Kobi Meidan a « honte d’être Israélien face aux violences à Gaza »
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Kobi Meidan a « honte d’être Israélien face aux violences à Gaza »

L'animateur à la radio militaire a ensuite affirmé qu'il n'avait pas tous les détails des violences de vendredi quand il s'est exprimé. Des ministres réclament sa démission

Kobi Meidan (Capture d'écran : YouTube)
Kobi Meidan (Capture d'écran : YouTube)

Un animateur vétéran de la radio et de la télévision a suscité des commentaires politiques lapidaires après avoir déclaré qu’il avait « honte d’être Israélien » au vu des actions des militaires au cours des violences de vendredi qui ont eu lieu le long de la frontière avec Gaza.

Des informations transmises au cours du week-end avaient laissé entendre que Kobi Meidan pourrait être licencié de la radio militaire suite à ces propos, mais le journal Haaretz a fait savoir lundi que les gérants de la station étaient plutôt décidés à le conserver dans l’équipe.

La station de radio, placée sous les auspices de l’armée, n’en reste pas moins un organe largement indépendant.

Quinze Palestiniens ont été tués durant les affrontements de vendredi au cours desquels les soldats israéliens ont tiré des balles réelles et en caoutchouc, provoquant une vague de critiques internationales et des appels isolés israéliens à ce qu’une enquête soit ouverte.

Les responsables au sein de l’Etat juif ont indiqué depuis qu’au moins 10 des personnes tuées lors des émeutes appartenaient à des groupes terroristes palestiniens, notamment au Hamas. Un jeune de 16 ans est mort de ses blessures lundi. Il était membre du Jihad islamique palestinien.

Samedi, Meidan a posté un message sévère sur sa page Facebook qui disait : « Aujourd’hui, j’ai honte d’être Israélien ».

Meidan a depuis expliqué qu’il avait rédigé ce post avant de connaître les détails des événements qui s’étaient déroulés vendredi.

Lundi, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, issu du Likud, a indiqué à la radio militaire que si Meidan « avait véritablement de la morale, il aurait rendu les clés et dit qu’il ne voulait plus se produire sur les ondes de la radio de l’armée ».

Gilad Erdan, le 31 décembre 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le post de l’animateur n’a pas seulement révélé « des points de vue d’extrême-gauche », a continué Erdan, mais également « son manque de sérieux » dans la mesure où le message avait été rédigé avant que les événements de vendredi ne soient examinés par une instance objective.

Erdan a accusé les animateurs de la radio militaire d’être connus comme étant « très à gauche ».

Les propos du ministre ont fait écho à ceux exprimés dimanche par le ministre de la Défense Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu), qui a déclaré au micro de Radio 103FM qu’il avait « honte que nous ayons un tel présentateur sur une radio militaire ».

Il a ajouté que « si Meidan a honte, il devrait en tirer les conclusions par lui-même et quitter la station. Je pense que c’est déjà honteux qu’il s’agisse d’un animateur sur une station de radio militaire, mais que ces propos incarnent également une partie de notre réalité ».

Avigdor Liberman à une réunion de son parti Yisrael Beytenu, le 11 décembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avi Gabbay, chef de l’Union sioniste de l’opposition, s’est tourné lundi vers Twitter pour défendre le droit à la liberté d’expression de Meidan.

« Je suis très fier d’être Israélien mais je m’oppose totalement au rejet des gens sur des questions liées à la liberté d’expression », a-t-il écrit. « Liberman est ministre de la Défense et ce n’est pas lui qui nomme les animateurs de la radio militaire ».

Haaretz a fait savoir que le patron de la radio militaire, Shimon Elkabetz, souhaitait éviter le licenciement de Meidan et qu’il espérait que le présentateur éclaircirait ses propos en public.

Suite aux affrontements de vendredi, l’armée a indiqué avoir utilisé des « tirs chirurgicaux » pour contrer une « manifestation violente, terroriste en six endroits » le long de la frontière, partout où il y a eu des tentatives visant à ouvrir des brèches ou à endommager la barrière de sécurité.

L’armée israélienne a promis dimanche de continuer sa politique de tirs à balles réelles si des manifestations similaires devaient se répéter.

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