Kaine : Eizenkot est d’accord, l’accord nucléaire a stoppé le programme iranien
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Kaine : Eizenkot est d’accord, l’accord nucléaire a stoppé le programme iranien

Pendant le débat entre les candidats vice-présidentiels, Pence a affirmé que l’accord “assure” que Téhéran devienne nucléaire et a réprimandé son rival pour ne pas avoir assisté au discours de Netanyahu au Congrès

Le candidat démocrate à la vice-présidence Tim Kaine (à gauche) et le candidat républicain à la vice-présidence Mike Pence (à droite) pendant le débat des vice-présidents à l'université de Longwood à Farmville, en Virginie, le 4 octobre 2016. (Crédit : AFP/Paul J. Richards)
Le candidat démocrate à la vice-présidence Tim Kaine (à gauche) et le candidat républicain à la vice-présidence Mike Pence (à droite) pendant le débat des vice-présidents à l'université de Longwood à Farmville, en Virginie, le 4 octobre 2016. (Crédit : AFP/Paul J. Richards)

Le sénateur de Virginie Tom Kaine a déclaré mardi que le chef d’Etat-major israélien, Gadi Eizenkot, était d’accord pour dire que l’accord nucléaire iranien avait « stoppé » le programme de la République islamique, alors que le gouverneur de l’Indiana Mike Pence a affirmé que le pacte « garantissait surtout que l’Iran devienne un jour une puissance nucléaire. »

Pendant le débat vice-présidentiel organisé à Farmville, en Virginie, qui était largement concentré sur l’accord nucléaire, Pence a également réprimandé Kaine pour avoir « boycotté » le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu au Congrès en mars 2015 contre l’accord iranien.

Kaine, le colistier d’Hillary Clinton, a affirmé que le monde était plus sûr qu’il y a huit ans, en partie grâce à l’accord nucléaire iranien, qui a selon lui « stoppé » le programme nucléaire de la République islamique « sans tirer un seul coup de feu ».

Pence, le vice-président potentiel de Donald Trump, a répliqué que « vous n’avez pas stoppé le programme d’armes nucléaires. Vous avez surtout garanti que l’Iran devienne un jour une puissance nucléaire parce qu’il n’y a plus de limitations une fois que la période de temps du traité se termine. »

Kaine a ensuite affirmé que « même l’armée israélienne dit qu’il a stoppé » l’accord nucléaire.

Le candidat démocrate à la vice-présidence Tim Kaine (à gauche) et le candidat républicain à la vice-présidence Mike Pence (à droite) pendant le débat des vice-présidents à l'université de Longwood à Farmville, en Virginie, le 4 octobre 2016. (Crédit : AFP/Andrew Gombert)
Le candidat démocrate à la vice-présidence Tim Kaine (à gauche) et le candidat républicain à la vice-présidence Mike Pence (à droite) pendant le débat des vice-présidents à l’université de Longwood à Farmville, en Virginie, le 4 octobre 2016. (Crédit : AFP/Andrew Gombert)

Le sujet a à nouveau été abordé plus tard dans le débat, quand Pence a encore une fois affirmé que l’accord n’empêchait pas l’Iran d’obtenir des armes nucléaires dans le futur. Il a également réprimandé Kaine pour son « boycott » du discours controversé de Netanyahu devant le Congrès, qui a constitué selon ses détracteurs une incursion sans précédent dans les affaires de politique américaine intérieure.

Le candidat républicain à la vice-présidence a exprimé son désaccord avec l’affirmation selon laquelle l’accord nucléaire empêchait Téhéran de ne jamais obtenir des armes atomiques. « Eh bien, ce n’est pas ce que pense Israël », a déclaré Kaine.

« Gadi Eizenkot, vous pouvez vérifier », a rétorqué Kaine, en parlant du chef d’Etat-major israélien.

Eizenkot avait déclaré en janvier que l’accord nucléaire iranien « est un tournant stratégique », et « un grand changement en ce qui concerce la direction vers laquelle l’Iran se dirigeait, et dans la façon dont nous voyons les choses », mais n’a pas soutenu l’accord, ni affirmé qu’il limitait complètement le programme nucléaire iranien.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne Gadi Eizenkot, le 13 juillet 2016 (Photo:  porte-parolede Tsahal)
Le chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, le 13 juillet 2016 (Photo: porte-parolede Tsahal)

« Il y a beaucoup de risques, mais également de nombreuses opportunités. Notre rôle est d’étudier le prisme des risques et le prisme des capacités et de juger à partir de cela, pas de supposer que le pire scénario aura lieu, parce que c’est aussi dangereux que le meilleur scénario possible. Par conséquent, nous révisons à présent notre stratégie », avait à l’époque déclaré le chef d’Etat-major.

Tempérant son éloge prudent, Eizenkot avait également déclaré qu’Israël continuerait à surveiller étroitement l’Iran parce qu’aucun des intérêts fondamentaux de l’Iran n’avait changé.

« Pendant cette période de 15 ans, l’Iran restera toujours au sommet de notre liste de priorités parce que nous devons surveiller son programme nucléaire. Mais c’est un réel changement. C’est un tournant stratégique », avait-il déclaré à l’époque.

Le sénateur de Virginie faisait également écho à des remarques du président américain Barack Obama en août, qui avait déclaré que « la communauté sécuritaire et militaire israélienne […] reconnaît que cela a changé les règles du jeu. »

Les remarques d’Obama avaient été sévèrement critiquées par le ministère israélien de la Défense, qui avait comparé l’accord nucléaire aux accords de Munich signés entre les puissances européennes et l’Allemagne nazie en 1938. Netanyahu avait également répondu, plus poliment, en précisant que l’opposition d’Israël à l’accord n’avait pas changé.

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, pendant un discours donné à l'Institut Washington pour les études proche-orientales, le 15 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran)
Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, pendant un discours donné à l’Institut Washington pour les études proche-orientales, le 15 septembre 2016. (Crédit : capture d’écran)

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a également démenti en septembre l’idée que des responsables militaires israéliens soutenaient à présent l’accord. Dans un éditorial publié dans le Los Angeles Times la semaine dernière, Yaalon a de plus prévenu que « dans 14 ans, quand des restrictions critiques seront levées, le monde pourrait encore avoir plus de mal pour empêcher le projet nucléaire iranien. Dans l’histoire et dans la politique internationale, 14 ans c’est l’équivalent d’un clignement d’œil. Et il y a beaucoup de facteurs, comme la possibilité d’évènements qui détournent l’attention de la communauté internationale des violations iraniennes et qui pourraient réduire significativement cette fenêtre temporelle. »

Pendant le débat de mardi, Pence a accusé Clinton d’être « l’architecte de la politique étrangère de l’administration Obama ». Le Moyen Orient « échappe littéralement à tout contrôle », a déclaré Pence, et « l’Amérique est moins sûre aujourd’hui ».

Il a également déclaré qu’il était « incroyable » que le gouvernement américain paie 1,3 milliard de dollars en liquide à l’Iran après l’accord nucléaire.

Les deux hommes se sont coupé la parole à plusieurs reprises pendant qu’ils s’affrontaient sur le fait que Trump n’a pas publié ses déclarations d’impôts, sur la sécurité sociale et sur les perspectives de la dette, forçant la modératrice Elaine Quijano à intervenir et à insister pour qu’ils cessent.

L’AFP a contribué à cet article.

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