La « Chapelle Sixtine » de l’art rupestre, découverte dans la forêt amazonienne
Rechercher
Archéologie

La « Chapelle Sixtine » de l’art rupestre, découverte dans la forêt amazonienne

Des peintures qui auraient été réalisées il y a 12 500 ans ont été découvertes sur 13 km de falaises en Colombie

Une photo aérienne prise le 22 novembre 2019 montre des arbres dans la réserve de Renascer, dans la forêt amazonienne de Prainha, dans l'État de Para, au Brésil. (AP Photo/Leo Correa)
Une photo aérienne prise le 22 novembre 2019 montre des arbres dans la réserve de Renascer, dans la forêt amazonienne de Prainha, dans l'État de Para, au Brésil. (AP Photo/Leo Correa)

Des dizaines de milliers de peintures datant de l’ère glaciaire ont été dévoilées pour la première fois depuis leur découverte dans la forêt amazonienne il y a un an.

Surnommée « la Chapelle Sixtine des Anciens », les dessins des animaux et des hommes auraient été réalisés il y a 12 500 ans sur près de 13 km de falaises en Colombie.

Les experts ont daté les dessins en se basant sur des animaux aujourd’hui disparus comme le mastodonte, un ancêtre préhistorique de l’éléphant dont on pense qu’il a disparu de la région depuis 12 000 ans, ainsi que sur des images du paléolama, également disparu, et des paresseux et chevaux géants de l’ère glaciaire, a rapporté l’Observer. Des empreintes de mains humaines sont également visibles sur les dessins.

Les dessins seront dévoilés dans leur intégralité pour la première fois dans un prochain documentaire intitulé « Jungle Mystery : Lost Kingdoms of the Amazon ». (« Mystère de la jungle : les royaumes perdus de l’Amazonie »).

Ella Al-Shamahi, archéologue et exploratrice qui présente le film, a déclaré à l’Observer que les images étaient « à couper le souffle » et que le site de la Serranía de la Lindosa était si nouveau qu’il n’avait pas encore été nommé.

Les peintures varient en taille et certaines sont si hautes sur la falaise qu’elles ne peuvent être observées qu’avec des drones.

José Iriarte, professeur d’archéologie à l’Université d’Exeter et expert de l’Amazonie et de l’histoire précolombienne qui a dirigé l’équipe, a suggéré à l’Observer que les représentations de tours en bois d’où les gens semblaient sauter à l’élastique pourraient être un indice de la façon dont les artistes ont atteint les points les plus élevés du rocher.

« Il est intéressant de voir que beaucoup de ces grands animaux apparaissent entourés d’hommes de petite taille, les bras levés, vénérant presque ces animaux », a-t-il déclaré, lorsqu’on lui a demandé si les dessins pouvaient avoir un caractère sacré. « Pour les peuples amazoniens, les non-humains comme les animaux et les plantes ont une âme, et ils communiquent et interagissent avec les gens de manière coopérative ou hostile à travers les rituels et les pratiques chamaniques que nous voyons représentés dans l’art rupestre. »

Selon le Daily Mail, on ne sait pas exactement quelle tribu est à l’origine de ces peintures, mais on pense que deux tribus indigènes d’Amazonie étaient présentes à cette époque : les Yanomami et les Kayapo.

Iriarte a raconté ce qu’il a ressenti en regardant les dessins, ainsi que sur la taille et les détails du site.

« Quand vous êtes là, vos émotions fusent… On parle de plusieurs dizaines de milliers de tableaux. Il va falloir des générations pour les enregistrer… Chaque fois que vous y allez, vous découvrez un nouveau mur de peintures », dit-il.

« Nous découvrons des animaux aujourd’hui disparus. Les dessins sont si naturels et si bien faits que nous avons peu de doutes sur le fait de voir un cheval, par exemple. Le cheval de l’ère glaciaire avait une tête sauvage et lourde. C’est si détaillé qu’on peut même voir le crin du cheval. C’est fascinant », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...