Kakhol lavan et Yisrael Beytenu signent un accord de partage des votes
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Kakhol lavan et Yisrael Beytenu signent un accord de partage des votes

Liberman insiste qu'il s'agit d'un accord technique et pas idéologique ; le Likud accuse le parti de droite de s'allier à des centristes déterminés à détrôner Netanyahu

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman avec le chef de Yesh Atid Yair Lapid à la Knesset le 16 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)
Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman avec le chef de Yesh Atid Yair Lapid à la Knesset le 16 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

Les partis Kakhol lavan et Yisrael Beytenu ont signé un accord de partage du surplus des votes lundi, suscitant immédiatement des reproches issus de la droite et de la gauche.

Cette démarche semble cimenter les liens entre le parti de droite d »Avigdor Liberman et le parti centriste de Benny Gantz, qui devrait tenter de former un gouvernement d’unité à l’issue des élections pour tenter de remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les deux factions ont été critiquées car elles semblaient franchir la ligne entre la droite et la gauche, même si Liberman l’a décrit comme un accord simplement « technique ».

Un accord de partage des votes, régulièrement utilisé lors des élections israéliennes, permet de garantir que les votes qui ne permettent pas à un parti de s’offrir un siège supplémentaire, ne soient pas perdus. Au lieu de cela, ces votes sont, au moyen d’un accord de ce type, additionnés aux votes d’un autre parti.

Ces accords sont généralement signés entre deux partis qui sont alignés sur le plan politique ou idéologique, même si Liberman a déjà indiqué que son parti pourrait s’allier à la droite comme à la gauche.

« Lors des précédentes campagnes électorales, nous avons signé avec HaYamin HaHadash, qui n’a pas dépassé le seuil électoral. En 1999, nous avions signé un accord de partage de surplus des votes avec Amir Peretz [alors – et de nouveau – chef du parti travailliste] et avons gagné un siège », avait dit Liberman.

« Techniquement, maintenant, il n’y a pas d’autres choix, et nous ne sommes pas prêts à rater un mandat qui peut être obtenu par le biais d’un accord de partage de surplus des votes », a-t-il ajouté.

Kakhol lavan a confirmé la signature de cet accord.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, lors d’une conférence de presse après la dissolution de la Knesset, et avant les nouvelles élections, à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)

La loi prévoit que les votes restants aillent au parti à qui il manque le moins de votes, ce qui lui permet généralement d’emporter un siège de plus, potentiellement décisif dans une course électorale serrée.

Le Likud et Kakhol lavan sont au coude-à-coude dans les derniers sondages, et le parti qui obtient le plus de voix pourrait être chargé de former la prochaine coalition.

Comme on pouvait s’y attendre, le Likud a fustigé Netanyahu pour cet accord, l’accusant de confirmer son intention de détrôner Netanyahu. Le parti a été très critique de Liberman après son refus de rejoindre une coalition Netanyahu à l’issue des dernières élections, et pour n’avoir pas ouvertement soutenu le Premier ministre cette fois-ci, et l’a accusé de virer à gauche.

« Ce n’est plus un secret. Liberman a signé un accord de partage du surplus des votes avec [Yair] Lapid et [Benny] Gantz, après qu’il a publiquement déclaré qu’il soutiendrait Gantz et Lapid au poste de Premier ministre. Quiconque veut voir Netanyahu Premier ministre doit voter Likud », a déclaré le parti au pouvoir dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Tzachi Hanegbi, ministre du Likud, a déclaré à la radio militaire que « cet accord est tout sauf technique ».

Le Likud, qui a signé un accord de ce type avec l’Union des partis de la droite lors des dernières élections, n’en a signé encore aucun cette fois-ci.

Le parti de Liberman, dont la base électorale est majoritairement composée de russophones, est considéré comme étant solidement ancré à droite, malgré son approche laïque aux questions liées à la religion et à l’Etat, ce qui le différencie des alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu.

Considéré comme belliciste sur les questions de défense, Liberman a répondu en fustigeant le Likud pour son approche sur les récentes tensions à la frontière de Gaza.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Benny Gantz avec l’ancien ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, lors d’un meeting de la Knesset en 2013 (Crédit : FLASH90)

« Ceux qui ont décidé de capituler face au terrorisme de la bande de Gaza et de verser au Hamas de l’argent pour leur protection, ceux qui sont silencieux face à la destruction et à l’humiliation de la dissuasion d’Israël, ne sont pas autorisés à parler pour la droite, et ne font pas partie du camp national d’Israël », a-t-il dit.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le Camp démocratique, à gauche, a accusé Kakhol lavan de « sacrifier ses valeurs » en s’associant avec le droitiste Liberman.

« Kakhol lavan a brandi un drapeau blanc [de capitulation] parce qu’il n’a pas compris » que pour les prochaines élections, ils jouent le tout pour le tout, a déclaré le parti dans un communiqué.

Les sondages ont montré que sans Yisrael Beytenu, ni une coalition de centre gauche dirigée par Gantz, ni une coalition alliant la droite et les religieux, emmenée par Netanyahu, n’auront assez de sièges, ce qui laisse Liberman en position de potentiel faiseur de rois.

A lire : La gauche et la droite divisées, Liberman sera-t-il – encore – faiseur de rois ?

La campagne d’Yisrael Beytenu s’est axée sur la demande de Liberman pour une coalition d’unité laïque réunissant le Likud, Kakhol lavan et son propre parti. Cette demande a causé un saut dans les sondages. En avril, Yisrael Beytenu a obtenu 5 sièges, et les sondages lui en prédisent 10 pour la prochaine élection, alors que russophones et Israéliens laïcs lui manifestent leur soutien.

Liberman a réitéré son appel à un gouvernement d’unité dans une interview accordée dimanche au radiodiffuseur Kan. « Nous soutiendrons le premier parti] à s’engager vers un gouvernement d’unité. nous ne rejoindrons aucun gouvernement étroit, qu’il s’agisse de Netanyahu ou de Gantz », a-t-il promis.

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