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‘Nous punirons sans merci ceux qui offensent la dignité de notre dirigeant’

La Corée du Nord menace Israël après que Liberman a traité le dirigeant coréen de « fou »

“N’avons-nous pas assez d’ennemis ?”, a demandé un ministre anonyme furieux après les propos du ministre de la Défense

Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen, à Pyongyang, le 15 avril 2017. (Crédit : Ed Jones/AFP)
Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen, à Pyongyang, le 15 avril 2017. (Crédit : Ed Jones/AFP)

La Corée du Nord a menacé du punir Israël et a accusé samedi le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, de déclarations « imprudentes et calomnieuses » qui ont insulté son dirigeant. Liberman avait critiqué le pays d’Asie et affirmé que ses dirigeants étaient « extrémistes et fous ».

Dans un communiqué officiel de son ministère des Affaires étrangères, Pyongyang a déclaré que Liberman avait défié la Corée du Nord avec ses propos « imprudents et calomnieux » contre le pays.

« Notre message constant est de punir sans merci ceux qui offensent la dignité de notre dirigeant », pouvait-on lire dans le communiqué.

« Nous recommandons à Israël de penser à deux fois aux implications de sa campagne de diffamation à notre encontre. »

Les tanks de l'armée nord-coréenne pendant une parade militaire commémorant le 105e anniversaire de Kim Il-Sung, à Pyongyang, en Corée du Nord, le 15 avril 2017. (Crédit : Ed Jones/AFP)
Les tanks de l’armée nord-coréenne pendant une parade militaire commémorant le 105e anniversaire de Kim Il-Sung, à Pyongyang, en Corée du Nord, le 15 avril 2017. (Crédit : Ed Jones/AFP)

Le communiqué condamnait également la politique nucléaire d’Israël, et accusait l’Etat juif de violer les droits des Arabes dans tout le Moyen Orient.

« Israël est le seul possesseur illégal d’armes nucléaires qui jouit du soutien des Etats-Unis, mais Israël attaque la Corée du Nord pour possession d’armes nucléaires », poursuivait le communiqué, avant d’affirmer que cette déclaration cynique avait pour but de détourner l’attention de « l’occupation » israélienne et de ses « crimes contre l’humanité ».

Jeudi, Liberman avait déclaré que Pyongyang « semble avoir franchi la ligne rouge avec ses récents tests nucléaires », ajoutant que son programme d’armes nucléaires posait une menace au monde plus importante que celle de l’Iran ou de tout autre groupe terroriste.

« Nous sommes au début d’une nouvelle ère de missiles précis et d’armes non conventionnelles [qui sont] entre les mains de personnes irrationnelles », avait déclaré Liberman.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse aux nouvelles recrues sur la base militaire de Tel Hashomer, le 19 mars 2017. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’adresse aux nouvelles recrues sur la base militaire de Tel Hashomer, le 19 mars 2017. (Crédit : Flash90)

De plus, dans un entretien accordé la semaine dernière au site d’information Walla, Liberman avait cité Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord, en le nommant « l’homme fou de la Corée du Nord ». Il avait dit que Pyongyang était allié avec la Syrie, l’Iran et le Hezbollah, qui appartiennent tous à « un axe du mal » mené par un « groupe extrémiste et fou » dont le seul objet est de « déstabiliser le monde entier ».

D’importants ministres israéliens ont critiqué Liberman samedi soir, a annoncé la radio publique israélienne, et l’ont accusé de mettre en danger la sécurité d’Israël par ses propos.

La radio n’a pas cité les noms des ministres, qui ont affirmé que Liberman devrait parler moins et se concentrer plus sur le maintien de la sécurité nationale.

« Nous n’avons rien à faire avec la Corée du Nord, alors pourquoi sauter dessus ? », aurait demandé un ministre furieux. « N’avons-nous pas assez d’ennemis ? »

Le conflit diplomatique inattendu avec la Corée du Nord a poussé d’autres politiciens israéliens à critiquer Liberman.

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, à l'université hébraïque de Jérusalem, le 18 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense, à l’université hébraïque de Jérusalem, le 18 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense qui critique régulièrement son successeur, a écrit sur Twitter que « le ministre des Paroles discute de manière irresponsable de la Corée du Nord. Et il n’y a pas de Premier ministre pour brider les ministres balbutiants. »

Shelly Yachimovich, députée de l’Union sioniste, a pour sa part noté sur Twitter que « nous avons assez d’ennemis. Concentrons-nous sur eux. »

Samedi, le USS Carl Vinson, un porte-avion américain, a commencé un exercice conjoint avec la marine sud-coréenne, ont indiqué des responsables, alors que les tensions avec la Corée du Nord sont au plus haut après un nouveau tir de missile balistique.

L’exercice a eu leu quelques heures après que la Corée du Nord a lancé un missile balistique, un pied-de-nez à la pression américaine pour des sanctions internationales afin de réfréner les ambitions nucléaires militaires de Pyongyang.

Les tests de missiles balistiques nord-coréens sont interdits par les Nations unies car ils sont perçus comme une tentative du pays d’obtenir un missile à tête nucléaire qui pourrait frapper le sol américain. Le dernier test a eu lieu alors que les responsables américains se tournaient vers la diplomatie aux nations unies pour tenter de régler ce qui pourrait être le dossier le plus complexe de politique étrangère pour Washington.

Le moment choisi par la Corée du Nord pour ce test est frappant : quelques heures plus tôt, le Conseil de sécurité des Nations unies avait tenu une réunion ministérielle sur le programme d’armes de Pyongyang. Les responsables nord-coréens ont boycotté cette réunion, qui était présidée par le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

L’AFP a contribué à cet article.

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