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La dissolution de la Knesset retardée par les débats entre coalition et opposition

La coalition et l'opposition discutent des détails ; une réunion de commission a été reportée pour donner aux députés le temps nécessaire pour négocier les questions finales

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le député Yamina Nir Orbach préside la commission de la Chambre à la Knesset de Jérusalem, le 21 juin 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député Yamina Nir Orbach préside la commission de la Chambre à la Knesset de Jérusalem, le 21 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une commission déterminante de la Knesset, dont la réunion était nécessaire pour permettre de faire avancer le projet de loi de dissolution de la 24e Knesset, s’est rassemblée lundi après plusieurs reports qui ont empêché le texte d’être présenté devant les députés et de suivre la procédure législative habituelle, dans un contexte d’initiatives prises par l’opposition pour former un gouvernement d’alternance, ce qui éviterait l’organisation de nouvelles élections.

Cette réunion de la commission de la Chambre a eu lieu alors que la coalition et les députés de l’opposition ont repris leurs négociations – qui sont dans l’impasse depuis mercredi – sur la finalisation des détails de la dispersion de la Knesset actuelle. Une source du parti Yamina du Premier ministre sortant, Naftali Bennett, a déclaré que l’opposition et la coalition discutaient des dernières questions relatives à cette dissolution, comme l’établissement d’une date pour les élections, les lois qui seraient adoptées avant la dissolution du parlement et le rythme de la procédure en elle-même.

Même si onze projets de loi distincts sur cette dissolution ont été adoptés en lecture préliminaire, mercredi, avec un large soutien, elles ont été mises de côté jusqu’à la rencontre de la commission de la Chambre. Le président de cette commission, Nir Orbach, un député rebelle de Yamina qui s’est aligné du côté de l’opposition, avait d’abord reporté la rencontre de l’instance – initialement prévue mercredi dernier – à lundi, et il a repoussé la réunion pendant toute la matinée et tout le début de l’après-midi pour donner une chance supplémentaire à l’opposition de former une coalition d’alternance sans devoir recourir à un nouveau scrutin – des tentatives qui ont été vaines, jusqu’à présent.

Dimanche, un conseiller juridique de la Knesset a déclaré qu’Orbach ne pouvait pas abusivement reporter l’étude du projet de loi.

Après le début de la réunion, vers 13 heures, cette dernière a été stoppée à la demande du chef de la coalition, Boaz Toporovsky, qui a demandé que les négociateurs puissent encore avoir du temps.

La majorité de la coalition, au sein de la commission de la Chambre, devrait envoyer le texte à la commission de la Constitution, du droit et de la justice pour un réexamen indispensable avant que la législation ne soit présentée en première lecture en séance plénière, dans l’après-midi de lundi. Présidée par le député Travailliste Gilad Kariv, un fidèle de la coalition, cette Commission devrait permettre d’accélérer le processus de dissolution.

Une fois que le texte sera passé au vote en première lecture, il sera encore une fois réexaminé et il faudra encore deux votes avant qu’il n’entre en vigueur. Un processus qui pourrait se terminer dès lundi soir mais il est probable qu’il ne s’achèvera que dans la semaine dans la mesure où il dépend d’un certain niveau de coopération avec l’opposition.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, avec le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, au centre, et le ministre des Finances Avigdor Liberman, lors de la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 26 juin 2022. (Crédit : Yoav Dudkevitch)

Depuis que Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont annoncé, il y a une semaine, qu’il prévoyaient de dissoudre la Knesset et de renvoyer les Israéliens aux urnes pour la cinquième fois en l’espace de trois ans et demi, le spectre politique israélien, houleux, s’était fait à l’idée que les jours du 36e gouvernement d’Israël étaient dorénavant comptés. Toutefois, la coalition et l’opposition sont actuellement dans l’impasse concernant la manière dont le gouvernement va se désintégrer et sous quelles dispositions.

Le gouvernement veut que le processus de dissolution soit rapide, ce qui permettra à Lapid de devenir Premier ministre par intérim jusqu’aux prochaines élections. L’opposition dirigée par le Likud préfère, pour sa part, que l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu revienne au pouvoir dans le cadre d’une coalition de droite qui serait formée à partir des législateurs qui siègent actuellement au parlement, sans nécessité d’aller aux urnes.

Même si de nombreux députés des partis d’opposition de droite ont exprimé leur certitude de remporter les élections, les sondages actuels prédisent une impasse, même si le parti Yamina de Bennett pourrait intégrer un gouvernement dirigé par Netanyahu – lui apportant la majorité nécessaire – dans la mesure où la formation n’a pas exclu ce scénario.

Un certain nombre de partis de droite se sont ralliés à la coalition pour écarter du pouvoir Netanyahu. Certains d’entre eux ont assoupli leur positionnement ces derniers jours, au point de dire qu’ils pourraient se placer à ses côtés, même dans un gouvernement d’alternance formé à partir du parlement actuel.

Avant la rencontre de lundi, Orbach est resté injoignable pour un certain nombre de députés, ces derniers jours – le chef de la coalition actuel affirmant, dimanche, que le député Yamina ne répondait pas à ses questions sur la dissolution.

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