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Juger de l’immunité au COVID avec un test d’anticorps? Une étude israélienne dit oui

L’équipe assure que ces tests pourront être utilisés comme outil de dépistage pour l’attribution des premiers lots de vaccins modifiés dès qu’ils seront disponibles

Illustration : Un soldat israélien effectue un test d’anticorps contre la COVID-19 sur un jeune garçon à Hadera, en Israël, le lundi 23 août 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Illustration : Un soldat israélien effectue un test d’anticorps contre la COVID-19 sur un jeune garçon à Hadera, en Israël, le lundi 23 août 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Tout au long de la pandémie de coronavirus, les scientifiques ont eu des réticences à utiliser les résultats des tests d’anticorps standard pour juger des niveaux d’immunité au COVID. Mais de nouvelles études israéliennes suggèrent que ces tests sont fiables.

Les scientifiques à l’origine de l’étude affirment que de tels tests pourraient être utilisés comme outils de dépistage pour l’attribution des lots de vaccins révisés, pas encore disponibles.

Jusqu’à présent, le seul moyen fiable admis par les scientifiques pour juger des niveaux de protection contre le COVID sur la base d’anticorps consistait à mesurer le taux dans le sang des anticorps dits neutralisants, réputés attaquer le SARSCoV2. Cette mesure, difficile à effectuer, implique un processus de laboratoire spécialisé relativement long et coûteux, de ce fait impossible à généraliser.

Il existe des tests d’anticorps plus généraux, que les laboratoires peuvent rapidement traiter à l’aide de kits qui ne coûtent que quelques dollars, et donnent un aperçu de la présence d’anticorps de l’immunoglobuline G (IGG) dans le sang. Ils ont été utilisés pour répondre par oui ou par non à la question de savoir si une personne avait été vaccinée ou s’était rétablie du COVID-19, mais pas à grande échelle pour juger du niveau de protection dont elle dispose.

Bien qu’il ait été supposé que les tests donnaient une indication des niveaux d’immunité, cela n’avait jusqu’alors pas été confirmé.

Aujourd’hui, une équipe d’immunologistes, épidémiologistes et autres chercheurs israéliens assure avoir obtenu cette confirmation. Dirigée par les professeurs de l’Université Ben Gurion Tomer Hertz, Ran Taube et Lior Nesher, elle a publié ses résultats de recherche en ligne, qui n’ont pas encore été examinés par des pairs.

« Nous avons réussi à identifier des marqueurs d’anticorps qui sont prédictifs du risque d’infection, assez bien pour que nous puissions maintenant établir un système d’évaluation en fonction des niveaux d’anticorps », a déclaré Hertz a au Times of Israel.

« Jusqu’à présent, il n’était pas certain que les résultats de simples tests d’anticorps puissent constituer des indicateurs fiables du risque d’infection, mais les résultats de notre étude attestent que les kits de test de bonne qualité sont fiables. »

Illustration : Des anticorps neutralisants attaquent le SRAS-CoV-2. (Crédit : iStock via Getty Images)

Depuis le début de la pandémie, les scientifiques ont espéré que les niveaux d’IGG, facilement mesurables, soient des indicateurs de la puissance globale des anticorps contre le coronavirus. Mais cela restait difficile à prouver, car cela impliquait de suivre un panel de personnes dont les anticorps étaient vérifiés puis contrôlés pour identifier des schémas d’infection. Pour que les statistiques soient fiables, il fallait qu’il y ait des niveaux élevés d’infection.

L’opportunité s’est présentée, pour l’équipe de Hertz, lors de la vague hivernale de coronavirus en Israël. Elle a alors recruté un échantillon de 608 adultes en bonne santé dont 239 (39 %) ont été infectés au cours des 90 premiers jours de suivi.

L’équipe a alors mis en évidence une corrélation claire entre les niveaux d’IGG et les niveaux d’infection, et a démontré de quelle manière les résultats pouvaient être lus par les médecins pour prédire le risque d’infection.

« Le fait que nous ayons eu beaucoup d’infection signifiait que même un échantillon de cette taille pouvait donner un aperçu de la corrélation entre les anticorps montrés dans des tests simples et le risque d’infection. Cela peut avoir des implications pratiques. Si de nouveaux variants arrivent et que nous souhaitons utiliser les nouveaux vaccins, pas encore disponibles, – ceux qui offrent une protection supplémentaire contre les variants – il y aura sans doute des pénuries. Ces tests relativement simples pourraient nous aider à les répartir judicieusement », explique Hertz.

« Cela n’a tout simplement pas été fait jusqu’à présent, car la pertinence des résultats des tests d’anticorps sur les niveaux d’infection n’avait pas été formellement prouvée. Aujourd’hui, c’est une approche qui a du sens. »

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