La famille d’Avera Mengistu, à Gaza depuis 6 ans, déplore l’apathie du peuple
Rechercher

La famille d’Avera Mengistu, à Gaza depuis 6 ans, déplore l’apathie du peuple

A l'occasion de la date anniversaire du passage d'Avera Mengistu en territoire contrôlé par le Hamas, sa famille appelle à une large mobilisation populaire pour sa libération

Avera Avraham Mengistu, non datée. (Crédit : famille Mengistu via AP)
Avera Avraham Mengistu, non datée. (Crédit : famille Mengistu via AP)

Les frères et sœurs d’un civil israélien retenu en captivité dans la bande de Gaza ont déploré l’attitude « apathique » du gouvernement et du public pour obtenir la libération de leur frère, dans des remarques faites à l’occasion du sixième anniversaire du jour où le jeune homme de 33 ans a pénétré dans le territoire contrôlé par le groupe terroriste du Hamas.

« Le gouvernement a toujours agi en fonction du sentiment public et une fois qu’il aura compris qu’il y a un large soutien de la population, les choses changeront. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas », a déploré Ilan Mengistu lors d’un entretien avec le site d’information Ynet.

En septembre 2014, Avera Avraham Mengistu, dont la famille a dit qu’il souffrait de dépression, est entré dans le nord de Gaza depuis la plage de Zikim. Après son entrée dans l’enclave côtière, le groupe terroriste l’aurait arrêté.

Ilan Mengistu a déclaré que sa famille n’a pas reçu la moindre information de la part des responsables gouvernementaux concernant l’endroit où se trouve Avera et son état de santé au cours des six dernières années, si ce n’est qu’il semblerait être vivant et captif du Hamas.

« L’incertitude est tout simplement cruelle », a-t-il dénoncé.

De gauche à droite : Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avec Agarnesh, la mère d’Avera Mengistu qui a été capturé par le Hamas, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 1er septembre 2019 (Crédit :Amos Ben Gershom/PMO)

La famille Mengistu a été en contact avec le négociateur en chef pour la libération des Israéliens détenus par le Hamas, Yaron Blum, ainsi que d’autres membres du gouvernement, a rapporté Ilan, mais a déploré que « l’indifférence » ait conduit à « aucune action sérieuse pour négocier son retour ».

A la question de savoir si la famille avait été informée des développements de ces derniers mois, au cours desquels le Hamas a exprimé son intérêt pour un échange de prisonniers dans le contexte de la pandémie, Ilan a répondu : « Malheureusement, le gouvernement a toujours manqué des opportunités ».

Il a reproché à Israël de se préoccuper davantage des droits humanitaires des habitants de Gaza que de son frère.

Ilan a ensuite été pressé d’expliquer pourquoi il pense que le public ne s’est pas rallié à son frère comme l’ont fait les Israéliens en appelant au retour de Gilad Shalit, un ancien soldat de l’armée qui a été retenu prisonnier par le Hamas de 2006 à 2011.

« Il y a un soutien [pour Avera], mais malheureusement il n’est toujours pas suffisant », a commenté Ilan, ajoutant que la sensibilisation concernant ceux qui souffrent de maladies mentales est insuffisante.

« Ils ne reçoivent pas assez d’attention, et quand ils en reçoivent, c’est du mépris », a-t-il dénoncé.

Il a laissé ouverte la possibilité que l’origine ethnique ait joué un rôle dans l’apathie générale, mais a refusé d’approfondir la question lorsqu’on lui a posé la question. « Je ne nie pas [que c’est une possibilité], mais je n’en suis pas là pour le moment », a-t-il indiqué.

« En tant que famille, nous vivons un cauchemar permanent depuis six ans, et nous voulons juste voir Avera à la maison. Je tiens à remercier tous ceux qui nous aident et nous soutiennent, et j’espère que beaucoup d’autres se joindront à notre lutte ».

La mère d’Avraham Abera Mengistu, Agurnesh, pendant une manifestation devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 11 septembre 2016. (Crédit: Luke Tress/Times of Israël)

Dans une tribune publiée lundi sur le site d’information Davar, la soeur d’Avera, Almanash, a décrit le rôle prépondérant que son frère a joué dans sa vie.

« Il est important pour moi que vous sachiez, par exemple, que lorsque j’étais petite et que je me battais avec mes frères, [Avera] était toujours à mes côtés et me protégeait vraiment », a-t-elle écrit. « Il est important pour moi que vous sachiez que… chaque fois qu’il entre dans une pièce, l’atmosphère est positive et légère, qu’il a toujours été entouré d’amis ».

« Il est important pour moi que vous sachiez que c’est un citoyen dont la santé mentale n’est pas bonne et que chaque jour où il est en captivité met sa vie en danger », a-t-elle poursuivi.

« Pendant six ans, le gouvernement n’a rien fait pour le ramener », a accusé Almanash, affirmant que sa famille avait demandé des informations concernant son état psychologique et que les autorités israéliennes n’avaient pas insisté pour recevoir une réponse.

« Je ne pense pas beaucoup à la possibilité de son retour. Je pense que nous sommes loin de cela », a-t-elle confié.

Lundi également, les chanteurs vedettes Shlomi Shabbat et Eden Alene ont sorti un single commémorant l’anniversaire de la captivité de Mengistu, intitulé « What are you going through ».

« Chaque fois qu’une de mes nouvelles chansons sort, il y a un désir de réussite. Cette fois-ci, ce sentiment est plus fort que jamais – vous pouvez même appeler [la chanson] une prière », a écrit Shlomi Shabbat dans un message sur Facebook en lien avec le nouveau single.

« Je prie pour que cette chanson atteigne ses oreilles et le renforce afin qu’il sache que nous ne l’avons pas oublié », a ajouté le chanteur.

La semaine dernière, le cabinet de sécurité a approuvé une nouvelle politique qui permet à Israël de garder les corps de tous les Palestiniens qui sont soupçonnés d’avoir commis des attentats, qu’ils soient ou non affiliés au groupe terroriste du Hamas.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré qu’il en avait fait la demande au cabinet parce qu’il pensait qu’elle contribuerait à ramener les captifs israéliens.

La politique israélienne précédente consistait uniquement à conserver les corps des terroristes du Hamas en vue d’un éventuel échange de prisonniers avec le groupe terroriste. D’autres ont été rendus à leurs familles pour être enterrés.

En plus d’Avera Mengistu, le Hamas retient depuis plusieurs années en captivité le civil israélien Hisham al-Sayed, ainsi que les corps des soldats Hadar Goldin et Oron Shaul.

La question de savoir si la détention des dépouilles des assaillants est une politique efficace fait l’objet d’un débat au sein de l’establishment de la sécurité. Certains pensent qu’elle donne à Israël un poids supplémentaire dans les négociations avec le Hamas, tout en agissant comme un moyen de dissuasion contre les attaques. D’autres la considèrent comme inefficace et fondée sur des bases juridiques incertaines.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...