, a commenté le lieutenant Ron Semel, responsable de l’entraînement du bataillon.

Les parachutistes israéliens et les soldats du 2ème bataillon et du 6ème régiment des Marines lors d’un exercice de l’entraînement militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzeelim, dans le sud d’Israël, le 12 mars 2018 (Crédit :Jack Guez/AFP)

« Nous avons effectué une session d’entraînement conjointe avec eux, côte à côte, avec les véhicules blindés et la manière dont ils les ont utilisés sur le champ de bataille était très efficace », a-t-il ajouté.

Des centaines de soldats des deux armées ont participé à l’exercice qui a eu lieu en marge de l’entraînement de défense aérienne massif Juniper Cobra, qui a débuté la semaine dernière avec des milliers de soldats de l’armée israélienne et le commandement militaire européen américain.

« Nous sommes venus apprendre, nous former et partager nos techniques et nos idées avec l’armée israélienne. Ce qui fait de nous, en fin de compte, une force plus efficace lors des opérations futures si nous les menons ensemble ou indépendamment », a déclaré Mainz aux journalistes.

« Nous avons eu des lieutenants et des sergents qui s’entraînaient les uns les autres, qui entraînaient sans relâche les soldats. Un soldat de l’armée israélienne pouvait s’adresser à un marine et lui dire : ‘Non, regarde dans cette direction. Fais ça’. Et vice-versa », a ajouté le lieutenant colonel.

Les parachutistes israéliens et les soldats du 2ème bataillon et du 6ème régiment des Marines lors d’un exercice de l’entraînement militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzeelim, dans le sud d’Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : exeJack Guez/AFP)

Selon Semel, l’entraînement conjoint a également été une opportunité d’introspection.

« Un visiteur voit toutes les failles. On a quelqu’un qui vient de l’extérieur, qui nous voit travailler, et qui peut déterminer tous les défauts présents dans notre technique et nous aider à atteindre la perfection », a-t-il noté.

L’officier des Marines a précisé qu’il s’agissait de l’exercice le plus important pour son unité depuis 2010.

Le bataillon américain est arrivé à la plage Palmachim, au sud de Tel Aviv, en aéroglisseurs la semaine dernière. Les soldats américains ont amené avec eux des véhicules blindés légers, des canons d’artillerie, des hélicoptères de transport et un avion de type Osprey V-22 à rotors basculants, un genre d’aéronef hybride entre l’avion et l’hélicoptère qu’Israël veut acquérir depuis longtemps.

« Les marines ont amené leurs blindés et leur artillerie. Nous amenons notre savoir-faire sur la manière de combattre dans les tunnels souterrains », a expliqué Semel.

Un Super-stallion Sikorsky CH-53E de l’armée américaine et deux Osprey V-22 participent à l’entraînement militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzeelim, dans le sud d’Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

La première semaine d’exercice s’est concentrée sur les débarquements sur les plages. Cette semaine sera consacrée à la guerre dans le désert et aux méthodes de combat urbain, ont expliqué les officiers.

Cette formation aux combats urbains comprendra une session sur la guerre dans des tunnels souterrains qui aura lieu mardi soir et mercredi, a ajouté Semel.

« Nous organisons un exercice de force contre force pendant lequel les marines se mesureront aux tunnels souterrains et ils devront gérer cette menace », a-t-il poursuivi.

La formation à la guerre urbaine a eu lieu sur la base militaire de l’armée israélienne à Tzeelim, dans le désert du Negev, qui comporte une ville arabe reconstituée.

« C’est l’une des meilleures structures d’entraînement qu’il m’ait été donné de voir », a dit Mainz.

Les parachutistes israéliens et les soldats du 2ème bataillon et du 6ème régiment des Marines lors d’un exercice de l’entraînement militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzeelim, dans le sud d’Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

A Tzeelim, les deux armées ont pratiqué le combat en milieu urbain, où les différences des méthodes de lutte sont clairement apparues, ont indiqué les officiers.

Selon Mainz, les marines tentent d’être « rapides et vicieux » tandis que les parachutistes israéliens optent pour une approche plus lente, cherchant avec attention la présence d’un éventuel dispositif explosif dans la zone avant d’y pénétrer.

Semel a estimé que l’un des bénéfices à tirer de cet événement conjoint est le fait d’avoir pu observer les techniques de l’autre et d’en adopter éventuellement les méthodes, de « nouveaux outils dans notre boîte ».

Un parachutiste israélien participe à un entraînement conjoint avec les marines américains durant un exercice de l’entraînement militaire conjoint Juniper Cobra au centre de Tzeelim, dans le sud d’Israël, le 12 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Chaque situation doit être résolue de manière différente. Nous apprenons à nos soldats à penser et à résoudre les problèmes de la meilleure manière possible pour eux », a dit le lieutenant colonel.

« Parfois, il est bon d’attendre et de rechercher des explosifs artisanaux, et parfois, il faut entrer rapidement », a-t-il noté.

La planification de cet exercice a commencé il y a approximativement six mois. Les officiers des différentes unités se sont alors rencontrés pour débattre des objectifs de l’entraînement et pour amener leurs idées.

Cet exercice conjoint devrait s’achever jeudi, mais d’autres aspects de l’exercice Juniper Cobra continueront jusqu’à la fin du mois de mars.

Israël accueille cet entraînement tous les deux ans, qui rassemble des milliers de soldats américains et israéliens qui vise à les préparer à une attaque au missile balistique contre l’Etat d’Israël.

Ce exercice, en 2018 est la neuvième édition de Juniper Cobra.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...