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Jordanie: des responsables limogés après une fuite mortelle de gaz dans un port

Le Premier ministre a déclaré l'enquête avait conclu à des "grandes négligences sur les procédures de sécurité et le traitement des matières dangereuses dans le port d'Aqaba"

Des experts médico-légaux jordaniens inspectent le site d'une explosion de gaz toxique dans le port d'Aqaba sur la mer Rouge, le 28 juin 2022. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Des experts médico-légaux jordaniens inspectent le site d'une explosion de gaz toxique dans le port d'Aqaba sur la mer Rouge, le 28 juin 2022. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Plusieurs hauts responsables jordaniens ont été limogés après une fuite de chlore lundi dernier dans le port d’Aqaba ayant causé la mort de treize personnes et blessé plus de 260, a annoncé dimanche le Premier ministre, Bicher al-Khasawneh.

La fuite de chlore s’est produite après la chute d’un conteneur avec du gaz liquide qui était transporté par une grue, avant qu’il ne tombe sur un bateau, libérant un épais nuage jaune.

Aqaba, l’un des principaux ports de la mer Rouge, est également le seul du royaume hachémite, par lequel transitent la plupart des importations et exportations jordaniennes. La ville est en outre une importante station balnéaire.

M. Khasawneh a déclaré lors d’un conseil des ministres que l’enquête avait conclu à des « grandes négligences sur les procédures de sécurité et le traitement des matières dangereuses dans le port d’Aqaba ».

Le Premier ministre jordanien Bisher al-Khasawneh (C) visite le site d’une explosion de gaz toxique dans le port d’Aqaba sur la mer Rouge, le 28 juin 2022. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

De son côté, le ministre jordanien de l’Intérieur, Mazen al-Faraya, qui a présidé la commission d’enquête, a confirmé lors d’une conférence de presse que des « négligences à plusieurs niveaux » étaient à l’origine de l’accident.

Il a pointé du doigt notamment la responsabilité du « directeur général de l’Autorité maritime jordanienne, du directeur général de l’entreprise de gestion et d’exploitation des ports d’Aqaba », ainsi que deux autres chefs de département de cette entreprise.

Les responsables n’ont selon l’enquête « pas pris les précautions nécessaires pour la sécurité publique lors du chargement de ces matières dangereuses ».

« Le poids du conteneur était de 28 900 tonnes, soit trois fois plus que la capacité du câble de 8,6 tonnes, ce qui a entraîné sa rupture », a expliqué le ministre.

Selon lui, l’enquête a prouvé que « certaines tâches dans le port ont été attribuées à des employés non spécialisés ».

Par ailleurs, 95 % des quelque 2 300 employés du port d’Aqaba ont entamé dimanche une grève, selon un dirigeant syndical.

Ils « protestent contre les manquements aux mesures de sécurité dans le port, qui a entraîné des morts et des blessés parmi leurs collègues », a déclaré à l’AFP Ahmed Amayreh, chef du syndicat des travailleurs du port.

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