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Kisch justifie avoir diffusé de la musique pendant les manifestations devant son domicile

Le ministre de l'Éducation ignorait que Sigal Manzuri, qui a perdu 2 filles le 7 octobre, était en train de parler ; les manifestants auraient insulté sa famille ; le père d'un ex-otage qualifie le ministre de "lie de l'humanité"

Des Israéliens manifestant pour la libération des otages retenus dans la bande de Gaza, devant le domicile du ministre de l'Éducation, Yoav Kisch, à Hod HaSharon, le 17 août 2025. (Crédit : Tal Gal/Flash90)
Des Israéliens manifestant pour la libération des otages retenus dans la bande de Gaza, devant le domicile du ministre de l'Éducation, Yoav Kisch, à Hod HaSharon, le 17 août 2025. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a expliqué lundi avoir décidé de diffuser de la musique folklorique israélienne à plein volume chez lui dimanche afin de couvrir une manifestation au cours de laquelle Sigal Manzuri, une mère qui a perdu deux de ses filles lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, appelait à un accord pour obtenir la libération des 50 otages toujours détenus à Gaza.

Cet incident, qui n’est pas le premier cas où Kisch diffuse de la musique à fond pour couvrir une manifestation devant son domicile, a immédiatement suscité de vives réactions. Eli Albag, dont la fille Liri a été relâchée en janvier après 477 jours de captivité dans le cadre d’un accord de trêve, a qualifié Kisch de « lie de l’humanité ».

Kisch a déclaré lundi qu’il ne savait pas que Manzuri parlait à ce moment-là, et a écrit sur le réseau social X : « Depuis plus d’un an, des manifestants viennent devant le seuil de ma maison, toujours au nom des familles des otages, et insultent mon épouse et mes enfants en proférant des injures terribles. »

« Ce sont toujours les mêmes manifestants, encore et encore. Leur seul objectif est de renverser le gouvernement. Ils ne se soucient ni de la libération des otages, ni du sort de leurs familles », les a-t-il accusés.

« Je ne me laisserai pas intimider par ces attaques habituelles », a-t-il ajouté, accusant les médias de « ne jamais en avoir parlé et de ne pas vouloir en parler ».

Il a conclu sa déclaration en ces termes : « Ces manifestations ne contribuent en rien à la libération des otages, bien au contraire, je suis désolé de le dire. »

Le ministre de l’Éducation Yoav Kisch s’exprimant lors d’un rassemblement en faveur du gouvernement israélien actuel, devant la Cour suprême, à Jérusalem, le 5 juin 2025. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Kisch a joint à ce message une vidéo dans laquelle, selon lui, des manifestants harcelaient son épouse en l’insultant, notamment en la traitant de « racaille », de « traîtresse » et de « Juive déloyale ».

Cependant, en juin, le groupe de veille FakeReporter avait déterminé que l’audio original, dans lequel les manifestants se moquaient du ministre pour avoir diffusé de la musique par-dessus le bruit des manifestants, avait été remplacé par un audio dans lequel les moqueries étaient nettement plus vulgaires et personnelles.

Des manifestants se sont rassemblés dimanche devant le domicile de Kisch à Hod HaSharon, dans le cadre d’une journée de grève et d’une série de manifestations nationales appelant le gouvernement à mettre fin à la guerre à Gaza par un accord avec le groupe terroriste du Hamas afin d’assurer le retour de tous les otages, vivants ou morts.

Manzuri, dont les deux filles, Norelle, 25 ans, et Roya, 22 ans, ont été assassinées par des terroristes du Hamas lors du festival Nova le 7 octobre 2023, a pris la parole devant la maison du ministre.

Cependant, alors qu’elle tentait de s’exprimer, une musique forte couvrait ses paroles.

« Même si vous n’êtes pas intéressés par le fait de sortir pour parler aux personnes qui crient du fond du cœur, fermez au moins les fenêtres. Pourquoi mettre la musique si fort ? C’est humiliant », a déclaré Manzuri à Ynet après l’incident, soulignant que la famille d’Ofer Calderon, relâché en février après avoir été enlevé par le Hamas, était également présente.

« Nous avons l’impression que personne ne s’intéresse à nous, que nous parlons à des sourds. Il est ministre de l’Éducation en Israël, il est donc censé montrer l’exemple. Comment pouvons-nous éduquer nos enfants quand il se comporte ainsi ? », a-t-elle ajouté.

Manzuri a fait remarquer qu’elle résidait, tout comme Kisch, à Hod HaSharon, et que le ministre « n’avait jamais pris la peine d’exprimer ses condoléances ».

Kisch a expliqué qu’il ne savait pas que cette mère en deuil parlait lorsqu’il a mis la musique, et qu’il voulait seulement couvrir les cris des manifestants agressifs qui harcelaient sa famille.

La radio de l’armée a rapporté les propos du ministre : « Ils ont utilisé Sigal de manière cynique et malveillante. Je ne savais pas qu’elle parlait devant la maison et je lui ai parlé hier, après l’incident. J’ai mis la musique parce que je ne veux pas entendre les insultes proférées contre ma femme et mes enfants. »

Le père d’une ancienne otage : « Kisch, vous êtes la lie de l’humanité »

Cet incident a suscité l’indignation d’Eli Albag, dont la fille, Liri, a été retenue en otage pendant 477 jours avant d’être relâchée en janvier, lors du dernier accord de cessez-le-feu.

Eli Albag, le père de l’ex-otage Liri Albag, s’exprimant lors d’une conférence de presse à l’hôpital Rabin, à Petah Tikva, le 26 janvier 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Espèce d’idiot. Il faut parfois savoir qui on a en face de soi, qui arrive et quelle est sa souffrance. Vous êtes le ministre de l’Éducation, le ministre de la honte, la honte de l’humanité. Vous êtes la lie de l’humanité. Vous devriez avoir honte de vous. » Jouer de la musique devant une mère qui pleure ses deux filles », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à la Treizième chaîne, avant de proférer un juron.

Le Forum des familles des otages et disparus a estimé lundi que près d’un million de personnes, soit environ un citoyen sur dix, avaient participé à des manifestations à travers le pays tout au long de la journée, alors que des groupes et organisations protestataires s’étaient unis pour organiser une grande journée de désobéissance civile suite au vote du cabinet, au début du mois, de prendre le contrôle de Gaza-City, malgré les avertissements de hauts responsables de la sécurité, qui estimaient que cela mettrait encore davantage la vie des otages en danger.

Cette journée de protestation a eu lieu en parallèle à une grève nationale à laquelle ont participé des centaines d’autorités locales, d’entreprises, d’universités, de sociétés du secteur des hautes technologies et d’autres organisations, bien que l’organisation syndicale de la Histadrout n’ait pas pris part au mouvement.

Sur les 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, entre 20 et 22 seraient encore en vie en captivité ; les groupes terroristes détiennent toujours les corps de 27 autres personnes dont le décès a été confirmé. Le Hamas détient également le corps d’un soldat israélien tué à Gaza en 2014.

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