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La coalition, troublée par les propos d’un député favorable à l’ultimatum de Raam

Yamina s’en est pris à Yair Golan, mis en cause pour avoir dit que le gouvernement réfléchissait "avec fierté" aux demandes soumises par le parti Raam concernant le mont du Temple

Le député du parti Meretz, Yair Golan, prend la parole lors d'une séance plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon/POOL)
Le député du parti Meretz, Yair Golan, prend la parole lors d'une séance plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon/POOL)

Dans une nouvelle démonstration des querelles intestines qui déchirent la coalition, le parti Yamina s’en est pris mercredi au vice-ministre Yair Golan. Ce dernier avait indiqué que le gouvernement réfléchissait « avec fierté » aux demandes soumises par le parti Raam concernant le mont du Temple.

Sous pression suite aux tensions persistantes à Jérusalem, le parti islamiste Raam a suspendu sa participation à la coalition au début de la semaine. Le parti a par ailleurs publié une liste de demandes conditionnant son retour au sein de la coalition. Parmi ces demandes figure le retour au statu quo sur le mont du Temple dans sa version antérieure à 2000 – en vertu duquel, a précisé Raam, la police doit coordonner ses actions sur le site avec le Waqf, sous contrôle jordanien, administrateur du lieu saint et en charge de l’accueil des non-musulmans.

Alors qu’un journaliste de la Douzième chaîne lui demandait si les récentes décisions du gouvernement visant à apaiser les tensions à Jérusalem avaient été influencées par la présence du parti arabe dans les rangs de la coalition, Yair Golan, député du Meretz, avait déclaré que « ses réflexions et ses intérêts ont été pris en compte, et nous en sommes fiers ».

Golan avait également indiqué que les demandes de Raam devaient être prises en considération, ajoutant qu’il n’y avait aucune raison « de ne pas le dire à haute voix : nous en sommes fiers ».

Des membres de la coalition, notamment de la formation de droite Yamina, s’en sont rapidement pris à Golan.

« Yair, aidez-moi à comprendre. Essayez-vous de faire tomber le gouvernement ? », a écrit sur Twitter Nir Orbach, député de Yamina qui avait publié la semaine dernière sa propre liste de revendications et menacé de précipiter la chute de la coalition. Son message a été retweeté par la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, également du parti Yamina.

Le député Nir Orbach réagit lors d’une session plénière dans la salle de réunion du parlement israélien sur la loi sur l’électricité reliant les villes arabes et bédouines, à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans un communiqué, le parti Yamina a condamné les propos de Golan, ancien général, considéré comme l’un des membres les plus conciliants du gouvernement. « Le mont du Temple est placé sous la souveraineté absolue d’Israël et toute décision prise le sera en fonction des considérations sécuritaires de l’État d’Israël, en sa qualité d’État juif et démocratique, d’État garant de la liberté de religion pour tous », a noté le communiqué qui a accusé Golan de « faire tout ce qui est possible de faire pour renverser le gouvernement ».

Le gouvernement est sur la corde raide depuis le départ de la députée Idit Silman, membre de Yamina, qui a fragilisé la coalition en la privant de sa déjà très mince majorité. La Knesset, qui compte 120 membres, est aujourd’hui dans l’impasse, la coalition et l’opposition détenant l’une comme l’autre 60 sièges.

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