La conscription des ultra-orthodoxes dans Tsahal en forte baisse en 2018
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La conscription des ultra-orthodoxes dans Tsahal en forte baisse en 2018

2 440 haredis ont été incorporés dans l'armée israélienne en 2018, par rapport aux 3 070 recrues ultra-orthodoxes de 2017

Des soldats de la brigade Nahal haredi, un bataillon ultra-orthodoxe de l'armée de l'air israélienne. Illustration. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)
Des soldats de la brigade Nahal haredi, un bataillon ultra-orthodoxe de l'armée de l'air israélienne. Illustration. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

La conscription des ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne a fortement diminué en 2018. Il s’agissait de la première baisse depuis plus de 10 ans, avec une chute de 20 % du nombre de recrues haredi par rapport à l’année précédente, selon le quotidien Haaretz. Le journal a eu accès aux données statistiques sur le recrutement collectées par le Service des Ressources humaines de Tsahal. Ces chiffres doivent encore être publiés.

Beaucoup dans la communauté ultra-orthodoxe ne font pas le service militaire, pourtant obligatoire pour les autres Juifs israéliens. Historiquement, la communauté a été exemptée du service dans l’armée pour poursuivre des études religieuses.

Les chiffres annoncés dimanche montrent que 2 440 soldats ultra-orthodoxes ont été incorporés dans l’armée israélienne, une baisse de 800 soldats par rapport à l’objectif de recrutement du gouvernement pour l’année. En comparaison, 3 070 soldats ultra-orthodoxes avaient été recrutés en 2017, a rapporté Haaretz.

Jusqu’à présent, le nombre des recrues ultra-orthodoxes avait augmenté chaque année depuis 2007. Il y a un certain nombre d’unités haredi dans Tsahal, comme le bataillon de combat Netzah Yehuda (Nahal Haredi), où sert une majorité des soldats ultra-orthodoxes.

L’écrasante majorité des recrues ultra-orthodoxes qui ne sont pas dans des unités spécialement adaptées pour les haredi ne s’identifient plus comme faisant partie de cette communauté, a rapporté Haaretz, citant des sources au fait du dossier.

Le nombre des soldats haredi nouvellement incorporés qui servent dans des cadres non-religieux a augmenté de 19 % en 2018 à 40 % en 2019.

L’impasse politique qui affecte actuellement Israël est en partie due à la question de la conscription des étudiants des yeshivot. En mai, moins de deux mois après que les électeurs ont semblé donner au Premier ministre Benjamin Netanyahu un mandat pour former un nouveau gouvernement, les négociations de coalition ont échoué après que Liberman et son parti Yisrael Beytenu ont refusé de rejoindre le gouvernement.

Le point d’achoppement concernait une loi imposant aux hommes haredi de faire leur service militaire obligatoire. Alors que les partis ultra-orthodoxes voulaient assouplir le texte de loi, Liberman a insisté pour dire qu’il ne rejoindrait pas un gouvernement si le projet de loi n’était pas adopté tel quel.

Le texte rédigé par le ministère de la Défense aurait fixé les objectifs annuels minimum pour la conscription ultra-orthodoxe qui, s’ils n’étaient pas tenus, auraient entraîné des sanctions financières contre les yeshivot où les étudiants se forment. Dans le même temps, le projet de loi aurait encadré les exceptions pour la grande majorité des étudiants de yeshiva.

Affrontements entre Ultra-orthodoxes et policiers à Bnei Brak, le 20 novembre 2017 (Crédit : ossi Zeliger/Flash90)

Selon un rapport de décembre 2008 par l’Institute Démocratie Israël (IDI), le rythme de l’intégration haredi aussi bien dans le monde du travail que dans le milieu académique a sensiblement ralenti, indiquant une tendance « inquiétante » dans la société israélienne.

L’IDI a fait savoir que les inscriptions à temps plein dans les yeshivot avaient augmenté parmi les haredis, alors que le taux d’emploi a ralenti et moins de membres de la communauté suivent une formation supérieure laïque.

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