Israël : plan d’aide de 1,6 milliard de shekels pour la Tech face au shekel fort
Le gouvernement déploie des fonds pour soutenir les startups et exportateurs affectés par la hausse rapide de la monnaie face au dollar américain
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a présenté mardi un plan d’aide de 1,6 milliard de shekels destiné à aider les startups et les entreprises technologiques israéliennes à faire face à la forte appréciation du shekel, qui nuit à leur compétitivité et rend les opérations en Israël plus coûteuses et moins viables.
« Nous avons pris la mesure des difficultés auxquelles est confrontée la haute technologie israélienne, entre révolution de l’IA et forte appréciation du shekel », a déclaré Smotrich.
« Le problème, ce n’est pas le taux fort du shekel en lui-même, car cela va sans doute être la norme désormais, ce qui est en soi une expression de la force de l’économie israélienne », a-t-il ajouté. « Le problème, c’est le rythme rapide auquel le shekel s’est apprécié et la difficulté pour les industries orientées vers l’exportation de s’adapter à des changements si rapides. »
Smotrich a réitéré son appel à la Banque centrale d’Israël pour qu’elle fasse sa part en tant qu’organisme chargé de la politique budgétaire.
« Depuis un certain temps, je dis et répète qu’une réduction significative des taux d’intérêt, par son actions sur les taux de change, est la réponse politique la plus à même de soutenir et accélérer la croissance économique », a poursuivi Smotrich.
Depuis des semaines, les exportateurs de technologies et fabricants israéliens soulignent que la force du shekel, qui a atteint le mois dernier son plus haut niveau face au dollar en l’espace de 33 ans en s’échangeant autour de 2,80, fait peser un sérieux risque sur les principaux moteurs de croissance de l’économie. D’une année sur l’autre, la monnaie locale s’est appréciée de plus de 20 % par rapport au dollar.
En réponse, le gouvernement a mis en place, début juin, un groupe de travail interministériel pour aider le secteur technologique à faire face aux effets de la rapide appréciation du shekel, laquelle a d’ores et déjà entraîné des licenciements massifs et des craintes de voir les startups et entreprises technologiques partir vers des marchés moins chers.
La part du lion du nouveau programme d’aide, budgétisée à hauteur d’un milliard de shekels, est allouée à un programme de soutien financier accéléré géré par l’Autorité de l’innovation d’Israël. Ce programme de soutien est conçu pour aider les entreprises technologiques jeunes et en manque de liquidités, ainsi que celles plus matures en phase de croissance, à surmonter l’impasse financière créée par l’appréciation du shekel.
« Nous sommes confrontés à un défi qui ne repose pas sur la technologie ou sur la demande mondiale d’innovation, mais qui a été causé par le changement abrupt du taux de change dollar-shekel », explique le PDG sortant de l’Autorité de l’innovation d’Israël, Dror Bin.
« Les startups lèvent des fonds en dollars, elles vendent leurs produits sur les marchés mondiaux en dollars alors qu’elles paient leurs coûts en shekels en Israël, ce qui signifie qu’elles ont moins d’argent à dépenser pour le développement de leurs produits et pour percer sur de nouveaux marchés mondiaux », ajoute-t-il.
« Si elles viennent à manquer de fonds plus rapidement, elles sont alors moins compétitives que leurs homologues étrangères et si elles ralentissent, c’est l’économie israélienne qui s’en trouve affectée. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’intervenir pour nous assurer que les startups israéliennes disposent de fonds suffisants pour continuer de croître. »
La tech a contribué à environ la moitié de la croissance de l’économie en 2025, et sa part dans le PIB a atteint un niveau record de 18,3 %, consolidant le secteur comme un pilier majeur de l’économie.
« Notre responsabilité est de veiller à ce que, même si le paysage mondial évolue, Israël reste la destination privilégiée des investissements et des technologies de rupture des entreprises en croissance », ajoute Bin.
Dans le cadre de ce plan d’aide, 175 millions de shekels de plus seront mis à disposition pour des équipements de fabrication avancés pour l’industrie via des programmes de subventions dans le cadre de la Loi pour l’encouragement des investissements de capitaux et du Programme de productivité de la fabrication avancée.
25 millions de shekels supplémentaires seront alloués à des programmes de l’Institut de l’exportation d’Israël, sous forme de subventions pour aider les exportateurs à atteindre les marchés mondiaux. Un budget de 10 millions de shekels ira aux programmes de formation professionnelle menés par les employeurs, conçus pour doter les travailleurs des compétences requises pour des emplois à haute productivité.
En outre, le gouvernement étendra les incitations fiscales en vertu de la Loi pour l’encouragement des investissements de capitaux, pour un coût fiscal estimé à environ 360 millions de shekels.
Karin Mayer Rubinstein, PDG de l’Association des industries de technologies avancées d’Israël (IATI), reproche au programme du gouvernement de se focaliser « sur la création de futurs moteurs de croissance, alors que le besoin le plus pressant des entreprises d’aujourd’hui est laréponse immédiate aux problèmes économiques et opérationnels induits par l’appréciation du shekel ».
« De nombreuses entreprises ne recherchent pas d’incitations à la croissance, mais plutôt des outils propres à les aider à préserver leurs opérations en Israël, à garder leurs employés et centres de R&D », explique Mayer Rubinstein.
« Entre autres choses, des ajustements des paiements d’impôts et des dépenses liées aux employeurs devraient être envisagés, y compris des mécanismes temporaires pour faciliter les flux de trésorerie des entreprises, comme cela a été mis en œuvre dans d’autres pays en butte à des difficultés économiques. »
« Nous pensons que la Loi pour l’encouragement et la promotion de la recherche et du développement devrait être étendue, de façon à y inclure les entreprises multinationales stratégiques qui n’ont pas leur propriété intellectuelle (PI) en Israël, mais y exploitent d’importants centres de R&D, emploient des milliers de personnes et constituent un pilier clé de l’économie israélienne et de l’industrie de la haute technologie du pays », conclut Mayer Rubinstein.
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