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« Jouez avec Israël, vous en paierez le prix », avertit le Premier ministre

À la conférence Cyber Week, Bennett a déclaré qu’Israël riposterait à toute agression, notamment iranienne, Téhéran étant présenté comme « rival dominant »

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett prend la parole à la conférence de la Semaine de la cybersécurité à Tel-Aviv, le 28 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran Youtube)
Le Premier ministre Naftali Bennett prend la parole à la conférence de la Semaine de la cybersécurité à Tel-Aviv, le 28 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran Youtube)

Le Premier ministre sortant, Naftali Bennett, a averti mardi, au lendemain d’une cyberattaque qui a frappé les principales entreprises sidérurgiques iraniennes, que quiconque tenterait une cyberattaque contre Israël « en paierait le prix ».

« La règle avec nos ennemis, en particulier l’Iran… c’est que nous ne faisons pas de ravages à Téhéran – cela n’a jamais été notre politique. Mais si vous jouez avec Israël, vous en payez le prix », a déclaré Bennett lors de la conférence Cyber Week à Tel Aviv.

La cyberattaque de lundi a contraint la société d’État Khuzestan Steel Co. à stopper la production, tandis que deux autres grands producteurs d’acier déclaraient avoir été pris pour cible.

Un groupe de hackers anonymes a revendiqué sur les réseaux sociaux la responsabilité de l’attaque, affirmant avoir ciblé les trois plus grandes entreprises sidérurgiques iraniennes en réponse aux « agressions de la République islamique ».

Le groupe, qui se fait appeler « Gonjeshke Darande », a publié ce qu’il prétend être des images de vidéo-surveillance de l’usine Khuzestan Steel Co., donnant à voir les dysfonctionnements d’une machinerie lourde sur une ligne de production de barres d’acier, à l’origine d’un énorme incendie.

Les correspondants militaires israéliens, régulièrement informés par de hauts responsables de manière officieuse, ont laissé entendre qu’Israël était responsable de l’attaque, en représailles à ce qui a été présenté comme une cyberattaque qui avait déclenché des sirènes antiaériennes à Jérusalem et Eilat, la semaine passée.

« Tout comme il y a une dissuasion nucléaire, il y aura une cyber-dissuasion… Si quelqu’un nous attaque sur le cyber-espace, nous l’attaquerons en retour », a assuré Bennett.

Capture d’écran de ce que l’on croit être des images de vidéo surveillance obtenues de l’usine iranienne de Khuzestan Steel Co., où une pièce de machinerie lourde dysfonctionne et provoque un incendie de grande ampleur, le 27 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran Twitter)

S’exprimant lors de la même conférence, le chef de la Direction nationale de la cybersécurité d’Israël, Gaby Portnoy, a déclaré que l’Iran était devenu un « rival dominant » dans le cyber-espace, à l’origine d’attaques répétées ces derniers mois contre des infrastructures civiles.

« Le temps où n’existait qu’un seul type d’ennemi idéologique déclaré est révolu. D’une part, l’Iran est devenu notre rival dominant dans le cyber-espace, avec le Hezbollah et le Hamas », a expliqué Portnoy. « Nous les observons, nous savons comment ils fonctionnent, et nous sommes là. »

« D’autre part, le spectre a été étendu à d’autres attaquants, groupes, mandataires, organisations criminelles indépendantes et particuliers », a ajouté Portnoy.

Selon les données présentées par la direction lors de la conférence, 1 500 cyberattaques auraient été déjouées au cours de la seule année écoulée en Israël.

Le Brigadier général (à la retraite) Gaby Portnoy, directeur général de la Direction nationale de la cybersécurité en Israël. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Israël et l’Iran se livrent depuis des années une cyber-guerre, essentiellement secrète, qui remonte occasionnellement à la surface.

Les responsables israéliens ont ainsi accusé l’Iran d’avoir tenté de pirater le système d’eau d’Israël en 2020.

À son tour, l’Iran a accusé les États-Unis et Israël de cyberattaques qui ont nui aux infrastructures du pays.

L’Iran avait dû déconnecter une grande partie de son infrastructure gouvernementale d’Internet après que le virus informatique Stuxnet –considéré comme une création américano-israélienne – a perturbé des milliers de centrifugeuses iraniennes dans les centres nucléaires, à la fin des années 2000.

Lors d’un incident de grande ampleur l’an dernier, une cyberattaque contre le système de distribution de carburant iranien avait paralysé les stations-service dans tout le pays, entraînant de longues files d’attente d’automobilistes en colère. Le même groupe de piratage anonyme, Gonjeshke Darande, avait revendiqué la responsabilité de cette attaque.

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