KKL : L’achat de terres palestiniennes en Cisjordanie jugé illégal par 2 membres
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KKL : L’achat de terres palestiniennes en Cisjordanie jugé illégal par 2 membres

Des membres de gauche ont adressé une lettre au président de l'organisation pour lui demander de suspendre la réunion prévue pour approuver la politique controversée

Le président du JNF Danny Atar à un poste d'observation, lors d'une visite dans l'implantation juive de Kfar Etzion, en Cisjordanie, le 20 décembre 2017. (Gershon Elinson/Flash90)
Le président du JNF Danny Atar à un poste d'observation, lors d'une visite dans l'implantation juive de Kfar Etzion, en Cisjordanie, le 20 décembre 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Les représentants des mouvements réformés et conservateurs siégeant au conseil d’administration du Fonds national juif ont demandé mardi à l’organisation de suspendre ses démarches en vue d’acheter des terres en Cisjordanie.

La direction du Fonds national juif (KKL-JNF) a approuvé dimanche un changement de politique qui lui permettrait d’acheter des terres en Cisjordanie, y compris des zones où se trouvent des implantations isolées. La décision est encore soumise à l’approbation de l’ensemble du conseil d’administration.

Sept membres du conseil, dont deux membres de la direction de l’organisation, ont envoyé une lettre au président du KKL-JNF, Avi Duvdevani, lui demandant de suspendre la réunion du conseil prévue le 22 avril pour approuver la nouvelle politique, a rapporté Haaretz.

En février, le KKL-JNF a voté l’allocation de 38 millions de shekels (11,58 millions de dollars) pour l’achat de terres en Cisjordanie. Ce vote controversé indiquait un changement de politique – le KKL-JNF allait porter ses opérations au-delà de la ligne verte à un autre niveau, en achetant des terres dans le but d’étendre les implantations. (Le KKL-JNF est une entité distincte de JNF-USA.)

La décision de février, qui a été adoptée par un seul vote, spécifiait qu’il n’y aurait pas d’achats dans les districts des villes palestiniennes de Naplouse et de Jénine – des zones où il y a très peu d’implantations juives. Dans la proposition actuelle, la note a été omise, précise Haaretz.

La résolution était basée sur l’avis du juge à la retraite Yoseph Elon, qui a déclaré que le KKL-JNF pouvait opérer dans les territoires pour promouvoir des projets communautaires, environnementaux et éducatifs.

Les factions centristes et de gauche du conseil d’administration du KKL-JNF ont soumis une contre-opinion de Shachar Ben-Meir, qui conteste le jugement d’Elon. Les deux avis se concentrent sur une phrase du protocole d’association de l’organisation, qui permet au KKL-JNF d’acquérir des terres « dans toute zone sous la juridiction du gouvernement d’Israël », selon Haaretz.

Le président du KKL-JNF Avi Duvdevani. (Crédit : Amos Lozon/KKL-JNF)

Selon la proposition, le KKL-JNF n’achèterait que des terrains privés, avec une préférence pour les terrains où des implantations existent déjà, ou qui permettent l’expansion des implantations existantes.

Si Israël demande au KKL-JNF d’acheter des terres qui ne répondent pas à ces critères, la décision sera laissée au comité de direction du KKL-JNF. Le comité pourra autoriser l’achat de toute terre ne répondant pas à ces critères, tant qu’elle se trouve sous la juridiction d’Israël, indique Haaretz.

Après le vote de février, la faction de gauche Meretz a déclaré qu’elle demanderait un nouveau vote étant donné les résultats serrés.

Un groupe de membres du conseil représentant des factions de gauche a ensuite déposé une pétition demandant l’annulation du vote. Ils ont invoqué une mauvaise pratique de Duvdevani, affirmant qu’il a coupé le micro de certains membres lors de la réunion Zoom et empêché d’autres de répondre aux questions, puis qu’il a précipité le vote. En outre, les pétitionnaires ont affirmé que des avis juridiques critiquant la conduite secrète du KKL-JNF au-delà de la ligne verte ont été cachés aux membres du conseil.

Le KKL, fondé en 1901 pour acheter et développer des terres destinées à l’implantation juive et particulièrement connu pour les centaines de millions d’arbres plantés par l’organisation dans tout Israël, a sous sa tutelle, au nom de la population juive, environ 15 % des terres du pays dont l’administration est assurée par l’Autorité israélienne des terres.

Sorte d’ONG officiellement inscrite comme entreprise d’intérêt public, le KKL intervient dans les domaines des forêts, de l’eau, du développement communautaire, du tourisme, de la recherche et du développement. L’Organisation sioniste mondiale est son organisation-mère.

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