La famille de Nizar Banat rejettera les conclusions de la commission officielle
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La famille de Nizar Banat rejettera les conclusions de la commission officielle

Des dizaines de journalistes palestiniens se sont rassemblés et réclament la liberté de la presse après les affrontements avec la police de l'AP provoqués par la mort du militant

L'épouse du militant politique palestinien Nizar Banat, Jihan, s'exprime lors d'une conférence de presse au domicile familial à Dura, au sud de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 28 juin 2021, sur les progrès de l'enquête concernant la mort de son mari le 24 juin, lors de son arrestation par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne. (Crédit : MOSAB SHAWER / AFP)
L'épouse du militant politique palestinien Nizar Banat, Jihan, s'exprime lors d'une conférence de presse au domicile familial à Dura, au sud de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 28 juin 2021, sur les progrès de l'enquête concernant la mort de son mari le 24 juin, lors de son arrestation par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne. (Crédit : MOSAB SHAWER / AFP)

La famille de Nizar Banat, critique de l’Autorité palestinienne, décédé la semaine dernière pendant sa détention par l’AP, a déclaré lundi qu’elle n’accepterait pas les résultats d’une commission officielle sur sa mort.

Nizar Banat, éminent critique du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, aurait été brutalisé par des officiers palestiniens lors de son arrestation. Sa mort, jeudi, a déclenché de rares manifestations à Hébron et à Ramallah, appelant à la fin du règne de Mahmoud Abbas, qui dure depuis 16 ans.

La commission est composée du ministre de la Justice Mohammad Shalaldeh et d’un représentant des services de renseignement de l’AP. Un représentant de la famille Banat et de la commission indépendante des Droits de l’homme, un important groupe de la société civile palestinienne, s’est retiré de l’enquête, la jugeant biaisée.

La commission gouvernementale devrait remettre ses conclusions à Abbas mardi, a déclaré dimanche l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

Le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, a déclaré que les responsables de la mort de Banat « seront tenus pour responsables », selon Wafa.

Selon l’autopsie, Banat a été battu à la tête, à la poitrine, au cou, aux jambes et aux mains, et moins d’une heure s’est écoulée entre son arrestation et sa mort.

Nizar Banat, critique virulent de l’Autorité palestinienne, s’adresse aux journalistes depuis sa maison familiale, à Hébron, en Cisjordanie, le 4 mai 2021. (Crédit : AP / Nasser Nasser)

Les États-Unis se sont dit « profondément troublés » par la mort de Banat, et l’envoyé de l’ONU pour la paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a demandé à ce que « les auteurs de ces actes soient traduits en justice ».

Banat, qui s’est insurgé contre la corruption présumée au sein de l’Autorité palestinienne, s’était inscrit comme candidat aux élections législatives palestiniennes, qui devaient avoir lieu en mai avant qu’Abbas ne les reporte indéfiniment.

Des dizaines de journalistes palestiniens se sont rassemblés lundi devant un bâtiment des Nations unies à Ramallah pour réclamer une meilleure liberté de la presse à la suite des violents affrontements avec la police de l’Autorité palestinienne déclenchés par la mort de Banat.

Ces affrontements entre manifestants et policiers, qui durent depuis plusieurs jours, ont fait plusieurs blessés parmi les journalistes.

Selon Reporters sans frontières, lors des troubles du week-end en Cisjordanie, 12 journalistes palestiniens, dont cinq femmes, ont été agressés par la police de l’Autorité palestinienne.

Naila Khalil, journaliste du média The New Arab, a déclaré que les journalistes palestiniens avaient soumis une lettre à l’ONU, demandant à l’organisme mondial de « prendre les mesures nécessaires et immédiates » pour protéger la liberté des médias.

Mohammed Gharafi, du site d’information Ultra Palestine, a déclaré avoir été harcelé par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne qui ont menacé de confisquer son téléphone s’il ne cessait pas de filmer les manifestations.

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