La Cour suprême rejette l’appel contre l’expulsion du directeur de HRW
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La Cour suprême rejette l’appel contre l’expulsion du directeur de HRW

Les juges ne ré-examineront pas la décision suspendant celle du gouvernement d'expulser Omar Shakir en raison de son soutien présumé au mouvement de boycott d'Israël

Le directeur de Human Rights Watch pour Israël et les territoires palestiniens, Omar Shakir, citoyen américain, est assis dans son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)
Le directeur de Human Rights Watch pour Israël et les territoires palestiniens, Omar Shakir, citoyen américain, est assis dans son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)

La Cour suprême a rejeté mardi la demande déposée par Human Rights Watch que la décision du gouvernement d’expulser son directeur local en raison de son soutien présumé au mouvement de boycott d’Israël soit ré-examinée.

« La présidente de la Cour suprême refuse l’injonction qui me permettrait de rester […] Je partirai dans 6 jours », a ainsi tweeté Omar Shakir.

Un précédent jugement rendu ce mois-ci lui donnait jusqu’au 25 novembre pour quitter le pays.

Lors de cette audience, un panel standard de trois juges a confirmé la décision du ministère de l’Intérieur de ne pas renouveler le visa de travail d’Omar Shakir et lui a ordonné de quitter le pays, estimant que son combat contre les implantations israéliennes en Cisjordanie équivalait à un soutien du mouvement de boycott mené par les pro-Palestiniens.

Une loi de 2017 interdit l’entrée dans le pays de toute personne soutenant publiquement le boycott d’Israël ou de ses implantations en Cisjordanie. Le cas de Shakir a été suivi de près au niveau international et servi de test sur la façon dont le pays applique sa législation controversée.

HRW a ensuite réclamé une nouvelle audience devant un panel étendu de juges, considérant que la Cour suprême devait se prononcer sur le langage employé dans la loi de 2017 afin de clarifier si les appels au boycott reposant sur des violations des droits humains étaient également concernés.

Dans cette requête, HRW affirme qu’expulser des militants comme Shakir « constitue un séisme en ce qui concerne la capacité des organisations et défenseurs des droits humains à faire leur travail en Israël et dans les territoires occupés en lien avec le conflit israélo-palestinien ».

L’organisation a mis en garde contre « des conséquences considérables » pour les efforts diplomatiques israéliens, les associations de droits humains opérant dans le pays et pour la liberté politique.

Le jugement de mardi est la suite d’une longue saga judiciaire lors de laquelle Shakir a contesté la décision d’expulsion auprès d’un tribunal inférieur, avant que la Cour suprême ne se range du côté de l’État. Le représentant de HRW a été autorisé à rester dans le pays tout au long de ces procédures.

Le juge ayant rendu la décision du 5 novembre a semblé minimiser le futur impact potentiel sur les autres associations ou militants des droits humains.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, travaille à son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (AFP Photo/Abbas Momani)

« Rien dans cette décision ne saurait concerner d’autres organisations et militants des droits humains », a ainsi écrit le juge Neal Hendel. Son jugement concernait d’abord la légalité de la décision d’expulser Shakir plutôt que les termes de la loi de boycott de 2017. La Cour a donné 20 jours à l’intéressé pour quitter le pays et lui demande de régler les frais juridiques liés à l’affaire.

HRW assure que ni elle ni Shakir n’ont pas catégoriquement appelé au boycott d’Israël. L’organisation estime que son directeur régional, en poste depuis 2016, était ciblé en raison de l’opposition de HRW aux implantations israéliennes en Cisjordanie, ainsi que de ses appels aux entreprises à cesser de travailler avec les implantations.

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