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Israël n’entravera pas les livraisons de pétrole iranien vers le Liban

Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, qui a mis en place ces approvisionnements, a crié victoire avec l'arrivée de la première livraison dans le pays en grave crise

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Israël n’entravera pas les approvisionnements en pétrole iranien au Liban dans le cadre de la crise économique et énergétique qui touche actuellement ce pays voisin d’Israël, ont fait savoir jeudi un haut-responsable de l’armée et un reportage diffusé à la télévision.

Des dizaines de camions transportant du carburant iranien sont arrivés dans la journée de jeudi au Liban. Il s’agit de la première d’une série de livraisons organisées par le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par Téhéran. Ces livraisons, qui se font par le biais de la Syrie voisine, sont une violation des sanctions américaines appliquées à la République islamique depuis le retrait des États-Unis, par l’ancien président américain Donald Trump, de l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu entre le régime de Téhéran et les grandes puissances mondiales.

Ce retrait a eu lieu en 2018.

Cet approvisionnement est dépeint comme une victoire par le Hezbollah, qui s’est entendu pour importer le carburant dans le pays avec l’Iran – qui le soutient – alors même que le gouvernement libanais, à court de liquidités, se bat actuellement contre la crise, après de longs mois de pénurie de pétrole qui ont paralysé le pays. Le Hezbollah opère indépendamment des autorités libanaises qui font ainsi face à une crise énergétique désastreuse.

Si Israël a commis des centaines de frappes aériennes en Syrie pour empêcher les livraisons d’armes du Hezbollah d’arriver à destination, les responsables s’inquiètent du fait que viser les livraisons de carburant ne soit considéré comme un nouveau coup non-nécessaire porté au rétablissement économique du Liban, a expliqué jeudi soir la Douzième chaîne. L’État juif a donc pris la décision d’éviter d’intervenir, a noté le reportage.

Ni les responsables libanais ni les responsables américains n’ont réagi suite à cet approvisionnement en pétrole. Des commentateurs américains ont estimé que Washington, inquiets du chaos au Liban en proie à de multiples graves crises, pourrait avoir décidé de détourner le regard.

Un convoi de camions transportant du carburant iranien arrive dans la ville d’al-Ain, dans l’est du Liban après avoir traversé la Syrie, le 16 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

Le Hezbollah a indiqué que cet effondrement économique au Liban, qui a commencé à la fin de l’année 2019, avait été causé en partie par le siège officieux imposé par l’Amérique, préoccupée par la puissance et par l’influence du groupe terroriste dans le pays. Le Hezbollah a écopé de sanctions de la part des administrations américaines consécutives.

La crise libanaise s’ancre dans un contexte de décennies de corruption et de mauvaise administration de la part de la classe dirigeante, et dans un système politique sectaire qui prospère sur le clientélisme et le népotisme. De graves pénuries de carburant ont entraîné des pannes d’électricité dévastatrices. Les Libanais font la queue pendant des heures pour essayer de se procurer du carburant. Des manifestations et des échauffourées ont eu lieu dans des stations-services de tout le pays, notamment dans certains bastions du Hezbollah.

Le leader du groupe terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait annoncé le mois dernier que la République islamique allait envoyer du carburant pour aider à atténuer le manque. Ainsi, le premier pétrolier commandité par le Hezbollah est arrivé dimanche au port syrien de Baniyas et le diesel a été stocké en Syrie avant d’être chargé à bord de camions qui sont partis vers le Liban, via la Syrie.

Le convoi de 60 camions, qui transportaient chacun 50 000 litres de pétrole, a emprunté un poste-frontière informel à Qusayr en Syrie. Un autre convoi similaire est attendu ce vendredi.

Des Libanais réunis pour accueillir les camions chargés de carburant iranien à leur arrivée dans la ville de Baalbeck, au Liban, dans la vallée de Bekaa, brandissent des portraits du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le 16 septembre 2021. (Crédit : AFP)

Le Hezbollah, qui est souvent accusé d’agir comme un État à l’intérieur de l’État, a pris part à la guerre civile syrienne aux côtés des forces gouvernementales de Bashar al-Assad. Il exploite ses propres postes-frontières le long de la frontière entre le Liban et la Syrie, à l’écart des postes-frontières officiels.

Nasrallah a expliqué dans un discours télévisé, en début de semaine, que les camions ne déchargeraient pas directement leur cargaison au Liban pour éviter d’embarrasser les autorités et aussi pour éviter l’imposition de sanctions au pays.

La chaîne Al-Manar du Hezbollah a annoncé que l’opération portait sur « des convois pétroliers destinés à rompre le siège américain ». Elle a fait savoir que les camions étaient en route pour la ville de Baalbek, à l’est du pays, où une compagnie liée au groupe terroriste commencera le processus de distribution du carburant. Nasrallah a précisé que la firme, al-Amana – déjà soumise à des sanctions américaines – ne risquait pas de subir de nouvelles sanctions.

Toutefois, pour les critiques, le convoi est un symbole de la dissolution de l’État libanais. Si la livraison en carburant a été considérée comme une victoire par le groupe terroriste, ce dernier est actuellement de plus en plus critiqué, accusé de placer le Liban dans l’orbite iranienne et de défendre ses alliés politiques qui résistent au changement plutôt que d’appeler à des réformes.

« N’oubliez pas ce jour », a écrit sur Twitter Laury Haytayan, expert sur les questions énergétiques au Liban qui est également activiste, notant que cette journée marquait la victoire gagnée par le Hezbollah sur l’État libanais.

Des Libanais accueillent les camions qui transportent du carburant iranien, via la Syrie, à al-Ain dans la vallée de Bekaa, au Liban, le 16 septembre 2021. (Crédit : AFP)

Des Libanais se sont rassemblés sur le bord de la route menant à la vallée de Bekaa pour accueillir le convoi. Les drapeaux jaunes du Hezbollah et les bannières saluant le groupe terroriste appuyé par l’Iran et le président syrien Bashar al-Assad ont décoré les rues. Quelques femmes ont jeté du riz et des fleurs sur les camions au moment de leur passage. D’autres ont brandi des panneaux où il était écrit « Merci à l’Iran » et « Merci à la Syrie ». Des tirs nourris ont aussi salué l’arrivée des camions.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati, dont le gouvernement a été formé la semaine dernière après une impasse politique de 13 mois, n’a pas commenté l’accord d’importation de pétrole qui a été conclu par le Hezbollah avec l’Iran.

Nasrallah avait indiqué que du carburant serait livré aux hôpitaux publics, aux maisons de retraite, aux orphelinats, aux stations d’épuration et à la Croix-Rouge libanaise en quantité suffisante pour assurer leur fonctionnement pendant un mois. Il avait ajouté que le pétrole serait vendu à un prix bas aux cliniques privées, aux usines pharmaceutiques, aux boulangeries et aux coopératives qui vendent des produits alimentaires.

Il avait fait savoir que trois autres pétroliers transportant du carburant et un navire transportant du gasoil devraient arriver dans les prochaines semaines.

Alors qu’ils étaient interrogés sur la possibilité de laisser entrer du pétrole iranien au Liban, les responsables américains ont déclaré qu’ils étaient en train de discuter de solutions à long-terme à apporter à la crise de l’énergie dans le pays, et notamment de l’idée d’importer du gaz égyptien par le biais d’un gazoduc qui a été récemment remis en service.

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