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La date et les procédures définitives des primaires du Likud pas encore fixées

L'incertitude règne sur l'éventuel ralliement de rebelles de Yamina ; Netanyahu craindrait que la ferveur de la campagne ne nuise au Likud

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Passants devant un panneau d’affichage électoral pour le parti Likud, donnant à voir un portrait de son chef, Benjamin Netanyahu, à Ramat Gan, Israël, 21 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Passants devant un panneau d’affichage électoral pour le parti Likud, donnant à voir un portrait de son chef, Benjamin Netanyahu, à Ramat Gan, Israël, 21 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Le Likud du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu – en tant que formation laissant, comme c’est aussi le cas de plusieurs autres, les membres de sa base décider des candidats qui figureront sur une partie de sa liste électorale – devrait organiser ses Primaires dans les prochaines semaines, même si aucune date n’a été définitivement arrêtée.

Après avoir écarté la possibilité d’organiser ces Primaires à la fin juillet, des sources ont fait savoir qu’elles s’attendaient à ce que le vote se tienne début août – et peut-être le 2. La question pourrait être résolue à la fin de la semaine prochaine seulement, la date nécessitant d’être approuvées par la Commission constitutionnelle et par le Comité central du Likud.

Il faudra que le vote désignant la nouvelle liste de candidats ait lieu avant les élections du 1er novembre, le cinquième scrutin organisé au sein de l’État juif en moins de quatre ans. Le Likud et son leader de longue date, Benjamin Netanyahu, ont promis de reprendre le pouvoir après avoir siégé pendant un an dans l’opposition.

Le Likud, qui occupait 30 sièges dans la Knesset sortante et qui émerge régulièrement des scrutins comme le parti le plus important au parlement, a mis en place un système compliqué de Primaires pour déterminer une partie non négligeable de sa liste de candidats. Le député David Bitan a fait savoir, la semaine dernière, que les Primaires et les coûts de campagne associés coûtaient à la formation aux environs de dix millions de shekels, alors que les candidats tentent de mobiliser les approximativement 140 000 membres du Likud enregistrés.

Cinq modalités permettent de mettre au point la liste électorale du Likud. La première, le leader du parti – qui prendra la première place – est déterminé. Toutefois, cette élection à la barre du Likud a été annulée, la semaine dernière, lorsque le numéro deux du mouvement, Yuli Edelstein, a cédé aux pressions qui lui demandaient de retirer sa candidature, la semaine dernière. A la place, le Comité central et la Commission constitutionnelle approuveront bientôt une proposition visant à maintenir Netanyahu dans le fauteuil qu’il occupe depuis 23 ans cumulativement, selon des sources du Likud.

Ensuite, Netanyahu, en tant que dirigeant du parti, pourra nommer trois personnes à des places garanties sur la liste. Des places qui sont regardées avec beaucoup d’intérêt par les anciens députés Yamina qui ont contribué au renversement de la coalition qui était dirigée par le leader de leur propre formation devenu depuis Premier ministre d’alternance, Naftali Bennett. Vingt-quatre heures après que Bennett et le Premier ministre actuel, Yair Lapid, ont initié le processus de dissolution de la Knesset, entraînant un nouveau scrutin, Netanyahu avait déclaré qu’il avait un certain nombre de places garanties à offrir sur la liste et qu’il « prendrait en compte » le fait que certains législateurs, comme les rebelles de Yamina, « avaient su conserver leur loyauté à l’égard de l’idéologie ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le président de la Knesset Yuli Edelstein lors d’une réunion du Likud à la Knesset, le 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

La veille, Lapid avait estimé qu’il était « illégal » d’échanger une place garantie sur une liste électorale contre un vote à l’encontre de la coalition, promettant que des enquêtes seraient ouvertes s’il devait y avoir de tels comportements. Les propos tenus par Lapid étaient survenus dans un contexte d’informations laissant entendre que le Likud s’était engagé à garantir un siège au dernier député rebelle en date de Yamina, Nir Orbach.

Tandis qu’il semble probable que le Likud honorera, sous une forme ou une autre, l’accord passé avec la députée Idit Silman, qui avait lancé le processus qui devait entraîner à terme l’effondrement de la coalition quand elle avait présenté sa démission au mois d’avril, privant l’alliance de sa majorité parlementaire, il est difficile de dire si Orbach bénéficiera du même traitement.

Le chef de la faction du Likud, le député Yariv Levin, a mis en doute les chances d’Orbach au sein de la formation, disant que s’il appréciait les contributions apportées au renversement du gouvernement par l’allié de longue date de Bennett, le Likud ne s’était pas engagé de manière absolue à son égard.

« Le député Orbach a fait, c’est évident, des choses importantes pour la chute du gouvernement – mais pas au point de Silman ou [Amichai] Chikli. Ni en matière de moment choisi, ni en intensité. Je ne pense pas que l’engagement à son égard soit au même niveau », a dit Levin, mardi matin, au micro de la station de radio Kol Barama.

Levin a ajouté que Silman et Chikli trouveraient un nouveau foyer politique au sein du Likud – même s’il n’a pas précisé si cela signifiait également qu’ils bénéficieraient d’une place garantie sur la liste électorale.

Il a ajouté qu’il ressentait « un engagement moral profond » à l’égard des deux députés. « Si c’est possible et qu’ils le désirent – ils intègreront le Likud », a-t-il dit.

Le troisième député rebelle de Yamina, Chikli, pourrait éventuellement poser un problème. Le Likud préférerait l’absorber dans ses rangs plutôt que de voir Chikli détourner des voix de droite vers un nouveau parti potentiel qu’il a dit vouloir créer. Il est peu probable que Chikli – un novice en politique surtout connu pour avoir protesté contre la décision du chef de son propre parti de constituer un gouvernement mixte disparate qui comprenait un parti arabe islamiste – obtienne le minimum de 3,25 % des voix nécessaires pour entrer seul à la Knesset. S’il ne parvient pas à franchir ce seuil, les voix de la droite qu’il aurait récoltées seraient perdues dans une élection où chaque mandat compte.

Le comportement de Chikli à cause duquel il a été chassé de Yamina, est exactement celui qui lui a valu les louanges du Likud. En conséquence, Chikli n’a pas le droit de se présenter avec une liste existante lors des prochaines élections. Il fait actuellement appel de cette décision auprès de la Haute Cour de Justice.

La députée Idit Silman et le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 13 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une fois les places garanties remplies, les trois étapes suivantes déterminent le reste de la liste.

Lors de la troisième modalité, la « liste nationale » est établie par les membres du parti qui votent lors des primaires. Dans la quatrième, les membres votent pour choisir les candidats des « minorités » qui sont placés sur la liste nationale. Par exemple, le Likud réserve quelques places aux femmes, aux nouveaux immigrants et à d’autres représentants spécialisés.

Finalement, le Likud réserve 10 places pour des candidats spécifiques aux districts. Ces candidats ne sont pas élus par les électeurs primaires, mais par les membres de la commission centrale du parti, qui compte environ 4 000 membres.

La majorité des candidats n’entreront pas à la Knesset. En 2021, le Likud a présenté une longue liste de 120 candidats, mais n’a envoyé que le quart supérieur au Parlement.

Bien qu’aucune date n’ait été fixée, la course aux primaires a déjà commencé. Parmi les candidats les plus connus qui se sont présentés pour tenter de réintégrer la Knesset figurent l’ancien ambassadeur aux Nations unies Danny Danon et l’ancien député Moshe Feiglin. Le conseiller économique de Netanyahu, Avi Simhon, est un nouveau visage qui attire l’attention, tandis que le député et ancien ministre chevronné Yuval Steinitz a annoncé mardi sa retraite politique, après 23 ans de carrière au sein du Likud.

A LIRE : Pour Netanyahu, une campagne électorale qui ressemble à un dernier tour de piste

Dans un discours prononcé jeudi, Netanyahu a déclaré que les prochaines élections porteront sur le coût de la vie, la restauration de la « fierté nationale » et la lutte contre l’Iran. Les messages constants du Likud portent également sur le rôle des Arabes dans la politique nationale et la critique du système juridique.

En ce qui concerne ce dernier point, Netanyahu, trois fois inculpé, craindrait que les tractations au sein du parti pendant les primaires ne nuisent aux chances du Likud pendant les élections générales. Le leader du Likud s’intéresse en particulier aux électeurs de la droite dite « molle », qui pourraient autrement soutenir Yamina ou Tikva Hadasha.

Outre leur volonté de renforcer leur influence sur la Cour suprême, les députés du Likud se sont attaqués cette semaine à la procureure générale Gali Baharav-Miara. Dimanche, le député Yoav Kisch a déclaré sur Twitter que le parti chercherait à évincer la procureure générale si elle laissait le ministre de la Défense Benny Gantz nommer un nouveau chef d’état-major de l’armée avant les élections.

Le député du Likud Yoav Kisch attaque le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset, le 28 juin 2021. (Capture d’écran : Knesset Channel)

« Les conséquences directes [d’une telle décision] la toucheraient elle et son statut », a déclaré Kisch. Il a ajouté que « seul un procureur général « au nom » [du gouvernement actuel] permettrait cela. »

Dimanche, le député du Likud Shlomo Karhi est allé plus loin en déclarant que Mme Baharav-Miara devait être licenciée de toute façon.

Selon une dépêche de la Douzième chaîne, Netanyahu a commencé à s’inquiéter du fait que plusieurs députés du parti sont passés de la catégorie des « atouts » à celle des « fardeaux », avec la ferveur des primaires.

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