La famille d’Iyad Halak doute d’obtenir justice
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La famille d’Iyad Halak doute d’obtenir justice

Ils ne feront rien parce que la victime est palestinienne, dit la sœur de la victime, un autiste désarmé abattu par des officiers qui le pensaient - à tort - armé

Iyad Halak. (Autorisation)
Iyad Halak. (Autorisation)

La famille d’un autiste de Jérusalem-Est abattu par des policiers a déclaré lundi qu’elle ne croyait pas qu’Israël ferait « quoi que ce soit » aux policiers fautifs parce que la victime était palestinienne.

Iyad Halak, 32 ans, a été abattu samedi dans la Vieille Ville de Jérusalem, la police ayant dit qu’il semblait tenir une arme. Mais il n’était pas armé et n’avait apparemment pas compris les ordres des policiers de s’arrêter alors qu’il passait près de la Porte des Lions. Il se serait enfui à pied et se serait caché dans un local à poubelles, où il a été abattu.

« Le policier qui a fait ça devrait avoir ce qu’il mérite, il doit être emprisonné », a réclamé Diana, la sœur d’Iyad, au site d’information Walla. « Mais je sais qu’ils ne lui feront rien, parce que [Iyad était] un Palestinien ».

Elle a toutefois ajouté que « nous allons essayer de faire en sorte que [le policier] obtienne ce qu’il mérite pour ce qu’il a fait ».

Les policiers impliqués dans l’incident ont donné des comptes-rendus contradictoires des événements, un commandant ayant dit aux enquêteurs qu’il avait demandé à son subordonné de cesser le feu, un ordre qui n’a pas été suivi, a-t-il affirmé, selon les rapports des médias en hébreu. L’officier a nié le récit du commandant.

Les deux hommes ont été interrogés avec précaution samedi. Un officier a été placé en résidence surveillée et son commandant a été libéré sous des conditions restrictives.

Les enquêteurs cherchaient à savoir si Iyad Halak n’avait été abattu qu’après s’être réfugié dans la salle des ordures, et non pendant la poursuite à pied. Des témoins ont fait état d’au moins sept coups de feu dans sa direction.

Une aide-soignante qui accompagnait Iyad Halak a déclaré dimanche aux médias israéliens qu’elle avait dit aux policiers qu’il était handicapé et qu’il ne comprenait pas leurs ordres, mais qu’ils semblaient ignorer ses cris.

Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, pendant une réunion de faction à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Lundi soir, le principal député arabe d’Israël s’en est pris au nouveau ministre de la Sécurité publique, Amir Ohana, au cours d’une discussion animée à la Knesset.

Amir Ohana avait auparavant exprimé sa tristesse pour la mort d’Iyad Halak et avait promis  d’enquêter. Mais il a indiqué qu’il était trop tôt pour « prononcer une sentence » sur les policiers impliqués, notant qu’ils « doivent prendre des décisions fatidiques en quelques secondes dans une région qui a été inondée d’attaques terroristes, et dans laquelle leur vie est constamment en danger ».

« Vous êtes un lâche ! », a crié Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unie, à Amir Ohana lors du plénum de la Knesset. « Si vous avez le courage, apportez-nous la vidéo [de l’incident]. Dans tous les autres cas, vous diffuserez les images  après quelques heures. Où est la vidéo du meurtre d’Iyad Halak ? ».

« Espèce de lâche opportuniste. Tu es une poule mouillée », a-t-il poursuivi, alors qu’Amir Ohana restait silencieux et regardait son téléphone. « Tu fais partie du crime. Nous voulons connaître la vérité. Nous voulons savoir ce qui s’est passé à Jérusalem-Est, où il y a une caméra dans chaque ruelle. Vous êtes un menteur. ».

Alors qu’il était traîné hors de la salle par les gardes, Ayman Odeh a crié : « Vous l’avez assassiné ! Vous êtes des criminels. Vous êtes un criminel. Si vous aviez été humains, je vous aurais demandé comment vous pouviez dormir la nuit. Mais vous n’êtes pas humains ».

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles d’Iyad Halak dimanche dernier, défilant dans les rues de Jérusalem-Est et scandant des slogans nationalistes de vengeance.

Sa dépouille a été transportée dans un cercueil vert ouvert porté par une foule endeuillée, son corps enveloppé dans un drapeau palestinien.

Aux cris de « Khaybar, Khaybar, Ô Juifs, l’armée de Mahomet revient » et « dans les rues, révolutionnaires ! », la foule a descendu la rue Salah A-Din en se dirigeant vers le Maqbarat al-Mujahideen, littéralement « le cimetière de ceux qui se livrent au Djihad ».

« Nous sommes tous attristés par la mort de Iyad Al Halak ce week-end et nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ceux qui pleurent cette perte tragique », a réagi pour sa part David Friedman, l’ambassadeur des États-Unis, dans un tweet. « Nous saluons l’expression de la tristesse des responsables israéliens et leur engagement à mener rapidement une enquête sur cet incident », a-t-il ajouté.

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