Israël en guerre - Jour 147

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La Banque centrale d’Israël réduit ses taux d’intérêt de 0,25 %

Tout juste un mois après la confirmation du second mandat d'Amir Yaron, la Banque effectue un changement de trajectoire pour la première fois depuis avril 2022

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence de presse, à la Banque d'Israël, à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence de presse, à la Banque d'Israël, à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans un geste audacieux, la Banque centrale d’Israël a décidé lundi de réduire ses taux d’intérêt de 25 points de base pour les ramener à 4,5 %. Il s’agit du premier changement de trajectoire depuis que la Banque centrale a commencé à relever ses taux d’intérêt en avril 2022 de façon régulière.

Ceci dans un contexte d’incertitude croissante quant aux coûts économiques et à la durée de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Israël a juré d’éliminer le Hamas après les massacres barbares du 7 octobre, au cours desquels des terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris plus de 240 otages. En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de mettre fin à son règne de 16 ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande deGaza, qui a commencé le 27 octobre.

« La guerre a des conséquences économiques significatives, à la fois sur l’activité économique réelle et sur les marchés financiers », a indiqué la Banque centrale dans un communiqué.

« Il existe une grande incertitude quant à la gravité et à la durée attendues de la guerre, ce qui affecte à son tour l’ampleur de l’impact sur l’activité. »

Des Israéliens inspectant des voitures endommagées après avoir été touchées par une roquette tirée depuis la bande de Gaza à Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 13 octobre 2023. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP Photo)

La décision politique d’abaisser les coûts d’emprunt survient après le maintien du taux directeur à 4,75 % depuis juillet et alors qu’Israël est engagé depuis près de trois mois dans une guerre contre le Hamas.

Afin de freiner l’inflation, la Banque d’Israël n’avait cessé d’augmenter ses taux d’intérêt depuis près de 20 mois, passant d’un plancher record de 0,1 % en avril 2022 à 4,75 % en juillet de cette année, avant de marquer une pause dans le cycle d’augmentation des coûts d’emprunt. La charge des intérêts pesait déjà sur les ménages et les détenteurs de prêts immobiliers avant même que la guerre n’éclate.

Les retombées économiques de la guerre et le ralentissement attendu de la consommation et de la demande privées ont incité le ministère des Finances et les agences de notation mondiales à réduire leurs perspectives de croissance au cours des dernières semaines, les combats ayant coûté à l’économie près de 200 milliards de shekels, d’après certaines estimations.

Ainsi fin novembre, le cabinet a voté la prolongation des fonctions du gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, pour un second mandat de cinq ans.

La Banque centrale avait alors revu à la baisse ses perspectives de croissance pour fin 2023 et 2024, citant un « niveau élevé » d’incertitude quant à la durée et à la portée de la guerre contre le Hamas, ainsi que l’absence de décisions gouvernementales adaptées et pourtant nécessaires pour couvrir financièrement les retombées économiques qui en résulteront.

Partant du principe que la guerre restera concentrée principalement sur le front sud, la Banque prévoyait dès lors une croissance économique de 2 % pour chacune des années 2023 et 2024 – soit une baisse par rapport à la prévision précédente d’octobre, qui prévoyait une croissance de 2,3 % en 2023 et de 2,8 % en 2024.

Bien que Yaron ait répété que l’économie israélienne était « robuste et stable » et qu’elle avait réussi par le passé à se remettre des conflits passés et à redevenir rapidement prospère, il a souligné que l’un des principaux piliers de l’incertitude concernant la reprise de l’économie était la détermination du gouvernement à réorienter les dépenses du budget de l’État 2024 et à donner la priorité aux besoins sécuritaires et civils.

Le taux d’inflation annuel d’Israël au cours des douze derniers mois est passé de 4,1 % en août à 3,7 % en octobre, mais il reste supérieur à la fourchette cible du gouvernement, qui se situe entre 1 % et 3 %.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet à la Kirya, à Tel Aviv, le 31 décembre 2023. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

La Banque centrale prévoit un ralentissement de l’inflation dans les mois à venir et un retour dans la fourchette cible au cours du premier semestre 2024.

« Malgré l’ancrage des attentes en matière d’inflation, les effets de la guerre sur les niveaux d’inflation ne sont pas encore clairs », avait averti Yaron.

« Ils dépendront de la gravité relative des limitations de l’offre et des baisses de la demande. »

« Dans la mesure où la récente stabilité des marchés financiers se consolide et où le climat inflationniste continue de se rapprocher de la fourchette cible, la politique monétaire sera d’autant plus en mesure de soutenir l’activité économique », avait souligné fin novembre Yaron, faisant référence au scénario d’une éventuelle baisse des taux d’intérêt dans les mois à venir.

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