Israël veut atténuer la crise énergétique à Gaza grâce au solaire – média
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Israël veut atténuer la crise énergétique à Gaza grâce au solaire – média

Le projet qui aurait été présenté aux envoyés américains, serait financé par des donateurs - la production serait 15 fois supérieure à la plus grande centrale solaire du pays

Vue aérienne d'un champ d'énergie photovoltaïque de 40 mégawatts récemment construit au  Kibbutz Ketura, et qui fournit un tiers de la consommation quotidienne d'électricité de la ville d'Eilat (Autorisation)
Vue aérienne d'un champ d'énergie photovoltaïque de 40 mégawatts récemment construit au Kibbutz Ketura, et qui fournit un tiers de la consommation quotidienne d'électricité de la ville d'Eilat (Autorisation)

Israël a approuvé un plan de construction d’une centrale solaire en Israël pour fournir de l’électricité à la bande de Gaza et atténuer la crise de l’électricité dans l’enclave palestinienne, a rapporté mardi un journal israélien.

Selon un article du quotidien Yedioth Ahronoth, qui cite des sources diplomatiques sous couvert d’anonymat à Jérusalem, les panneaux seraient installés près du point de passage d’Erez entre Gaza et Israël en tant que mesure unilatérale, sans l’implication de l’organisation terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza.

Sa construction serait financée par des donateurs privés en Israël et à l’étranger.

Cette mesure pourrait changer la situation dans le territoire en manque de ressources énergétiques, selon le rapport, ajoutant qu’il a été discuté cette semaine avec les envoyés américains en visite Jared Kushner et Jason Greenblatt, qui ont effectué une tournée au Moyen Orient en prévision du dévoilement du plan de paix du président américain Donald Trump.

Gaza reçoit actuellement environ 120 mégawatts provenant d’Israël, après que la seule centrale électrique de la bande de Gaza a été fermée plus tôt cette année et que l’Égypte a récemment cessé de fournir de l’électricité, affirmant que les lignes électriques ont été endommagées par l’organisation terroriste de l’État islamique.

Illustration : Des enfants palestiniens font leurs devoirs à la lumière des bougies lors d’une coupure de courant dans la ville de Gaza le 11 septembre 2017. (AFP Photo/Mahmud Hams)

Les habitants de la bande de Gaza ne disposent que de quatre heures d’électricité par jour.

Le simple fait de doubler cette durée à huit heures nécessiterait que la centrale solaire couvre environ 120 hectares, soit 15 fois plus grand que la plus grande exploitation d’Israël, au Kibboutz Ketura, qui ne fait que 8 hectares.

Selon le rapport, le projet initial prévoyait d’installer les panneaux photovoltaïques dans la péninsule du Sinaï en Égypte, mais Le Caire a rejeté l’initiative.

Un autre projet visant à atténuer les difficultés économiques de Gaza était de permettre à 6 000 résidents de travailler dans les localités israéliennes proches de la bande de Gaza.

Mais ce projet aurait été rejeté par l’agence de sécurité du Shin Bet, qui considère les travailleurs sortant de Gaza comme une menace concrète pour la sécurité. L’agence a déclaré qu’une telle mesure pourrait fournir des renseignements au Hamas et être utilisée pour introduire clandestinement de l’argent dans la bande de Gaza à des fins terroristes.

Un Palestinien marche vers la seule centrale électrique de la bande de Gaza, qui fournit un cinquième des besoins en électricité de la région en conflit, après avoir cessé de travailler à minuit la veille en raison d’un manque de carburant selon les autorités locales, le 15 février 2018. (MOHAMMED ABED/AFP)

Les responsables israéliens et d’autres pays s’efforcent de trouver des moyens d’améliorer la situation humanitaire dans la bande de Gaza et éventuellement de financer de nouveaux projets d’infrastructure, considérés comme la clé de la réduction de la violence dans l’enclave sous blocus.

Lundi, Hadashot TV a rapporté qu’Israël a accepté d’installer un quai flottant à Chypre pour recevoir des marchandises à destination de Gaza afin de faciliter la réhabilitation de l’enclave palestinienne en difficulté, conditionnant le plan au retour de deux civils israéliens et des corps de deux soldats de Tsahal détenus par l’organisation terroriste du Hamas.

Israël aurait l’intention d’élaborer un plan de travail dans les mois à venir et de le présenter directement à la population de Gaza, en contournant également le Hamas. Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a proposé l’idée au président chypriote Nicos Anastasiades à Chypre au cours du week-end, selon le rapport.

Le projet prévoit la mise en place d’une équipe de travail dans un délai de deux semaines, l’objectif étant de mettre en place un plan de travail sous trois mois.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 18 juin 2018. (Miriam Alster/ Flash90)

Le ponton comprendrait un système de surveillance israélien pour empêcher le Hamas, qui cherche à détruire Israël, de profiter de l’occasion pour introduire clandestinement des armes et du matériel pour des attaques terroristes à Gaza. Le Hamas a depuis longtemps fait de l’accès à un port maritime un objectif stratégique clé.

Deux civils israéliens apparemment mentalement malades – Abera Mengistu et Hisham al-Sayed – qui sont entrés de leur plein gré à Gaza respectivement en 2014 et 2015, sont actuellement détenus par le Hamas, avec les dépouilles de deux soldats de Tsahal : Hadar Goldin et Oron Shaul.

En 2007, le Hamas a pris le contrôle de Gaza des mains de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie, qui est dirigée par le parti rival du Fatah. Plusieurs tentatives de réconciliation entre le Hamas et le Fatah ont échoué.

Gaza est en proie à de graves problèmes d’infrastructure qui ont restreint l’accès à l’eau potable et à de graves pénuries d’électricité, ainsi qu’à un effondrement économique. Israël et l’Égypte imposent un blocus maritime sur le territoire pour empêcher la contrebande d’armes par l’organisation terroriste de Gaza. Les marchandises arrivent dans les ports israéliens, où elles sont passées au crible afin de détecter la présence d’armes ou de matériel militaire, puis transférées à Gaza à bord de centaines de camions chaque jour.

Israël affirme que le Hamas a détourné des centaines de millions de dollars d’aide financière internationale et de matériaux pour développer ses forces et ses infrastructures militaires.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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