Israël en guerre - Jour 196

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Israël, soucieux de l’impact de la guerre, suspend les baisses de taux d’intérêt

La Banque centrale d'Israël maintient les coûts d'emprunt à 4,5 % et s'attend à ce que le rythme des réductions de taux d'intérêt cette année soit graduel et prudent

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 avril 2022. (Crédit : Flash90)
Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 avril 2022. (Crédit : Flash90)

La Banque centrale d’Israël a choisi lundi de marquer une pause et de laisser les coûts d’emprunt inchangés après la réduction audacieuse des taux le mois dernier, citant une grande incertitude quant à l’impact de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

« Au-delà des questions de sécurité, la guerre entraîne également des ramifications économiques marquées (…), et l’incertitude reste élevée », a déclaré le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron. « Toutefois, la robustesse de l’économie et la reprise rapide qu’elle a affichée ces derniers mois se sont également reflétées dans la reprise et la stabilité des marchés financiers. »

La Banque centrale a décidé de maintenir les taux d’intérêt à 4,5 %. Avant cette décision, les économistes n’étaient pas divisés sur la question de savoir si les taux d’intérêt allaient continuer à baisser, mais plutôt sur le moment opportun pour le faire, certains s’attendant à une nouvelle réduction lors de la prochaine réunion en avril, compte tenu de l’incertitude quant à l’évolution de la guerre et du risque d’une escalade des combats sur le front nord avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

La décision de lundi a été prise après que la Banque d’Israël a réduit le 1er janvier le taux d’intérêt de 25 points de base pour le ramener à 4,5 %, pour la première fois en près de quatre ans, afin de soutenir les ménages et les entreprises alors que l’économie était malmenée, en raison de la guerre contre le Hamas, et que le contexte inflationniste s’atténuait.

Yaron a noté lundi que la trajectoire des réductions de taux d’intérêt jusqu’à présent est conforme à l’esquisse présentée par le département de recherche de la Banque centrale le mois dernier, selon laquelle les coûts d’emprunt devraient retomber entre 3,75 % et 4 % d’ici à la fin de l’année.

« Les réductions de taux d’intérêt seront mesurées et prudentes compte tenu de la grande incertitude qui persiste dans l’économie, principalement dans le contexte des progrès de la guerre, et de la prime de risque de l’économie [qui] est toujours à un niveau élevé, malgré une certaine baisse au cours des dernières semaines », a expliqué Yaron.

Les premiers secours sur le site où une roquette tirée de Gaza s’est écrasée sur un immeuble, à Rishon Lezion, le 25 octobre 2023. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le stratège en chef de la Banque Hapoalim, Modi Shafrir, a déclaré que les marchés financiers continuaient de tabler sur une réduction légèrement plus forte des taux d’intérêt pour atteindre un niveau d’environ 3,5 % d’ici la fin de l’année.

L’économie israélienne a reculé de 19,4 % au cours des trois derniers mois de 2023 par rapport au trimestre précédent, les conséquences de l’attaque du Hamas du 7 octobre ayant lourdement pesé sur les dépenses de consommation, le commerce et l’investissement.

Israël a mobilisé des centaines de milliers de réservistes pour participer aux combats et a évacué de larges pans de la frontière entre Gaza et le Liban, les entreprises fermant et les habitants restant chez eux sous une pluie de roquettes, alors que le pays est sur le pied de guerre. Les secteurs qui dépendent de la main-d’œuvre étrangère, tels que la construction et l’agriculture, ont été particulièrement touchés.

Pour l’ensemble de l’année 2023, l’économie israélienne a progressé de 2 %, après une croissance rapide de 6,5 % en 2022. Le chiffre annuel du PIB était conforme aux prévisions de la Banque d’Israël et supérieur au taux de croissance moyen de 1,7 % des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les économistes locaux de la Banque Hapoalim, de la Banque Leumi et de la Banque Discount avaient prédit la décision de la Banque centrale de lundi. Certaines banques d’investissement internationales, dont Goldman Sachs, s’attendaient à ce que la Banque centrale réduise ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, à 4,25 %, étant donné que l’inflation s’est rapprochée de l’objectif gouvernemental de 1 % à 3 % au cours des derniers mois. Ceci après que la Banque d’Israël a régulièrement augmenté les taux d’intérêt d’un niveau record de 0,1 % en avril 2022 à 4,75 % en juillet 2023, afin de réduire l’inflation.

Yaron a fait remarquer qu’alors que l’économie a été « notablement affectée au cours du dernier trimestre de 2023 » en raison de la guerre, elle « montre des signes de reprise selon plusieurs indicateurs notables », notamment le marché de l’emploi et l’activité des cartes de crédit.

Des manifestants rassemblés pour protester contre le budget de guerre 2024 du gouvernement, devant la Knesset, à Jérusalem, le 19 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« Les achats par carte de crédit, qui ont diminué de façon significative au cours des premières semaines de la guerre, se redressent et leur niveau global est supérieur au niveau moyen d’avant-guerre au cours de l’année 2023 », a indiqué Yaron.

Yaron a souligné un certain nombre de risques, y compris l’augmentation des dépenses gouvernementales liées à la guerre, qui pourraient avoir un impact sur la tendance à la baisse du taux d’inflation, qui s’est modéré pour atteindre un niveau de 2,6 %.

« La politique budgétaire expansionniste et ses effets, ainsi que les limitations de l’activité dans le domaine de la construction, présentent toujours un risque pour la poursuite de la modération de l’inflation », a déclaré Yaron. « La situation en matière de sécurité a conduit à un impact négatif sur l’activité dans le secteur de la construction, principalement en raison d’un manque de main-d’œuvre. »

« Des mesures devraient être prises pour maintenir l’offre de construction à un niveau élevé au fil du temps », a-t-il insisté.

Avec le déclenchement de la guerre, les ouvriers palestiniens, dont dépend le secteur de la construction, ont disparu du jour au lendemain, Israël ayant décrété une interdiction absolue des travailleurs de Gaza et restreint l’accès à la plupart de ceux de Cisjordanie. Des milliers de travailleurs étrangers originaires de Chine, de Thaïlande, des Philippines et d’autres pays sont également rentrés chez eux à la suite de l’assaut terroriste du 7 octobre, alors que l’économie s’est arrêtée. Ces dernières semaines, certains chantiers ont repris le travail.

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