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Jérusalem : La foule fustige Netanyahu, « le pire ennemi du peuple juif » selon une mère d’otage

Des dizaines de milliers de personnes réclament un accord, de peur des conséquences de la prise de Gaza-City pour les otages qui, s'ils meurent, viendront hanter le Premier ministre, estiment les proches

Une immense banderole appelant le président américain à faire avancer un accord sur les otages à Gaza, déployée sur la Place des Otages, à Tel Aviv le 6 septembre 2025. (Crédit : OM/Forum des familles des otages)
Une immense banderole appelant le président américain à faire avancer un accord sur les otages à Gaza, déployée sur la Place des Otages, à Tel Aviv le 6 septembre 2025. (Crédit : OM/Forum des familles des otages)

Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis samedi soir à proximité de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, pour un rassemblement organisé par les familles des otages détenus à Gaza, pour accuser le Premier ministre de sacrifier leurs proches pour rester au pouvoir.

Ce rassemblement de masse – qui s’est tenu dans la capitale, et non à Tel Aviv où se déroulent habituellement la plupart des rassemblements hebdomadaires – a été organisé dans le contexte du plan de l’armée israélienne visant à prendre le contrôle de Gaza-City, au nord de la bande de Gaza, où se trouveraient certains des 48 otages restants.

Tsahal poursuit l’opération, sur ordre du gouvernement, malgré l’opposition de nombreux hauts responsables de la défense, qui estiment que cette campagne pourrait mettre davantage en danger la vie des otages.

Les manifestants sont partis du Pont de Cordes, près de l’entrée de Jérusalem, en direction de la résidence de Netanyahu, rue Azza, brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Gouvernement de l’ombre de la mort » et scandant : « Pourquoi sont-ils toujours à Gaza ? »

Au cours de leur marche, Ora Rubinstein, la tante de Bar Kupershtein, otage du Hamas, s’est adressée directement à Netanyahu, déclarant qu’ils n’étaient « ni des anarchistes, ni des partisans de droite, ni des partisans de gauche – nous sommes des familles, et nous exigeons que vous les libériez tous [les otages], immédiatement ».

La police a encadré les manifestants et la route a été fermée pour permettre au cortège de passer. Les agents avaient installé un canon à eau à un carrefour emprunté par les manifestants, mais ils ne l’ont pas utilisé.

Des proches et sympathisants d’otages détenus dans la bande de Gaza participant à un rassemblement pour réclamer leur libération par le Hamas et demander la fin de la guerre, à Jérusalem, le 6 septembre 2025. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

« Si quelque chose arrive, vous en paierez le prix »

Une foule nombreuse attendait les manifestants sur la Place de Paris, à moins d’un kilomètre du domicile de Netanyahu, pour la principale manifestation de la soirée.

Là, les mères des soldats otages Matan Angrest et Nimrod Cohen, se sont adressées à la foule.

Au début de son discours, Anat Angrest a déchiré ses notes et déclaré à la foule que des responsables de la défense l’avaient récemment contactée pour lui expliquer les risques liés à l’extension de l’opération de Tsahal à Gaza-City.

Elle a déclaré avoir été informée que « le risque avait déjà augmenté ces derniers jours en raison des activités menées par l’armée avant la manœuvre » et qu’il augmentait de jour en jour.

« Le Premier ministre a décidé d’appliquer le ‘protocole Hannibal’ à mon Matan, à tous les otages », a déclaré Angrest.

Le protocole Hannibal, très controversé, est un ordre militaire officiellement abrogé en 2016 qui accordait aux troupes une large autorisation de faire tout ce qui était nécessaire pour empêcher l’enlèvement d’un camarade soldat, y compris des actions susceptibles de mettre leur vie en danger.

« Monsieur le Premier ministre, en tant que père, vous me privez de Matan, vous privez Matan de sa liberté, vous le privez de sa vie ! », s’est écriée Angrest.

« Ce n’est pas une menace, monsieur le Premier ministre. Si quelque chose arrive, vous en paierez le prix – c’est la parole d’une mère », a-t-elle averti Netanyahu.

Vicky Cohen, la mère de Nimrod, a également averti le Premier ministre que si quelque chose arrivait à son fils captif, elle « ferait en sorte qu’il n’ait plus un instant de tranquillité pour le reste de sa vie ».

« N’est-ce pas déjà assez grave que 42 otages aient été assassinés pendant leur captivité ? », a-t-elle demandé.

« Et que fait le ministre de la Défense [Israel Katz], le commandant en chef de mon Nimrod ? Il publie un tweet d’une seule phrase [sur le réseau social X] : ‘Nous avons commencé’ – en référence à une publication de Katz célébrant une frappe sur un immeuble [utilisé par le groupe terroriste palestinien du Hamas] à Gaza-City. »

Anat Angrest (à gauche) et Vicky Cohen, les mères des soldats otages Matan Angrest et Nimrod Cohen, prenant la parole lors d’un rassemblement, près du domicile du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 6 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Qu’avez-vous commencé exactement ? », a demandé Cohen.

« Ajouter une menace supplémentaire à la vie des otages qui peinent déjà à survivre ? De quoi êtes-vous fiers exactement ? »

Elle a fait remarquer qu’il y avait « un accord global sur la table » qui garantirait la libération des 48 otages, mais que Netanyahu refusait de le signer.

« Lorsque le Hamas a exigé un accord partiel, il [Netanyahu] a exigé un accord global », a déclaré Cohen.

« Et lorsque le Hamas a accepté un accord global, il a exigé un accord partiel et a intensifié cette guerre politique inutile. »

Ces dernières semaines, le gouvernement a adopté la position selon laquelle il n’accepterait qu’un accord prévoyant la libération de tous les otages, ce qui signifierait la fin de la guerre. De son côté, le Hamas a déclaré qu’il accepterait un cadre progressif très similaire à celui précédemment accepté par Israël.

« Mon fils peut rentrer vivant à la maison demain matin, mais le Premier ministre compromet cette possibilité », a déclaré Cohen, sous les huées de la foule à l’encontre de Netanyahu.

« Mon enfant ne sera pas sacrifié sur l’autel de la politique. »

Des milliers de personnes participant à une manifestation pour demander la fin de la guerre et la libération de tous les otages détenus par le Hamas, à Jérusalem, le 6 septembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/FLASH90)

« Si un seul cheveu de la tête de mon Nimrod est touché, je vous poursuivrai sans relâche jusqu’à la fin de vos jours », a-t-elle juré.

« Mon tendre garçon… Je ne sais pas comment il fait face à l’enfer qui règne à Gaza. »

Un héritage fait de « massacres et d’échecs »

Einav Zangauker, dont le fils Matan est retenu en otage à Gaza, est également montée sur scène, où elle a déclaré que Netanyahu était le pire ennemi que le peuple juif ait jamais connu.

« Le peuple juif a connu de nombreux persécuteurs tout au long de l’histoire », a déclaré Zangauker.

« Pharaon, Aman, ils ont mené des pogroms contre nous, mais vous, Benjamin Netanyahu, vous les battez tous. »

« Sept cent un jours se sont écoulés depuis que Matan a été enlevé dans son lit, au kibboutz Nir Oz et livré directement aux mains du Hamas », a-t-elle déploré, en repensant au chemin parcouru depuis lors, dans son combat acharné pour le ramener.

« Que n’ai-je pas fait ? », a-t-elle demandé de manière rhétorique.

« Je suis restée silencieuse pendant trois mois parce qu’ils nous ont dit de nous taire. Ils ont utilisé des tactiques d’intimidation, ‘taisez-vous, ce sera bientôt fini’. Cela n’a pas aidé. »

« Je me suis assise à la porte Begin à Tel Aviv avec d’autres familles d’otages. Nous avons exigé et crié : ‘Ramenez-les chez eux maintenant.’ Nous avons marché sous un soleil de plomb jusqu’à Jérusalem, nous sommes montés sur des cages, nous avons accordé des interviews aux médias, nous avons pris la parole à l’étranger, nous avons tout fait, mais ils ne sont toujours pas rentrés. »

« Netanyahu est le père des accords partiels et de la doctrine de la ‘selektzia’ », a-t-elle déclaré en référence à la pratique nazie consistant à séparer les membres d’une même famille et à envoyer certains d’entre eux à une mort certaine, « le père de la doctrine de la subversion, de la division et de l’incitation, le père de la doctrine de l’abandon et du sacrifice ».

Elle a affirmé que les loyalistes du Premier ministre « divulguaient des documents classifiés en violation de la loi, incitaient à la haine contre nous, contre les citoyens du pays, détruisaient tout ce qu’il y avait de bon dans le pays et dans la démocratie, et pour quoi ? Pour que le massacre du 7 octobre [2023] ne lui colle pas à la peau ».

Einav Zangauker, mère de Matan Zangauker, otage du Hamas, s’exprimant lors d’un rassemblement près du domicile du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 6 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Netanyahu, votre seul héritage est le massacre et l’échec du 7 octobre », a déclaré Zangauker à l’adresse du Premier ministre.

« Mais vos mensonges ne nous arrêteront pas. »

À un moment donné, une partie de cette immense foule a commencé à scander des slogans contre Netanyahu, le qualifiant de « traître », avant que Zangauker ne reprenne son discours.

« Mon Matan fait tout ce qu’il peut pour survivre dans les tunnels du Hamas, parce que vous l’avez abandonné », a-t-elle crié.

« Pourquoi, depuis trois semaines, ne répondez-vous pas à la proposition du Hamas ? Pourquoi envoyez-vous [le ministre des Affaires stratégiques Ron] Dermer mentir au président [américain] [Donald] Trump ? »

Lors de son allocution devant la foule massée à Jérusalem réclamant un accord sur les otages, Yaël Adar, la mère de l’otage assassiné Tamir Adar, a accusé Netanyahu de condamner à mort les otages encore en vie, affirmant qu’il fallait les sauver avant de récupérer les dépouilles des morts.

« Je vous vois mettre les otages vivants devant un peloton d’exécution, alors comment puis-je croire que vous êtes capable de ramener les otages assassinés ? », a-t-elle demandé.

Plus tôt dans la soirée, Ilana Gritzewsky, la compagne de Matan Zangauker, elle-même ex-otage, a évoqué son absence lors d’un rassemblement hebdomadaire sur la Place des Otages, à Tel Aviv.

« Matan, tu me manques », a-t-elle déclaré sans détour.

« Nos pâtes à la crème me manquent, nos promenades avec notre chien me manquent, nos rires me manquent, nos dîners du vendredi soir et nos moments passés ensemble me manquent, me lever tôt le matin et terminer chaque journée par un câlin me manque. Mon meilleur ami me manque. »

« Je continue à vivre en captivité et à penser à Matan qui dépérit », a-t-elle déclaré.

« Je le vois affamé, assoiffé, faible. »

« Je me demande s’il se souvient de ma voix, de ma peau, de ce à quoi je ressemble. »

Gritzewsky a accusé Netanyahu de prolonger la captivité des otages pour des raisons politiques.

« Alors que Matan et les autres otages dépérissent dans l’obscurité, le Premier ministre s’accroche à son poste », a-t-elle ajouté.

« C’est l’ennemi qui nous a pris en otages, mais ce sont vous, les décideurs, qui nous séquestrez depuis 701 jours. »

Des milliers de personnes participant à un rassemblement appelant à la fin de la guerre et à la libération de tous les otages, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 6 septembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

« Vous n’avez pas tout fait. Vous n’en avez pas fait assez, car si vous l’aviez fait, ils seraient déjà là », a-t-elle déclaré, ajoutant que « le gouvernement a trahi ses citoyens ».

Des milliers de personnes se sont rassemblées sur la Place des Otages et dans la rue adjacente, Shaul HaMelech, pour assister au rassemblement hebdomadaire, qui a eu lieu avant la manifestation principale de la nuit à Jérusalem, et pour écouter d’anciens otages ainsi que les familles de ceux qui sont toujours retenus en otage à Gaza.

Au milieu de la place, les manifestants ont déployé une grande banderole à l’attention du président américain, Donald Trump, l’exhortant à « sauver les otages maintenant ! ».

Des proches d’otages assassinés ont également pris la parole lors du rassemblement, exprimant leur colère face au projet de prise de contrôle de Gaza-City et racontant les derniers instants de leurs proches.

« Le cabinet a décidé de prendre le contrôle de Gaza… sans dire comment il allait s’y prendre pour éviter la mort des otages », a déclaré Orna Neutra, mère du soldat capturé et assassiné Omer Neutra.

« Celui qui ne donne pas de réponses aujourd’hui portera à jamais la marque de la honte. »

Prenant la parole après Neutra, Boaz Zalmanovich a indiqué aux manifestants qu’il avait récemment vu des images filmées de près de son père âgé de 86 ans, l’otage assassiné Aryeh Zalmanovich, emporté de force à Gaza par ses ravisseurs du Hamas lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023.

« Il y a deux semaines, j’ai vu une vidéo filmée par l’un des meurtriers lors de cette horrible journée qui dure depuis déjà 701 jours », a-t-il déclaré.

« L’enregistrement a été réalisé de près, chaque détail est visible : le bandage sur la tête de mon père qui recouvre sa plaie ouverte… le sang qui coule sur sa barbe, ses yeux effrayés qui regardent avec horreur, et ses mains frêles qui tentent de s’agripper au dos de l’ordure assise devant lui. »

« Mon père a été abandonné le matin du 7 octobre et a atrocement souffert pendant 40 jours avant de mourir », a poursuivi Zalmanovich.

« Et le gouvernement israélien, qui fait passer la terre avant les personnes, qui privilégie la vengeance et non la miséricorde, n’est pas venu le secourir. »

« Depuis 701 jours, le monstre de l’abandon dévore tout ici », a-t-il déclaré.

« Mais le gouvernement cruel préfère continuer à faire couler le sang plutôt que de mettre fin à la guerre et de libérer les otages. »

Ofir Sharabi, la fille de l’otage assassiné Yossi Sharabi, a exprimé sa crainte que la nouvelle offensive sur Gaza-City rende impossible la récupération du corps de son père et des restes des autres otages assassinés.

En février 2024, Tsahal a déclaré que Sharabi avait probablement été tué dans l’effondrement d’un bâtiment, à proximité d’un autre bâtiment ciblé par l’armée.

« Mon père a été tué à cause de la pression militaire exercée près de l’immeuble où il était détenu, mais nous devons supplier pour qu’il soit ramené afin d’être enterré ? », a-t-elle demandé.

Des milliers de personnes participant à une marche de protestation pour demander la fin de la guerre et la libération de tous les otages, à Jérusalem, le 6 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

« La décision de conquérir Gaza-City signifie le meurtre et la disparition des otages. »

Le rassemblement sur la place des Otages s’est terminé par l’Hatikva, l’hymne national israélien, chanté par Yuval, la sœur d’Ofir.

Alors que les semaines précédentes, les manifestants quittaient souvent la Place des Otages pour rejoindre la manifestation ouvertement anti-gouvernement réclamant un accord sur les otages, qui se tenait dans la rue Begin toute proche, des familles d’otages ayant organisé ces rassemblements ont annoncé, le mois dernier, qu’elles les suspendaient pour le moment, afin de consolider la campagne en faveur de la libération des otages.

La rue Begin était donc pratiquement déserte, à l’exception de quelques dizaines de manifestants de gauche qui se tenaient auparavant en marge du rassemblement anti-gouvernement, brandissant des pancartes et scandant des slogans accusant Israël de perpétrer un « génocide » à Gaza.

Une vingtaine de policiers étaient positionnés à côté d’eux. Ils ont escorté un petit groupe de jeunes d’extrême droite qui passait en insultant les manifestants.

Des députés affirment que des manifestations de masse pourraient pousser Netanyahu à mettre fin à la guerre

Deux députés du parti Avoda, présents à la manifestation à Jérusalem, ont affirmé que le Premier ministre, qualifié de « sociopathe » et de « psychopathe borderline », ne travaillerait qu’à la libération des otages restants.

Gilad Kariv a déclaré au Times of Israel que si des centaines de milliers d’Israéliens étaient descendus dans la rue pour exiger la deuxième phase de l’accord, qui prévoyait la libération des otages restants et la fin de la guerre, Netanyahu n’aurait pas abandonné cet accord après la fin de sa première phase en mars.

« Sans les centaines de milliers d’Israéliens qui manifestent, cette guerre, comme la première guerre du Liban, durera 18 ans », a-t-il déclaré, ajoutant que les manifestations devaient être non violentes, tout en « paralysant le pays ».

Pour sa part, Netanyahu a fait valoir que le fait d’accepter de mettre fin à la guerre en échange de la libération de tous les otages restants, comme l’a proposé le Hamas, permettrait au groupe terroriste de se reconstituer, ce que le Premier ministre ne saurait accepter. Cependant, selon plusieurs sondages d’opinion, une majorité d’Israéliens tiennent à cet échange.

Interrogé sur l’importance des manifestations publiques pour parvenir à un accord sur les otages, alors que le gouvernement résiste depuis le début de l’année, Kariv a refusé d’aborder « ces questions philosophiques ».

« Le peuple israélien doit descendre dans la rue, car Netanyahu ne fera pas ce qu’il faut. Netanyahu n’est pas guidé par la morale et la conscience. Netanyahu est un narcissique et un psychopathe borderline », a-t-il affirmé.

« Les seules choses qui feront bouger Netanyahu, ce sont un million d’Israéliens dans les rues et la pression américaine. »

Kariv a insisté sur le fait que l’administration Trump avait exercé une telle pression, même si Washington a largement évité de critiquer la conduite de la guerre par Netanyahu et semble soutenir les plans du gouvernement israélien visant à prendre le contrôle de Gaza-City.

Le député de l’opposition de gauche a fait valoir que plus les Israéliens descendront dans la rue pour réclamer un accord sur les otages, plus il sera probable que Washington fasse pression sur Netanyahu en leur faveur.

À ses côtés, sur la scène principale de la manifestation sur la Place de Paris à Jérusalem, se trouvait sa collègue députée Naama Lazimi, qui a qualifié Netanyahu de « vrai sociopathe », faisant référence à la déclaration de ce dernier selon laquelle il dormait la conscience tranquille, même après le pogrom du Hamas du 7 octobre.

« On ne peut pas s’attendre à ce qu’il agisse de manière rationnelle, en comprenant le caractère sacré de la vie et ce que sont son rôle et ses responsabilités », a déploré Lazimi au Times of Israel.

Elle a souligné la décision prise par le cabinet de Netanyahu de divulguer des informations classifiées et déformées au tabloïd allemand Bild dans le but de neutraliser la pression publique croissante en faveur d’un accord immédiat pour la libération des otages après que six d’entre eux ont été assassinés par leurs geôliers fin, août 2024.

« Quand il y a des manifestations… cela le stresse et le fait trembler », a déclaré Lazimi.

« Netanyahu s’inquiète pour sa place, pour sa survie politique, pour son procès. Quand nous sommes là, il tremble. Nous devons nous mobiliser en masse pour sauver nos frères et nous sauver nous-mêmes », a-t-elle ajouté.

Une vue d’un camp de déplacés improvisé au stade Yarmouk, autrefois un terrain de football, alors que la fumée s’élève pendant que les frappes israéliennes sur Gaza-City, le 4 septembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Des craintes que les otages ne soient transférés à Gaza-City

Alors même que des familles d’otages imploraient que leurs proches soient protégés face à l’offensive imminente de Tsahal à Gaza-City, la chaîne N12 a rapporté samedi soir que les familles d’Alon Ohel et de Guy Gilboa-Dalal, qui apparaissent dans une vidéo diffusée vendredi par le Hamas, pensaient que les deux hommes y avaient récemment été transférés, d’après les informations fournies par d’anciens otages détenus avec eux.

Selon le reportage, on craint que d’autres otages aient également été transférés à Gaza-City, manifestement dans le but de les mettre en danger ou de dissuader Israël de mettre son plan à exécution.

Selon la chaîne, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, qui est opposé à l’opération, a déterminé que l’ordre de prendre la ville était légal et ne s’opposera donc pas à la décision politique.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Le Hamas a relâché 30 otages – 20 civils, 5 soldates et 5 ressortissants thaïlandais – ainsi que les corps de huit otages israéliens au cours de l’accord de cessez-le-feu en vigueur entre janvier et mars. Puis, en guise de « signe de bonne volonté » envers les États-Unis, il a libéré un autre otage, un citoyen américano-israélien, en mai.

Il avait précédemment libéré 105 civils au cours de la semaine de trêve de la fin novembre 2023, et quatre otages avaient été libérées auparavant, au cours des premières semaines de la guerre.

En échange, Israël a libéré quelque 2 000 terroristes palestiniens emprisonnés, ainsi que des prisonniers et des suspects de terrorisme gazaouis arrêtés pendant la guerre.

Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 51 otages ont été rapatriées, dont celles de trois Israéliens tués accidentellement par Tsahal et d’un soldat tué en 2014.

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