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Italie : La publication d’un élu anti-vax au sujet de Liliana Segre fait scandale

Fabio Meroni, de la Ligue du nord d'extrême-droite, a suscité l'indignation en faisant référence à cette survivante de la Shoah par le numéro que les nazis lui avaient tatoué

Liliana Segre, survivante de la Shoah, s'entretient avec de jeunes étudiants à l'occasion d'une commémoration de la Shoah, au théâtre Arcimboldi à Milan, Italie, le 24 janvier 2018. (AP Photo/Luca Bruno)
Liliana Segre, survivante de la Shoah, s'entretient avec de jeunes étudiants à l'occasion d'une commémoration de la Shoah, au théâtre Arcimboldi à Milan, Italie, le 24 janvier 2018. (AP Photo/Luca Bruno)

Un député italien d’extrême-droite et anti-vax a suscité l’indignation quand il s’est référé à une célèbre survivante de la Shaoh par le numéro que les nazis lui avaient tatoué sur le bras.

Fabio Meroni, conseiller de Lissone, une ville du nord de la Lombardie, a posté cette publication pendant le week-end au sujet de Liliana Segre, 91 ans, sénatrice et survivante de la Shoah, qui a soutenu ouvertement la campagne de vaccination lancée dans le pays.

Le numéro avait été tatoué sur sa peau quand elle avait été déportée, jeune adolescente, au camp de concentration d’Auschwitz.

« Tout ce qui manquait dans ce débat sur la vaccination, c’était bien elle… le numéro 75190, » a écrit Meroni dans un post sur Facebook, attaquant Segre qui a récemment affirmé que la vaccination était la seule porte de sortie de la crise entraînée par la pandémie de COVID-19.

Le nombre avait été tatoué sur le bras de Segre en 1944 quand elle avait été envoyée au camp, à l’âge de 13 ans. Son père et ses grands-parents paternels avaient été assassinés à Auschwitz. Sa mère était morte à Milan quand Segre était toute petite.

Les conseillers du Partito Democratico, une formation de centre-gauche, à Lissone ont appelé Meroni à présenter des excuses publiques mais le député a riposté en disant qu’il n’avait pas cité le nom de Segre pour éviter la censure de Facebook.

Faire l’équivalence entre la vaccination et le racisme nazi est « vulgaire », ont expliqué les conseillers dans un communiqué, et est « une offense faite à tous ceux qui connaissent l’Histoire et qui ont le sens de l’humanité », ont rapporté les médias.

Meroni a répondu en insistant sur le fait qu’il avait « utilisé son numéro au lieu de son nom pour éviter d’être banni de Facebook ».

Capture d’écran montrant le député italien d’extrême-droite Fabio Meroni. (Capture d’écran : YouTube)

La pression montant, Meroni a finalement présenté ses excuses, disant dans un communiqué que « dans ce climat de haine, malheureusement, je me suis moi aussi impliqué et j’ai tenté d’exprimer mes pensées d’une manière totalement erronée ».

Le post incriminé a été supprimé.

Se référant à la publication initiale de Meroni, Walker Meghnagi, président de la communauté juive de Milan, a déclaré qu’il était « intolérable » qu’un personnage public utilisé des termes « aussi vils » contre « ceux qui ont subi les horreurs des lois raciales dans leur chair ».

L’Association nationale des partisans italiens – ANPI – de Milan a également condamné le post du législateur. Son président Roberto Cenati a estimé dans un communiqué que Meroni avait utilisé « le même langage que celui par lequel les nazis niaient la personnalité de tous ceux qui ont fini au camp d’extermination d’Auschwitz et qui n’avaient commis qu’une seule faute, celle d’être nés ».

Ayant reçu de multiples menaces de mort, Segre est placée sous protection policière depuis 2019. Au mois de février, une nouvelle vague de haine à son encontre a fait son apparition en ligne après la publication par le gouvernement de Milan, où elle vit seule, d’images montrant Segre se faire vacciner contre la COVID-19. Le gouvernement recommandait à tous les Italiens de suivre son exemple.

Cela fait des années que Segre, survivante de la Shoah connue et connue dans le pays, tire la sonnette d’alarme face aux divisions au sein de la société italienne. Sa voix critique et ses efforts constants visant à mettre en garde ses concitoyens sur les dangers présentés par l’indifférence et la haine ont fait d’elle une héroïne aux yeux d’un grand nombre – mais une cible pour beaucoup d’autres.

La JTA a contribué à cet article.

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