La coalition restera intacte, affirment des membres de Kakhol lavan
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La coalition restera intacte, affirment des membres de Kakhol lavan

Plusieurs d'entre eux ont rejeté les propos de la députée Miki Haimovich, qui avait déclaré que plusieurs membres du parti soutenaient une rupture

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Le parti Kakhol lavan a semblé, dimanche soir, chercher à se distancer des propos tenus par l’une de ses membres qui avait déclaré qu’un groupe croissant de personnes, au sein de la formation du ministre de la Défense Benny Gantz, favorisait l’option de la rupture du partenariat établi avec le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu – une initiative qui renverserait le gouvernement d’unité actuel.

Plusieurs médias ont cité des sources de Kakhol lavan qui ont estimé que les propos de Miki Haimovich n’engageaient qu’elle-même. Elles ont aussi noté qu’aucun gouvernement alternatif de coalition ne pourrait être formé dans les faits si le gouvernement devait chuter – ce qui entraînerait de nouvelles élections nationales en Israël.

« Le moment est venu de mettre tout le reste de côté, même si cela paraît important, et de nous concentrer sur ce qui est finalement le plus important actuellement pour les citoyens d’Israël – sauver des vies et guérir l’économie », a écrit sur Twitter la ministre de la Diaspora, Omer Yankelevich.

« Une élection ne résoudrait aucun problème à l’heure actuelle ; elle ne ferait que tous les intensifier », a-t-elle écrit sur Twitter.

Miki Haimovich, présidente de la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset, le 8 septembre 2020. (Autorisation)

Selon Kan, plusieurs députés dont l’identité n’a pas été précisée se préparaient à suggérer au parti Kakhol lavan, lors d’une réunion de faction organisée dimanche soir, de rompre la discipline de coalition et de voter indépendamment du Likud tout en restant au sein du gouvernement.

« Le Likud ne prend pas en considération nos points de vue. Kakhol lavan n’a pas à permettre à Netanyahu de contrôler sa destinée », a déclaré une source du parti à la chaîne Kan.

La chaîne a aussi noté que Kakhol lavan pensait qu’il n’y avait aucune justification à l’élargissement des nouvelles mesures d’urgence restreignant les manifestations dans le cadre du confinement entraîné actuellement par le coronavirus – des mesures auxquelles plusieurs parlementaires du parti se sont opposés, la semaine dernière, lorsqu’elles ont été votées et qui ont motivé la décision prise par le ministre du Tourisme, Asaf Zamir, de présenter sa démission.

Netanyahu devrait prôner le maintien des mesures d’urgence – qui doivent expirer mardi – lors de la réunion du cabinet qui a lieu ce lundi.

Les limitations imposées aux manifestations massives, qui interdisent aux Israéliens de prendre part à des mouvements de protestation organisés à plus d’un kilomètre de chez eux et qui exigent le respect de la distanciation sociale, ont, dans les faits, nui aux rassemblements hebdomadaires anti-Netanyahu qui se tiennent aux abords de sa résidence officielle de Jérusalem – même si des regroupements plus modestes ont toutefois eu lieu samedi dans tout le pays.

Ce mouvement de protestation appelle à la démission du Premier ministre en raison de son procès pour corruption et pour sa prise en charge de la crise entraînée par l’épidémie de coronavirus, considérée comme mauvaise par certains manifestants.

Suivant les règles de distanciation sociale, les manifestants rassemblés pour réclamer la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle, le 24 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours des trois scrutins consécutifs qui avaient commencé au mois d’avril 2019, Kakhol lavan avait fait sa campagne sur le remplacement nécessaire de Netanyahu – mis en examen pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance. Le Premier ministre, pour sa part, n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que les inculpations à son encontre avaient résulté d’initiatives prises par ses adversaires politiques, les médias, les responsables du système judiciaire et les procureurs pour l’écarter du pouvoir.

À l’issue des dernières élections, au mois de mars dernier, Kakhol lavan avait finalement accepté de siéger au sein d’un gouvernement dirigé par Netanyahu, citant les crises sanitaire et économique entraînées par la pandémie.

Depuis que le nouveau gouvernement a été formé, il a néanmoins été déchiré par les querelles survenues entre le Likud et Kakhol lavan, et la dissolution de la Knesset n’avait été évitée que de peu, au mois d’août, avec l’adoption à la dernière minute d’une législation en faveur d’un report de l’approbation d’un budget d’Etat au mois de décembre.

Si la Knesset se trouve dans l’incapacité d’approuver un budget à cette nouvelle échéance, alors le pays devra organiser de nouvelles élections sans que Netanyahu soit obligé de confier le poste de Premier ministre à Gantz, comme le précise l’accord de partage du pouvoir conclu entre les deux hommes.

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, numéro 2 de Kakhol lavan, a expliqué samedi qu’il n’était pas sûr que Gantz puisse devenir Premier ministre au mois de novembre 2021, comme le stipule l’accord de coalition signé avec le Likud.

Il a indiqué que si Kakhol lavan avait le sentiment d’être dans l’incapacité d’influencer la politique gouvernementale, « ce sera une ligne rouge ».

« Si Netanyahu veut des élections, ce n’est pas une menace pour nous. C’est une menace pour les Israéliens », a-t-il estimé.

Ashkenazi a aussi été interrogé sur la décision prise par Asaf Zamir, député Kakhol lavan, de démissionner de son poste de ministre du Tourisme dans la journée de vendredi.

« Je comprends les difficultés et je respecte cette décision – même si je suis en désaccord avec elle. Si on veut influencer, on ne pourra le faire que depuis l’intérieur du gouvernement. Démissionner, c’est abandonner l’arène politique à Netanyahu », a-t-il répondu.

Dans un post publié sur Facebook où il expliquait sa décision de présenter sa démission, Zamir avait cité la nouvelle loi controversée portant sur la restriction des mouvements de protestation et avait accusé Netanyahu de placer ses déboires judiciaires en tête de ses priorités, avant la lutte contre le coronavirus.

Le président de Kakhol lavan Benny Gantz, à droite, et Asaf Zamir, membre du parti, au cours d’un événement de la formation à Ramat Gan, le 27 mars 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Peu après l’annonce faite par Zamir, Gantz avait déclaré que Kakhol lavan allait immédiatement prendre des initiatives pour désigner un procureur d’Etat permanent – le poste est resté vacant depuis le mois de décembre 2019 – semblant se préparer à nouveau à un affrontement direct avec le Likud et Netanyahu.

La Douzième chaîne a fait savoir que l’initiative entrait dans le cadre d’un changement d’attitude délibéré de la part de Kakhol lavan, reflétant la détermination du parti à adopter une approche plus agressive à l’égard de Netanyahu, la formation ayant réalisé que ses tentatives de compromis ne l’avaient jusqu’à présent pas véritablement servie.

Le Likud, en réponse, a accusé Kakhol lavan de « jeu politique » et de rompre les accords de coalition « dans une tentative désespérée de séduire certains électeurs de gauche pour prévenir son effondrement dans les sondages ».

Il est peu probable que Netanyahu accepte le choix de la personnalité proposée par le ministre de la Justice (Kakhol lavan) pour le poste de procureur d’Etat. Dans l’accord de coalition, les deux parties ont convenu de reporter les nominations de hauts-responsables, susceptibles d’être des points de friction. Kakhol lavan ne pourra pas nommer un nouveau procureur d’Etat sans l’accord préalable du Likud. Si le parti de Gantz devait tenter de le faire, cela pourrait encore déstabiliser davantage les fondations déjà fragiles du gouvernement d’unité dysfonctionnel.

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