Jean-Marie Le Pen publie des photos avec Jesse Jackson, qui dément une rencontre intentionnelle
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Jean-Marie Le Pen publie des photos avec Jesse Jackson, qui dément une rencontre intentionnelle

Le révérend américain et militant pour les droits civiques, pris en photo avec le président d'honneur du FN, a déclaré trouver "ses idées xénophobes et répugnantes"

Jean-Marie Le Pen, en mai 2014. (Crédit : AFP)
Jean-Marie Le Pen, en mai 2014. (Crédit : AFP)

Le révérend américain et militant pour les droits civiques Jesse Jackson a démenti mercredi avoir rencontré intentionnellement l’ex-président du parti français d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, qui a diffusé sur Twitter des photos d’un dîner ensemble.

« Je ne savais pas que vous viendriez au dîner. Je ne vous avais jamais rencontré auparavant. Je ne partage pas vos convictions », a tweeté le révérend via son compte officiel, en réponse à un premier tweet du cofondateur du Front national.

M. Le Pen y reproduisait une photo de lui et du révérend ainsi qu’une dédicace manuscrite de ce dernier : « May 8-’16. Jean-Marie, Jany Le Pen (ndlr : son épouse), Keep Hope Alive, Continue », soit « 8 mai 2016, Jean-Marie, Jany Le Pen, gardez l’espoir vivant, continuez. »

En réponse, M. Le Pen a rendu publique une nouvelle photo du dîner où le révérend, souriant, se situe entre lui et Mme Le Pen, filmés par une caméra. En commentaire : « A l’attention des médias qui parlent de ‘dîner fantasmé’ #desinformation ».

M. Jackson « savait qu’il aller dîner avec Jean-Marie Le Pen et qui c’était, il n’y avait pas de piège », a assuré l’entourage de M. Le Pen à l’AFP.

« Je ne connais pas M. Le Pen, je ne l’ai jamais rencontré (avant). Je trouve ses idées xénophobes et répugnantes », a réaffirmé mercredi M. Jackson à l’AFP, en marge d’une rencontre avec des entrepreneurs de banlieue à Paris.

Jean-Marie et Jany Le Pen « étaient conviés par d’autres invités. Ce n’était pas du tout un dîner politique. Ce qui m’intéressait, c’était les commémorations de l’esclavage », a-t-il assuré.

« Si j’avais su qui il était, je serais parti, pour marquer mon dégoût » envers ses idées politiques, a-t-il ajouté. « La xénophobie et l’antisémitisme sont répugnants et n’aident vraiment pas à bâtir un monde pacifique », a ajouté le révérend, se disant « trahi » et « déçu » par « ceux qui ont tweeté cette rencontre ».

Mardi soir, l’ancienne ministre française de la Justice Christiane Taubira, cible régulière d’attaques de l’extrême droite, avait tweeté : « Pitoyable et invraisemblable cette tentative de Jean-Marie Le Pen de se faire adouber par le révérend. Esprits inconciliables ».

En voyage en France, M. Jackson a notamment assisté mardi à Paris à diverses commémorations officielles de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, aux côtés du président François Hollande ou du Premier ministre Manuel Valls.

Il est également allé avec le chef du gouvernement fleurir la tombe du grand adversaire de l’esclavage Victor Schoelcher, artisan de son abolition définitive en France.

Jesse Jackson, militant politique pour les droits civiques, et notamment ceux des Noirs américains, était devenu dans les années 1980 la personnalité politique afro-américaine la plus importante. Il fut le premier Noir américain à obtenir assez de soutiens pour avoir une chance de remporter la primaire du parti démocrate en 1984.

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