Le JNF-KKL débat de l’achat de terres palestiniennes en Cisjordanie
Rechercher

Le JNF-KKL débat de l’achat de terres palestiniennes en Cisjordanie

Dans un changement politique spectaculaire, l'organisation environnementale historique pourrait dépenser des millions pour acquérir des parcelles autour et dans les implantations

Vue de l'implantation d'Eli, en Cisjordanie, le 17 janvier 2021. (Crédit :  Sraya Diamant/Flash90)
Vue de l'implantation d'Eli, en Cisjordanie, le 17 janvier 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Le Fonds national juif (KKL-JNF) a évoqué, dimanche, la possibilité d’acheter des terres palestiniennes en Cisjordanie pour permettre aux implantations de s’élargir.

Une discussion qui marquerait un changement de politique majeur dans cette organisation vieille d’un siècle même si cette caractérisation de « changement » a été rejetée par le KKL-JNF, qui a maintenu avoir depuis longtemps mené des activités en Cisjordanie.

« A travers les années et jusqu’à ce jour, le KKL-JNF a mené des activités sur l’ensemble de la terre d’Israël, notamment en Judée et Samarie [c’est le nom biblique utilisé pour désigner la Cisjordanie]. Les discussions préliminaires qui ont eu lieu aujourd’hui ont évolué autour des principes d’action généraux, sur la base d’une opinion juridique qui avait été demandée et reçue au cours du mandat de l’ancienne administration », a fait savoir le KKL-JNF.

« Il n’y a aucune intention, à ce stade, d’ouvrir une nouvelle zone en Judée-Samarie. Indépendamment de cela, la politique du JNF-KKL reste que toute contribution apportée à tout projet en Israël est confirmée et coordonnée en préalable avec le donateur et conformément aux lois mises en vigueur dans le pays du donateur », a continué l’organisation.

Il y aura d’autres discussions sur le sujet avant les votes du conseil d’administration, a-t-elle poursuivi.

Le groupe Keren Kayemeth LeIsrael – Fonds national Juif (KKL-JNF) réfléchirait à acheter des terres privées palestiniennes dans la zone C de la Cisjordanie – pour une somme qui pourrait potentiellement atteindre des centaines de millions de dollars – pour permettre le développement des implantations, a expliqué jeudi le site d’information Walla, citant un projet de résolution reçu.

L’implantation de Maale Efraim en Cisjordanie sur les collines de la vallée du Jourdain, le 18 février 2020. (AP/Ariel Schalit, File)

L’organisation ne construira pas de nouvelles implantations mais elle travaillera au sein des implantations préexistantes en mettant en œuvre des projets éducatifs, environnementaux et autres, a noté le reportage.

Des achats de parcelles ne se feront qu’à l’intérieur des zones relevant de la compétence des implantations, ou adjacentes.

Le proposition a cité un protocole d’accord conclu dans le passé qui précisait que le KKL pouvait travailler dans toutes les zones sous contrôle israélien et notamment en Cisjordanie.

KKL (qui est une organisation distincte de JNF-USA) n’est pas, jusqu’à présent, intervenue officiellement en Cisjordanie et elle a travaillé à travers d’autres entités, là-bas, sur des initiatives limitées, a poursuivi le reportage, qui a été diffusé également en anglais et sur le site d’information Axios.

Le nouveau président du Fonds national juif, Avraham Duvdevani, a pris ses fonctions à l’automne dernier et il œuvre actuellement à changer les politiques mises en place. La nomination de Duvdevani est survenue dans le contexte de l’influence croissante de la droite au sein des organisations sionistes, comme KKL. Cette initiative est venue en réponse à des pressions émanant des lobbyistes pro-implantations, que l’organisation aurait tenté de garder discrètes.

Les dons de l’étranger ne seront utilisés pour financer ce type d’activités que si les transactions sont légales dans le pays donateur, a précisé le reportage.

L’élargissement des activités du KKL en Cisjordanie pourrait encore davantage compliquer les liens entretenus entre Israël et l’administration du président américain Joe Biden, qui devrait faire reprendre aux Etats-Unis leur positionnement traditionnel en défaveur des implantations. Il pourrait aussi affecter les relations qui unissent l’Etat juif au reste de la communauté internationale qui considère les implantations comme illégales.

Le porte-parole du département d’Etat américain Ned Price durant un point presse à Washington, le 2 février 2021 (Capture d’écran)

Interrogé sur ces informations lors d’un point-presse, jeudi, le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price, a estimé qu’il « est hautement important d’éviter les initiatives unilatérales susceptibles d’exacerber les tensions et de saper les efforts livrés pour la mise en œuvre d’une solution à deux Etats. Ces initiatives incluent l’annexion, la construction d’implantations, les démolitions, les incitations à la violence et les salaires versés aux terroristes ».

Le KKL, fondé en 1901 pour acheter et développer des terres destinées à l’implantation juive et particulièrement connu pour les centaines de millions d’arbres plantés par l’organisation dans tout Israël, a sous sa tutelle, au nom de la population juive, environ 15 % des terres du pays dont l’administration est assurée par l’Autorité israélienne des terres.

Sorte d’ONG officiellement inscrite comme entreprise d’intérêt public, le KKL intervient dans les domaines des forêts, de l’eau, du développement communautaire, du tourisme, de la recherche et du développement. L’Organisation sioniste mondiale est son organisation-mère.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...