Katz dément toute crise au Trésor sur fond de démissions de hauts responsables
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Katz dément toute crise au Trésor sur fond de démissions de hauts responsables

Le ministre déclare ne pas s'intéresser aux "bavardages" et dit que le ministère des Finances fonctionne normalement malgré la démission, entre autres, de sa directrice-générale

Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Israël Katz, s'exprime lors d'une réunion d'urgence au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 13 février 2020. (Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Israël Katz, s'exprime lors d'une réunion d'urgence au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 13 février 2020. (Flash90)

Le ministre des Finances, Israel Katz, a riposté aux critiques qui ont suivi un certain nombre de démissions de hauts-responsables de son ministère, en écrivant lundi que toutes les discussions, au sein de l’institution, avaient été « professionnelles et respectueuses ».

Ces écrits ont suivi l’annonce faite par la directrice-générale du Trésor, dimanche, qu’elle présentait sa démission après cinq mois passés à son poste. Elle aurait eu le sentiment que les décisions prises étaient politisées et que Katz asphyxiait toute possibilité de débat, ont fait savoir des « proches » de Keren Terner Eyal dans des déclarations faites aux médias.

« Cette démission n’a rien à voir avec le budget, la politique et la conduite du ministère des Finances. Je ne m’intéresse pas aux bavardages des proches et aux attaques intéressées des médias », a dit Katz.

« Son ma direction, le ministère des Finances fonctionne bien, de manière indépendante et avec toute l’autorité nécessaire, et il remplit bien ses missions au cours de cette période difficile et éprouvante », a encore écrit Katz.

Keren Terner Eyal, alors directrice-générale du ministère des Transports, assiste à une audience à la Knesset, le 20 mars 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Bien sûr, la réalité est que, face à Kakhol lavan et à la paralysie mutuelle dans certains secteurs, c’est difficile pour tous – en particulier concernant les arrangements importants et les lois de réforme que je veux promouvoir et prévenir, mais j’ai réussi à naviguer et à adopter toutes les décisions majeures dont j’ai été l’initiateur », a dit Katz, se référant à la crise entre le Likud et Kakhol lavan, partenaires de coalition, qui ne cesse de s’aggraver.

Ces démissions ont émané des désaccords en cours, au Trésor, sur la manière de faire baisser les taux d’infection au coronavirus dans le pays tout en minimisant les dégâts subis par l’économie.

Le départ de Terner Eyal suit la démission du directeur du département des budgets du ministère, Shaul Meridor, et celle du comptable-général Roni Hezkiyahu.

Des responsables accusent depuis plusieurs mois Katz d’avoir prôné des politiques pour des raisons purement politiciennes visant à dynamiser le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le parti du Likud. Katz a également été mis en cause pour sa manière d’étouffer toutes les dissensions par les responsables du Trésor.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) écoute le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 octobre 2019. (Gali Tibbon/Pool Photo via AP)

Terner Eyal a pris sa décision en coordination avec Katz, selon un communiqué conjoint qui a été publié dimanche et qui a annoncé qu’elle partirait au cours des prochaines semaines « sur sa requête personnelle ». Terner Eyal avait été nommée par le ministre.

Toutefois, le site Ynet a fait savoir que Katz avait demandé Terner Eyal de rester à son poste jusqu’à ce que le cabinet dit du coronavirus ne se rencontre dans la semaine. Mais, en raison de relations de plus en plus acrimonieuses entre les deux responsables, elle a rejeté sa demande, exigeant que l’annonce de son départ se fasse immédiatement.

Citant des propos tenus par ses proches, Ynet a rapporté que Terner Eyal — qui a pris sa fonction après la démission de son prédécesseur, Shai Babad, au mois de mai – s’était plainte, dimanche, de « ce qu’il se passe au ministère – une folie. Tout se décide sous le coup de l’impulsivité. Il n’y a pas de consultations professionnelles. Je ne peux pas continuer dans cette situation ».

Selon la Treizième chaîne, ses proches auraient déclaré qu’elle avait été convaincue de la nécessité de partir parce qu’elle estimait que les décisions étaient prises depuis le haut de la hiérarchie pour des raisons politiques, se sentant dorénavant dans l’incapacité de conserver sa fonction – en particulier à un moment où le nombre de chômeurs en Israël frôle le million. Environ 960 000 Israéliens sont aujourd’hui sans emploi – soit environ un quart de la main-d’œuvre.

Elle aurait également déclaré que l’échec du gouvernement à préparer un budget d’Etat était « impardonnable ».

Malgré tout, dans son communiqué de dimanche, Terner Eyal a remercié Katz « pour de nombreuses années de travail conjoint au service du bien-être des citoyens israéliens aux ministères du Transport et des Finances ».

Elle a ajouté qu’elle était convaincue « qu’avec les professionnels dévoués travaillant au sein du ministère, Katz sera à la tête d’un programme économique large qui permettra de prendre en charge la crise économique induite par l’épidémie de coronavirus ».

Ancienne directrice-générale du ministère des Transports – qui était placé sous l’autorité de Katz lors du précédent gouvernement — Terner Eyal avait été nommée au Trésor lorsque Katz en avait pris les rênes, au mois de mai. Mais les relations entre les deux avaient rapidement tourné à l’aigre, comme l’avait souligné le départ de Shaul Meridor, directeur du département des budgets.

Après avoir présenté sa démission pour protester contre des politiques économiques gouvernementales qu’il avait qualifiées « d’irresponsables », Meridor avait averti que le gouvernement prenait des décisions déterminantes de manière hasardeuse et non-professionnelle et qu’il avait imposé une « atmosphère de terreur » au sein de la hiérarchie du ministère pour éradiquer toute critique.

L’ancien directeur du budget, Shaul Meridor, assiste à une conférence de presse au bureau du ministère des Finances à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Flash90)

Katz avait répondu à cette démission en accusant Meridor de s’opposer à ses politiques pour des « raisons politiciennes ». Netanyahu avait fustigé Meridor qui avait fait part de son opposition au plan prévoyant de verser des aides à tous les Israéliens, une stratégie qui avait entraîné une vive controverse – de la part des experts économiques, des leaders de l’opposition et de citoyens qui avaient estimé que cette assistance devait être exclusivement destinée aux populations les plus touchées dans le pays.

Dans une série de tweets, Terner Eyal avait écrit, au mois de juillet, qu’il « m’est très difficile de rester indifférente aux critiques proférées à l’encontre du personnel de mon ministère et du chef du département du budget, Shaul Meridor, en particulier ».

Elle avait déploré « le discours très violent tenu à notre encontre sur les réseaux sociaux ».

Terner Eyal avait déclaré que le rôle de Meridor et d’autres était de mettre en œuvre les décisions politiques du gouvernement. Elle avait souligné que les hauts-responsables n’étaient pas eux-mêmes décisionnaires.

Katz avait toutefois réprimandé Terner Eyal pour ses commentaires, disant qu’elle aurait dû lui demander son autorisation avant de s’exprimer en public.

Dans un communiqué, le ministre des Finances avait indiqué que le rôle de Terner Eyal n’était pas de s’impliquer dans des querelles publiques ou de défendre les bureaucrates du Trésor mais de « mener à bien les décisions prises par les responsables politiques ». Il avait ajouté qu’il lui revenait, en tant que ministre, de « défendre avec résolution les contributions positives apportées par les responsables professionnels. »

Avec le départ de Terner Eyal, Katz a chargé le chef de l’Autorité fiscale, Eran Yaacov, de lui succéder au poste de directeur-général du Trésor par intérim et de superviser la réponse économique apportée à la pandémie en attendant la nomination d’un directeur-général permanent, a noté le communiqué de dimanche.

Manuel Trajtenberg, professeur d’économie à l’université de Tel Aviv et au Technion de Haïfa, ex-député travailliste, a estimé que le ministère des Finances était en train de « s’écrouler » – ses hauts-responsables présentant leur démission ou étant limogés les uns après les autres. Les principaux postes à responsabilité sont dorénavant vacants, a-t-il commenté au micro de la radio militaire, lundi matin – et le ministère a été, dans les faits, « annexé » par le bureau du Premier ministre et par Avi Simhon, conseiller économique du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le ministre des Finances Israel Katz lors d’une conférence de presse au sein de son ministère, à Jérusalem, le 1er juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Peu après l’annonce de la démission de Terner Eyal, Katz a expliqué qu’il avait donné l’ordre au Trésor de préparer le budget 2021 qui doit être présenté pour approbation au gouvernement au mois de décembre, rejetant la demande de Kakhol Lavan qu’il soit préparé immédiatement, en plus du budget 2020 qui devrait être adopté quelques jours avant la fin de l’année.

Il n’y a pas eu de budget d’Etat au sein de l’Etat juif depuis 2019 et ce dernier pourrait terminer l’année 2020 sans budget – en raison d’une querelle opposant le Likud et Kakhol lavan sur l’éventuelle inclusion du budget 2021.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, issu du parti Kakhol lavan, demande à ce que le budget couvre toute l’année 2021 tandis que Netanyahu insiste pour qu’il ne prenne en charge que 2020, ce qui lui donnerait une autre porte de sortie ouvrant sur de nouvelles élections sans avoir à confier le poste de Premier ministre à Gantz, comme le détermine l’accord de partage du pouvoir qui a été conclu entre les deux hommes.

L’annonce faite par Katz signifie que les responsables du ministère des Finances ne seront pas en mesure de travailler sur les deux budgets en même temps.

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