La communauté LGBT réclame au gouvernement « la pleine égalité »
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La communauté LGBT réclame au gouvernement « la pleine égalité »

Suite aux récentes manifestations massives et au vaste soutien dont a bénéficié le mouvement, les activistes gays ont menacé d'actions s'ils ne bénéficient pas de pleins droits

Les membres de l'association LGBT lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 25 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Les membres de l'association LGBT lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 25 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Suite à un mouvement de protestation massif entraîné par l’exclusion des couples homosexuels de la loi sur le recours à la GPA qui a été récemment adoptée, les chefs de la communauté LGBT ont présenté mercredi une liste de demandes pour « l’égalité et la liberté », menaçant de manifestations continues si leurs revendications venaient ne pas à être prises en compte.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, la communauté a présenté un document – signé par 14 organisations LGBT – présentant ses attentes au gouvernement, soulignant qu’elle n’accepterait rien de moins qu’une « pleine égalité » et « la fin des discriminations ».

Ces revendications ont été divisées en six catégories : la prévention de la violence à l’encontre des LGBT, la reconnaissance pleine et entière des familles homosexuelles – notamment l’égalité dans le recours aux services d’une mère porteuse – l’octroi d’allocations sociales appropriées aux couples gays, l’égalité dans les soins, et l’éducation de la population à la tolérance et à l’acceptation de la communauté ainsi que le versement à la communauté d’une somme s’élevant au moins à 50 millions de shekels.

Chen Arieli, cheffe influente de l’association pour les LGBT, a déclaré à la chaîne Hadashot que si ces revendications devaient rester lettre morte, « nous continuerons le combat comme nous le faisions déjà avant cet important mouvement de protestation. Il a prouvé que nous avons de la puissance ».

« Nous devons adopter une position de force et changer l’équilibre du pouvoir », a-t-elle ajouté.

Une manifestation pour les droits des LGBT sur la place Rabin à Tel Aviv le 22 juillet 2018. (Crédit : Jacob Magid / Times of Israel)

Dimanche soir, ce sont des dizaines de milliers d’Israéliens qui se sont réunis sur la place Rabin, à Tel Aviv, pour protester contre l’exclusion des couples homosexuels de la loi sur la GPA, qui a mené l’Etat juif à être accusé de discrimination à l’encontre de la communauté LGBT.

Les défenseurs des droits des homosexuels et leurs sympathisants ont observé une grève d’une journée sans précédent dans la journée de dimanche, et des manifestations d’ampleur ont eu lieu dans les plus grandes villes d’Israël, lors desquelles des centaines de personnes ont brandi le drapeau arc-en-ciel de la communauté, bloqué la circulation et crié « Honte ».

Les groupes communautaires ont également planté un chapiteau de protestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem.

Ofer Erez, directeur-général de la Maison ouverte de Jérusalem, a précisé que le mouvement de protestation continuerait jusqu’au défilé de la Gay pride de Jérusalem, qui est prévue le 2 août.

Un grand nombre des manifestants, dimanche, ont exprimé leur colère contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui, la semaine dernière, avait juré dans un enregistrement vidéo qu’il avait réalisé, que la clause portant sur l’inclusion dans la loi sur la GPA des couples homosexuels serait ajoutée à la législation mais qui aura finalement voté contre la mesure en raison des pressions des membres ultra-orthodoxes de sa coalition, selon des informations.

Les membres de la communauté LGBT et leurs soutiens participent à une manifestation contre l’amendement d’une loi à la Knesset interdisant le recours à la GPA aux homosexuels à Tel Aviv, le 19 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le mouvement de protestation a bénéficié d’un fort soutien. Les entreprises et les divisions locales des multinationales ont annoncé qu’elles s’engageaient en faveur de la grève en autorisant leurs employés à y prendre part. Certaines ont précisé être prêtes à mettre en oeuvre des politiques nouvelles pour aider leurs personnels à devenir parents par le biais d’une mère porteuse, indépendamment de leur orientation sexuelle.

« C’est une mesure symbolique mais une mesure qui montre un soutien réel », a commenté dimanche Julien Bahloul, porte-parole de l’Association des pères homosexuels en Israël, auprès de l’AFP.

La grève a été annoncée mercredi par l’organisation-cadre de la communauté LGBT, la Agoudah, peu de temps après le vote de la Knesset sur la loi sur les mères porteuses qui a élargi ce droit aux femmes célibataires mais pas aux hommes, ce qui empêche dans les faits les couples gay d’avoir un enfant via une GPA.

Alors que les critiques ne cessaient de s’intensifier, Netanyahu a nié plus tard avoir changé de positionnement sur la question de la gestation pour autrui pour les couples homosexuels, affirmant qu’il a voté contre cette mesure pour garantir l’adoption de la loi. Il a juré de soutenir un autre texte légalisant le recours à une mère porteuse pour les couples gays lors d’une session ultérieure de la Knesset.

Naomi Lanzkron et l’AFP ont contribué à cet article.

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