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Israël réduit sa liste de pays rouges mais la France est toujours interdite

Les Israéliens n'ont plus besoin d'une autorisation spéciale pour se rendre notamment dans certains pays d'Afrique, en Belgique, en Italie ; 600 nouveaux cas d'Omicron confirmés

Des voyageurs à l'aéroport international Ben Gurion, le 19 décembre 2021. (Crédit : Flash90)
Des voyageurs à l'aéroport international Ben Gurion, le 19 décembre 2021. (Crédit : Flash90)

Israël a fait passer de 69 à 15 le nombre de pays « rouges » figurant sur sa liste des pays où il est interdit de se rendre en avion, mais certaines destinations clés comme les États-Unis, le Canada, la France et le Royaume-Uni restent interdites. Ces changements sont entrés en vigueur mardi à minuit.

La décision a été prise par le cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus lors d’un vote par téléphone, acceptant les recommandations d’une commission du ministère de la Santé, et retirant 54 pays de la liste des destinations jugées « rouges » et nécessitant une autorisation spéciale pour les vols à destination ou en provenance de ces pays.

Parmi les destinations retirées de la liste rouge figurent une grande partie de l’Afrique, la Belgique, l’Italie, l’Irlande, l’Allemagne et les pays scandinaves. Ces pays sont désormais classés dans la catégorie « orange », avec un avertissement aux voyageurs, mais pas de restrictions officielles.

En revanche, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, les Émirats arabes unis, la Suisse, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, la Tanzanie, le Nigeria, la Hongrie, l’Espagne, le Portugal et la Turquie resteront sur la liste des pays à proscrire, de même que le Mexique, qui a été ajouté mardi.

Illustration : Vue d’un terminal de bus vide à l’aéroport Ben Gurion, le 17 décembre 2017. (Crédit : Flash90/Archives)

Les changements prévus interviennent après que le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a déclaré dimanche qu’en raison de la propagation rapide de la souche Omicron dans tout le pays et de la recrudescence de l’épidémie de COVID-19, Israël lèverait bientôt de nombreuses restrictions sur les voyages aériens à destination et en provenance du pays, qui avaient été imposées pour ralentir l’arrivée de la nouvelle souche.

Aucune indication n’a été donnée sur une éventuelle levée de ces restrictions pour les autres pays.

Le cabinet a également approuvé de nouvelles restrictions sur les établissements scolaires. Les enfants de l’école primaire dont un camarade de classe est testé positif devront suivre des cours à l’extérieur ou en distanciel.

La nouvelle réglementation intervient alors que le ministère de la Santé a annoncé mardi le décès d’une femme soupçonnée d’avoir contracté Omicron et a confirmé plus de 600 cas supplémentaires du nouveau coronavirus.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz en conférence de presse, le 23 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La femme avait été vaccinée contre le COVID-19 et avait reçu une injection de rappel, selon un communiqué du ministère.

Si cela est vérifié, cette femme serait le premier décès dû à Omicron enregistré en Israël. La semaine dernière, un décès dû à Omicron avait été déclaré par la suite, mais il s’est avéré qu’il avait été causé par la souche Delta du coronavirus.

Le communiqué du ministère de la Santé indique que 623 nouveaux cas d’Omicron ont été confirmés mardi, ce qui porte à 1 741 le nombre d’infections par Omicron depuis que la variante a été détectée en Israël.

Selon le ministère, deux personnes non vaccinées sont dans un état grave à cause des infections Omicron, dont sous respirateur.

Le personnel médical du centre médical Shaare Zedek à Jérusalem traite des patients dans le service de l’hôpital consacré au coronavirus, le 14 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)

Six autres personnes ont été hospitalisées pour des cas moins graves, dont quatre ont été vaccinées.

Plus de 1 000 des porteurs confirmés d’Omicron venaient de l’étranger, a ajouté le ministère de la santé.

Israël a connu une recrudescence des infections depuis l’apparition d’Omicron, les nouveaux cas de COVID ayant atteint lundi un niveau record sur trois mois.

Le ministère de la Santé a déclaré mardi que plus de 2 000 nouveaux cas ont été confirmés depuis minuit, portant le nombre d’infections actives à plus de 16 000. Il a également signalé une nouvelle augmentation du taux de tests positifs, autre signe de l’accélération de la propagation du virus.

Illustration : Des étudiants reçoivent des injections de vaccin COVID-19, au lycée Amal dans la ville méridionale de Beersheba, le 17 mars 2021. (Flash90)

Malgré l’augmentation des chiffres de morbidité, il n’y a pas eu de pic dans les hospitalisations et les cas graves, qui sont restés stables à 84 mardi soir. Le bilan national des décès dus à la pandémie s’élève à 8 243.

Plus tôt dans la journée de mardi, le Premier ministre Naftali Bennett a annoncé une modification des règles de quarantaine pour les personnes exposées à un patient du COVID, dans un contexte de crainte que la propagation d’Omicron n’oblige un nombre de plus en plus élevé d’Israéliens à s’auto-isoler.

Selon les nouvelles directives, les personnes entièrement vaccinées et exposées à un variant du coronavirus ne seront tenues de rester en quarantaine que jusqu’à ce qu’elles obtiennent des résultats négatifs à un test PCR. Une fois sorties de quarantaine, elles ne seront pas autorisées à participer à des événements de masse ou à des lieux accueillant des populations à haut risque, comme les maisons de retraite, pendant les dix jours suivants. Jusqu’à présent, les Israéliens entièrement vaccinés n’étaient pas soumis à une quarantaine après avoir été exposés à un patient atteint du COVID, mais l’étaient si le cas-contact était suspecté d’être porteur d’Omicron.

Les personnes non vaccinées devront rester en quarantaine pendant sept jours et subir des tests de dépistage le premier et le dernier jour.

Un agent de santé prélève un échantillon test sur des Israéliens dans un complexe de drive-in pour vérifier s’ils ont été infectés par le coronavirus, le 10 décembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

En présentant les nouvelles règles, Bennett a déclaré que sans ce changement, Israël aurait été placé dans un « confinement de facto ».

« Nous avons vu ce qui se passait à l’étranger et nous avons compris que si nous nous en tenions à ce que nous faisions en matière de politique de quarantaine… nous nous serions retrouvés dans un confinement de facto de 1 à 2 millions de personnes », a-t-il déclaré aux journalistes.

Il a affirmé que la décision controversée de restreindre les déplacements en maintenant les Israéliens dans le pays et en empêchant les ressortissants étrangers de s’y rendre avait permis de gagner cinq semaines de répit avant l’attaque attendue d’Omicron, et que cela permettrait à l’économie de continuer à fonctionner.

« Cela nous a donné un avantage sur les autres pays, qui combattent Omicron et Delta en même temps. L’alternative était d’agir comme les Pays-Bas, avec un confinement total », a déclaré Bennett.

Le Premier ministre Naftali Bennett lors d’une conférence de presse au Bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 19 décembre 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Bien qu’il ait lui-même écrit un livre intitulé « Comment vaincre une pandémie » lorsqu’il était dans l’opposition l’année dernière, des sources proches du Premier ministre ont déclaré qu’il n’existait « aucun guide » sur la façon de gérer le COVID, défendant ainsi sa gestion de la crise.

Ils ont déclaré qu’il préférait être critiqué pour avoir été trop agressif dans la lutte contre la pandémie plutôt que de risquer la santé publique.

« Notre objectif est de laisser l’économie ouverte, les marchés ouverts et les magasins ouverts autant que possible, tout en évitant de solliciter les hôpitaux au-delà de leurs capacités. Si nous le voulions, nous aurions pu procéder à un confinement, mais personne ne veut arriver à un confinement de facto en l’appelant d’un autre nom », a déclaré Bennett.

Il a également confirmé qu’Israël devrait recevoir mercredi une première livraison du premier médicament anti-COVID approuvé par Pfizer, ce qui, selon Bennett, fera d’Israël le premier pays en dehors des États-Unis à recevoir le traitement.

Le ministère de la Santé a ainsi accordé dimanche une autorisation d’urgence au comprimé antiviral Paxlovid, qui a montré une réduction de près de 90 % des hospitalisations et des décès chez les patients les plus susceptibles de présenter une forme grave de la maladie.

Les tests de laboratoire ont montré qu’il était très efficace contre le variant Omicron.

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