Israël ne délivrera plus de permis d’exploration de schiste bitumineux
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Israël ne délivrera plus de permis d’exploration de schiste bitumineux

Le ministre de l’Énergie a fait savoir qu'il ne renouvellerait pas le permis d'ICL Rotem Amfert et que deux autres projets devront se conformer aux critères environnementaux

Rotem Amfert Negev. (Capture d'écran)
Rotem Amfert Negev. (Capture d'écran)

Le gouvernement a annoncé, mardi, qu’il n’émettrait plus de nouveaux permis pour l’exploration de schiste bitumineux, une initiative saluée par les organisations environnementales et par le ministère de la Protection environnementale.

Cette mesure, décrétée lors d’une réunion au début de semaine en présence des ministres de l’Énergie et de la Protection environnementale, s’applique au forage et à l’exploitation à ciel ouvert.

Selon un communiqué des deux ministères, cette décision a été prise au vu de l’engagement des deux ministres en faveur des énergies propres et suite à une réflexion sur les bénéfices apportés au secteur de l’énergie par ces explorations – au regard de leur coût environnemental.

Le ministère de l’Énergie a aussi annoncé qu’il ne renouvellerait pas le permis de Rotem Amfert Negev Ltd., propriété d’Israel Chemicals Ltd., pour la poursuite des travaux d’extraction de schiste bitumineux au-delà du mois de mai 2021.

L’usine d’Israel Chemicals de Rothem Amfert, près de la mer morte (Crédit : Shay Levy/Flash90)

Il a été par ailleurs convenu que deux autres licences octroyées à des firmes du sud d’Israël – Rotem Energy Mineral (REM) dans la plaine de Rotem et Shafir Civil and Marine Engineering, qui travaille à proximité du cratère de Ramon – seraient jugées conformément à la prise en compte des critères environnementaux qui doivent être définis par le ministère de la Protection environnementale.

Le président du conseil d’administration de l’entreprise REM est le docteur Yaakov Mimran, ancien responsable des affaires liées au pétrole et au gaz au sein du ministère de l’Énergie.

Il avait déclaré lors de la conférence Environment2050, au mois de janvier, que REM souhaitait rechercher du schiste bitumineux pour le combiner à des déchets plastiques, créant ainsi de l’électricité et environ 1,5 million de barils par an.

Eitan Cabel, ancien député du Parti travailliste et président de la Commission des affaires économiques à la Knesset, est également membre du Conseil d’administration de REM.

Cette annonce des ministères ne concerne que l’exploration de schiste bitumineux, pas celle de pétrole terrestre.

La Société de protection de la nature, qui avait fait campagne pour l’arrêt de l’exploration de schiste bitumineux, a salué cette décision, affirmant que l’industrie « est à l’origine de graves nuisances environnementales qui n’ont pas leur place en Israël ».

La prochaine étape, a ajouté le communiqué, est l’arrêt de l’octroi de toute licence.

Amit Bracha, directeur-général de l’organisation de défense de l’environnement Adam Teva VDin, a indiqué que les militants craignaient toutefois que les deux autres firmes d’exploration de schiste bitumineux obtiennent le feu vert « en dépit du fait qu’elles détruisent l’environnement ».

Tant que les projets d’exploration restants ne sont pas spécifiquement interdits, Israël continuera à contribuer au réchauffement global, a-t-il poursuivi.

Yonathan Aikhenbaum, gestionnaire de campagne au sein de Greenpeace Israel, a pour sa part fait remarquer que le schiste bitumineux « est le type de combustible le plus sale qui puisse exister ».

« Il pollue, pas seulement parce que son produit final – l’huile – pollue, mais à cause d’un processus de production destructeur qui exige beaucoup d’énergie, ainsi qu’en raison de l’exploitation en plein air, qui libère d’importantes quantités de petites particules et de matériaux contaminants dans l’atmosphère », a-t-il clamé.

« Nous ne pouvons pas nous arrêter à de bonnes intentions », a continué Aikhenbaum. « Nous demandons au ministre de l’Énergie Yuval Steinitz d’annoncer l’annulation de tous les projets existants… et de prendre une décision bien plus courageuse et bien plus importante : le gel de toutes les explorations de gaz et de pétrole en Israël, en mer comme sur terre ».

« Israël est une puissance solaire, pas une puissance pétrolière ou gazière », a-t-il ajouté.

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