Jean, Christian, Hervé, Arnaud : qui sont les 4 victimes du djihadiste ?
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Jean, Christian, Hervé, Arnaud : qui sont les 4 victimes du djihadiste ?

Un viticulteur à la retraite, un chef boucher, un ancien maçon – trois anonymes qui ont croisé le chemin du djihadiste – et un officier de gendarmerie tué en héros

Des personnes portent des couronnes de rameaux d'olivier à l'église Saint Etienne de Trebes, dans le sud-ouest de la France, pour un service commémoratif le 25 mars 2018, deux jours après un attentat dans lequel quatre personnes ont été tuées (AFP PHOTO / ERIC CABANIS)
Des personnes portent des couronnes de rameaux d'olivier à l'église Saint Etienne de Trebes, dans le sud-ouest de la France, pour un service commémoratif le 25 mars 2018, deux jours après un attentat dans lequel quatre personnes ont été tuées (AFP PHOTO / ERIC CABANIS)

Qui sont les quatre hommes tués lors de l’équipée meurtrière de Radouane Lakdim ? Un viticulteur à la retraite, un chef boucher, un ancien maçon – trois anonymes qui ont croisé le chemin du djihadiste, vendredi à Carcassonne et Trèbes (Aude) – et un officier de gendarmerie qui a pris la place d’une otage du Super U. 

Les voici présentés dans l’ordre chronologique :

Jean Mazières, viticulteur à la retraite

C’est la première victime du djihadiste : Jean Mazières, viticulteur sexagénaire à la retraite depuis deux ans, a été tué sur le coup, au tout début du parcours de Lakdim. Il était le passager de l’Opel Corsa blanche sur laquelle le djihadiste a ouvert le feu vers 10H00 à Carcassonne, pour la voler. Le conducteur, de nationalité portugaise, est lui grièvement blessé. 

Natif de la commune voisine de Villedubert comme sa famille depuis quatre générations, M. Mazières, marié, père d’un enfant, était impliqué dans beaucoup d’associations et notamment au comité des fêtes de sa ville. « C’était quelqu’un de très jovial qui aimait la vie, qui aimait faire la fête », a commenté Marc Rofes, maire de Villedubert, un village à 5 km de Trèbes. « On a perdu quelqu’un apprécié de tous. Ce n’est vraiment pas de chance, il était au mauvais endroit au mauvais moment, c’est un destin tragique », a-t-il ajouté.

Christian Medves, le chef boucher du Super U

Au début de la prise d’otages dans le Super U de Trèbes, Christian Medves, le chef boucher du supermarché, a été tué d’une balle dans la tête, vers 11H15, selon un témoin et collègue, Jacky. Pourquoi ? Ses amis s’interrogent. « On ne sait pas encore ce qui s’est passé, mais connaissant Christian, je l’imagine bien avoir voulu s’interposer. C’était un bon mec, un mec courageux et digne », a raconté Franck Alberti, son ami depuis 45 ans, dans le quotidien L’Indépendant

Christian Medves, marié, père de deux filles – Florie et Julie – venait à peine de fêter ses 50 ans et était déjà grand-père d’une petite-fille d’un an. C’était un bon vivant et un sportif accompli. Il aimait la vie, le vin, les fêtes qui, lorsqu’il les organisait, ne se terminaient jamais tôt.

Hervé Sosna, l’ancien maçon, client du supermarché

A côté du chef boucher, se trouvait un client que le djihadiste a aussi abattu : Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite qui se rendait « dans ce magasin deux fois par semaine », a raconté son demi-frère William Durand, au quotidien régional La Dépêche du Midi.

Cet habitant de Trèbes « avait de grandes capacités intellectuelles, lisait énormément, surtout des poèmes. Mais comme il n’avait jamais voulu quitter Trèbes, il s’était lancé dans le bâtiment », a témoigné M. Durand, qui voyait son frère « tous les jours ». « Il n’avait rien demandé et on l’a tué comme ça », s’est-il désolé.

Arnaud Beltrame, le gendarme héroïque

Le Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame est mort en héros. Cet officier de gendarmerie s’est substitué à une otage dans le supermarché, laissant son téléphone ouvert. Grièvement blessé par l’assaillant, il est décédé samedi à l’aube.

Arnaud Beltrame (Crédit : Hommage à Arnaud Beltrame/Facebook)

Le président Emmanuel Macron lui a rendu hommage, soulignant qu’il « a fait preuve d’un sang-froid exceptionnel et a illustré les vertus militaires d’une manière éclatante, qui mérite respect et admiration de la nation tout entière ». « Mort pour la patrie. Jamais la France n’oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice », a tweeté le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

« Il a donné sa vie pour quelqu’un d’autre. Il savait certainement qu’il n’avait pratiquement aucune chance », a témoigné son frère Cédric sur RTL. « Pour lui, c’est sa raison de vivre, défendre la patrie », a renchéri sa mère.

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