Kerry établit un lien entre la hausse de la violence et les implantations
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Kerry établit un lien entre la hausse de la violence et les implantations

Selon le chef de la diplomatie américaine la "frustration" palestinienne est alimentée par la croissance de la construction en Cisjordanie

John kerry (Crédit : Paul J. Richards/AFP)
John kerry (Crédit : Paul J. Richards/AFP)

BOSTON – La croissance des constructions dans les implantations a augmenté la frustration des Palestiniens, conduisant à la reprise actuelle de la violence, a affirmé mardi soir le secrétaire d’État John Kerry devant un auditoire à l’Université de Harvard.

Parlant de la capacité de l’Amérique à influer sur les résultats dans le monde, Kerry a averti que « si nous ne nous attelons pas, la solution à 2 Etats sera vraisemblablement volée à tout le monde. »

« Il y a eu une forte augmentation des implantations au cours des dernières années », a déclaré Kerry lors d’une séance de questions-réponses, « et il y a une augmentation de la violence parce qu’il y a cette frustration qui grandit. »

Kerry a noté qu’il y avait aussi « une source de frustration parmi les Israéliens qui ne voient pas de fin. »

« J’assiste à cela et je me dis que si cela explose – et je prie et espère pour que cela n’explosera pas – et je pense qu’il y a des moyens pour éviter cela, alors nous serions inévitablement à un certain point engagés à travailler sur ce genre de difficultés », a poursuivi Kerry.

« Il vaudrait donc mieux trouver les moyens d’y faire face avant que cela n’arrive plutôt que plus tard et penser à cela me rend toujours perplexe – nous avons vécu Oslo, Wye Plantation, Madrid, d’innombrables négociations. La plupart des gens avec lesquels je parle ont de sacrées bonnes idées de ce qui doit être fait ».

« La question est de rendre les jugements et d’avoir le courage d’y aller, » a insisté Kerry, ajoutant qu’ « il reste 16 mois à cette administration et nous allons rester engagés et essayer de travailler sur ces questions, car il y a des options et il y a une meilleure alternative au conflit actuel dont nous sommes témoins ».

Le chef de la diplomatie américaine a souligné que l’administration Obama continuerait à promouvoir un accord dans les 16 mois qui lui restent. Les pourparlers menés par les Etats-Unis ont échoué de façon spectaculaire en avril 2014 après un effort de neuf mois et les négociations sont gelées depuis.

Kerry a dit qu’il se rendra « bientôt » en Israël et dans les Territoires palestiniens en vue de faire pression pour une reprise des pourparlers, disant qu’il « verrait si nous ne pouvons nous écarter de ce précipice. »

Plus tôt dans la journée, Kerry a condamné les attaques terroristes contre des civils israéliens et a exhorté les autorités israélienne et palestinienne à mettre fin à la violence.

« Les Etats-Unis condamnent avec la plus grande force les attaques terroristes d’aujourd’hui contre des civils israéliens qui ont provoqué le meurtre de trois Israéliens et qui ont fait de nombreux blessés », a protesté John Kerry en lisant un communiqué lors d’une conférence de presse à Boston, aux côtés du secrétaire à la Défense Ashton Carter et de leurs homologues australiennes Julie Bishop et Maryse Payne.

C’est la quatrième fois en une semaine que Washington dénonce les violences en Israël et dans les Territoires palestiniens, le département d’Etat ayant estimé la semaine dernière que les attaques au couteau menées par des Palestiniens relevaient du « terrorisme ».

« Naturellement, nous déplorons toutes les pertes en vies humaines, quelles qu’elles soient, mais cette violence et toute incitation à la violence doivent cesser. La situation est tout simplement trop volatile, trop dangereuse », a mis en garde John Kerry.

Mais interrogé pour savoir qui des Palestiniens ou des Israéliens étaient les plus à blâmer pour la flambée de violences, le chef de la diplomatie américaine s’est refusé à « montrer du doigt » l’un des deux camps.

« Nous continuons de souligner qu’il est important que toutes – toutes – les personnes responsables condamnent la violence de chaque côté et s’abstiennent de faire des déclarations provocatrices qui enveniment la situation », a encore averti le ministre, renvoyant implicitement dos à dos les autorités israéliennes et palestiniennes. Le porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, avait récemment qualifié les attaques perpétrés par des Palestiniens de « terrorisme. »

Il a rappelé qu’il s’était entretenu au cours du week-end avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour leur exprimer sa « profonde inquiétude » face aux troubles meurtriers en Israël et en Cisjordanie.

Lundi matin, deux Palestiniens ont ouvert le feu à bord d’un bus à Jérusalem, faisant deux morts. Quelques minutes plus tard, un Palestinien a foncé avec sa voiture sur des piétons à un arrêt de bus dans un quartier ultra-orthodoxe de la capitale, tuant une autre personne.

Le département d’Etat a indiqué dans un communiqué qu’il maintenait ses contacts quasi quotidiens avec le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne pour tenter de faire baisser les tensions et ramener le calme.

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