Le mouvement conservateur défend les Juifs ougandais devant la Haute cour
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Le mouvement conservateur défend les Juifs ougandais devant la Haute cour

Le rabbin Andrew Sacks accuse le ministre de l'Intérieur de "placer des considérations politiques au-dessus de la loi" et de tenter de bloquer leur immigration en Israël

Des membres de la communauté juive ougandaise Abayudaya écoutent leur chef religieux dans un village à côté de Mbale, à l'est de l'Ouganda, le 2 juillet 2016 (Crédit :  AFP/Michael O'Hagan)
Des membres de la communauté juive ougandaise Abayudaya écoutent leur chef religieux dans un village à côté de Mbale, à l'est de l'Ouganda, le 2 juillet 2016 (Crédit : AFP/Michael O'Hagan)

Le mouvement conservateur en Israël a déclaré dimanche qu’il ferait appel de la décision de l’Etat de ne pas reconnaître la petite communauté juive ougandaise dans le cadre de projets d’immigration.

Le rabbin Andrew Sacks, directeur de l’Assemblée rabbinique du mouvement conservateur au sein de l’Etat juif, a expliqué au Times of Israel qu’il déposerait bientôt une requête devant la Haute-cour de justice au nom de Kibita Yosef, un Juif ougandais qui cherche à immigrer en Israël.

Sacks a indiqué au quotidien Haaretz dimanche que les conservateurs « préparent toutes les méthodes, notamment légales, pour voir si justice a été faite » et il a fustigé le ministre de l’Intérieur qui, selon lui a « placé ses considérations politiques au-dessus de la loi ».

Jeudi, Haaretz avait fait savoir que le ministère de l’Intérieur avait statué qu’il ne reconnaîtrait pas les conversions des Juifs ougandais dans le dessein de l’immigration vers Israël. Le gouvernement a pris cette décision dans le cas de Yosef mais il aurait précisé qu’elle reflétait le positionnement israélien global envers la communauté juive l’Ouganda, et pas seulement envers le candidat en question.

Le ministère aurait ordonné à Yosef, qui vit dans un kibboutz du sud d’Israël, de quitter le pays d’ici le 14 juin, date de l’expiration de son visa touristique, ou de risquer l’expulsion. Le ministère a noté que Yosef pouvait néanmoins mettre cette décision à l’épreuve de la haute cour.

La communauté ougandaise, qu’on appelle également l’Abayudaya, est constituée d’environ 2 000 personnes et ses racines remontent au début du 20e siècle, lorsqu’un ancien leader avait lu la Bible et embrassé le judaïsme. La plupart de ses membres se sont convertis sous les auspices des rabbins conservateurs américains et ne sont donc pas reconnus comme Juifs par le grand rabbinat israélien, majoritairement ultra-orthodoxe.

En 2016, l’Agence juive pour Israël a reconnu la communauté, semblant ouvrir la voie à une possibilité d’immigration des Juifs ougandais vers Israël. Les Abuyudaya ont toutefois lutté pour obtenir la reconnaissance nécessaires à ces démarches. Au mois de décembre, Israël avait rejeté la demande d’un membre de la communauté qui désirait faire ses études dans une yeshiva au sein de l’Etat juif, entraînant des accusations de racisme.

La décision concernant Yosef a suscité l’indignation du mouvement conservateur qui l’a qualifiée de « gifle au visage ». Dans un post paru vendredi sur Facebook, le groupe a indiqué que le maintien du pluralisme religieux « doit être d’une importance capitale en Israël ».

Le rabbin Gershom, second à gauche, se prépare à la lecture de la Torah pendant un service du Shabbat au sein de la communauté juive Abayudaya dans un village proche de Mbalé, à l’est de l’Ouganda, le 2 juillet 2016 (Crédit : AFP/Michael O’Hagan)

Le rabbin Julie Schonfeld, qui dirige l’Assemblée rabbinique, a déclaré à JTA la semaine dernière que le mouvement conservateur était « choqué et extrêmement scandalisé » par la décision du gouvernement israélien, qu’elle a qualifié « d’illégale ».

Elle a noté que les conversions s’étaient faites conformément à la loi juive, rendant cette communauté africaine éligible à l’immigration au sein de l’Etat hébreu sous les termes de la Loi du retour. Schonfeld a averti que cette décision vient saper l’autorité de l’Agence juive et qu’elle pourrait avoir des retombées sur les autres convertis en Israël.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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